AFF E-Newsletter
Vol. 3, No. 2
September 2004
Recension des Ecrits Portant sur le Phénomène
Sectaire et Thèmes Connexe au Cours de l’Année
2003
Au cours
de l’année 2003, 25 documents publiés traitent de
questions liées au phénomène sectaire. Ces
documents prennent la forme de neuf livres, neuf
articles, quatre chapitres de livre et trois
mémoires de maîtrise. Afin de faciliter la
comparaison des documents, les écrits sont
classés de façon thématique. Cinq thèmes sont
abordés :
-
Information de base sur le phénomène;
-
Analyse du fonctionnement de sectes;
- Secte
et victimisation;
-
Groupes religieux et comportements violents;
- La
représentation sociale de la notion de secte.
Pour
chacune des thèmes, une critique générale des
articles est présentée. Celle-ci est suivie d’un
résumé de chacun des textes.
Livres et Articles
Informatifs
Deux
livres recensés traitent des intérêts pour le
fantastique et le paranormal des adolescents. Ces
livres présentent une foule d’information
descriptive sur des sujets aussi variés que la
spiritualité, les sectes, le satanisme et plus
encore.
Influencés par le contexte social dans lequel ces
livres ont été rédigés, les auteurs transmettent
deux messages différents sur l'influence du
paranormal dans la vie des adolescents.
Publié en
France, le livre de Biton (2003) se veut un outil
d'information pour parents d'adolescents.
Abordant des thèmes tels que la manipulation
mentale et les effets de l’affiliation à une
secte, ce livre veut conscientiser les parents
aux dangers que représentent les sectes pour
leurs enfants. L'auteure décrit dans son ouvrage
les processus de recrutement utilisés par les
sectes; elle définit également le processus de
manipulation mentale. Le regard que porte
l'auteur sur le danger que représentent les
sectes correspond à la préoccupation de la
société française sur ce sujet. En France, les
sectes sont définies par plusieurs comme un
problème social d'importance. Il faut noter que
le phénomène sectaire est souvent abordé par les
médias et les instances politiques. Une loi (loi
About-Picard, 2001) a également été votée afin
de renforcer la prévention
et la répression des mouvements sectaires portant
atteinte aux droits de l'homme et aux libertés
fondamentales. Dans ce contexte, le livre
vulgarise le fonctionnement des groupes afin
d'aider les parents à reconnaître rapidement chez
leur adolescent la conversion à une secte.
Le livre
de Coulombe (2003) a été publié au Québec. Dans
cette société, le phénomène sectaire n’est pas
défini comme un problème social d’importance.
L’auteur ne définit donc pas dans son livre
l’intérêt pour le fantastique comme un problème
ou encore comme le signe de l'initiation à une
secte. Le but de l’auteur est d’expliquer les
raisons pour lesquelles l'adolescent ressent un
certain attrait pour le paranormal, pour le
fantastique, le satanisme et le gothique.
L’auteur conclut que le goût du risque et le
besoin d’évasion motivent souvent les adolescents
à s’intéresser à des groupes ou une culture
fantastique.
Quatre
livres à caractère informatif traitent de la
question des sectes et de leur fonctionnement.
Ces textes ont tous été rédigés par des employés
ou des militants de centres d’information sur les
sectes comme Info-Secte ou par des membres de
groupes de luttes contre les sectes (UNADFI,
MILS).
Trois des
quatre livres (Vivian, 2003, Filliaire, 2003,
Filliaire & Tavernier, 2003) publiés rapportent
le savoir d’expérience de leurs auteurs dans leur
lutte contre les sectes en France. Bien que leur
expérience soit pertinente et qu’elles
identifient, plusieurs problèmes liés au
fonctionnement sectaire, l’absence de références
scientifiques donne l’impression au lecteur que
les sectes sont toutes des groupes homogènes.
Cette généralisation permet au lecteur de
conclure que les sectes sont des groupes
dangereux. Ces livres ne laissent aucune place
pour le doute, le questionnement, l’étude de
chacun des groupes et de leurs effets. L’on
reproche souvent aux gourous d'affirmer connaître
et transmettre la vraie vérité. Il faudrait
alors dans des écrits informatifs sur le
phénomène sectaire présenter de l'information
diversifiée afin que le lecteur trouve ses
propres réponses et non pas uniquement l’amener
inévitablement à conclure que toutes les sectes
sont dangereuses.
Biton, Dominique (2003).
Sectes et Gourous, etc. Albin Michel
Ce livre
peut être décrit comme un outil d’information de
base sur le phénomène sectaire et le
fonctionnement des groupes. L'auteur fait
ressortir les éléments des sectes qui peuvent
séduire les adolescents et les inciter à se
joindre à un tel groupe.
L’auteur
reconnaît que la période de l’adolescence est une
étape complexe de la vie des adolescents. Les
jeunes désirent au cours de cette période être
plus indépendants. Ils recherchent un idéal.
Ils se questionnent sur le sens de la vie, sur le
sort de l’univers. Ces questions peuvent
influencer l’adolescent à joindre une secte ou un
groupe néfaste.
L’auteur se
demande également pourquoi certains jeunes sont
parfois intéressés par les sectes. Elle conclut
que parce que certaines sectes se décrivent et se
présentent à l’aide de terme ou d’activités qui
plaisent aux adolescents, les sectes peuvent
devenir un lieu d’appartenance pour les jeunes.
Certains groupes ajustent même leurs modes de
recrutement afin de séduire les adolescents. Le
groupe sectaire peut inclure dans leurs discours
et leurs pratiques des activités ou des croyances
valorisées par les adolescents: par exemple la
sorcellerie, les sports extrêmes, l’informatique
ou la musique.
L’auteur
conseille aux parents d’entretenir un lien
significatif avec leurs enfants, afin d’observer
les changements de comportement qui peuvent être
synonymes de l’engagement sectaire. L’observation
chez l’adolescent d’un changement brusque dans
l’alimentation, des changements soudains dans
leurs activités quotidiennes, dans leur façon de
voir le monde ou encore dans leur cercle d’amis
peut parfois être le signe de l’intégration dans
un groupe sectaire. Pour l’auteur, un moyen
efficace de prévenir l’adhérence à une secte est
de favoriser le développement d’une pensée
critique et de l’autonomie chez l’enfant. Dans
un contexte où l’adolescent est confronté à des
groupes qui lui présentent "la vérité," il sera
outillé initialement à se faire une opinion
critique.
Columbe, D. (1993).
Le fantastique religieux et
l'adolescence: paranormal,
magie
satanisme,
gothique.
Montréal: Fides.
Ce livre
traite de la question de l’attrait du fantastique
par les adolescents. Il aborde la question du
paranormal, de la magie, du satanisme et du
gothisme. Ce livre descriptif se propose de
démystifier les différentes formes de
fantastiques religieux aux parents. L’auteur
présente différentes définitions, donne des
explications, émet des hypothèses sur le
fantastique et le paranormal. Il présente
également un portrait de la situation religieuse
au Québec, de la situation du fantastique, la
violence, le paranormal, les jeux, le symbolisme
et la magie, pour finalement en arriver au
satanisme.
Pour
l’auteur, il est important de reconnaître que
tout comme leurs parents, les jeunes sont en
quête de sens et de spiritualité. Le fantastique
répond pour un temps à leur quête, à leur
recherche de sens. Il permet de répondre à leurs
questions sur la vie. Il stimule leur imaginaire
et le goût du sacré. Le fantastique et le
paranormal suscitent l'intérêt principalement les
adolescents pour les sensations fortes qu’elle
stimule. Le contact avec le fantastique permet
l’évasion du quotidien et de la réalité.
L’auteur
démontre également avec plusieurs études
scientifiques, l’inexistence d’une corrélation
entre comportements violents et l’attrait pour le
fantastique. Il précise également que l’attrait
pour le paranormal ne signifie pas que les
adolescents soient plus crédules que les adultes.
Une
comparaison entre les adolescents du monde
démontre que les jeunes Canadiens croient plus
aux phénomènes paranormaux que les adolescents
américains ou français.
Il avance quelques hypothèses
pour expliquer ce phénomène :
- Le
contenu des bibliothèques scolaires canadiennes
est composé de plus de livres paranormaux que
scientifiques;
- Les
médias présentent souvent ce genre d’événements
sensationnels;
- Le temps
réduit consacré à l’école au développement de
l’esprit critique et rationnel face aux
phénomènes paranormaux est de plus en plus
réduit.
Kropveld, M., & Pelland, M-A.
(2003). Le phénomène des sectes : L’étude du
fonctionnement des groupes. Montréal:
Info-Secte, 161 pp.
Ce texte a
pour but de présenter les "sectes," souvent
perçues comme étant en marge de la société, comme
des groupes qui sont présents dans notre vie
quotidienne. Dans ce contexte, comprendre leur
fonctionnement et parfois la violence qui émerge
dans certains de ceux-ci appelle l’acquisition de
connaissances sur le fonctionnement des groupes
en général. Ainsi à travers les cinq chapitres
et les six annexes, le lecteur peut s’informer
sur la place des groupes dans une société
démocratique; sur le fonctionnement interne et
externe des groupes ainsi que sur les problèmes
interactionnels qui peuvent s’y former. Le
lecteur peut également comprendre à travers trois
exemples de fonctionnement de groupe les
problèmes et la violence qui émergent. Le texte a
pour objectif de susciter des discussions et des
débats sur le phénomène.
Dans un
premier chapitre, un portrait historique de
l’organisme Info-Secte, de sa création à
aujourd’hui est présenté. Ce texte retrace
simultanément la compréhension acquise par
l’organisme du phénomène sectaire, les services
offerts, la clientèle ainsi que les relations
entretenues entre les représentants d’Info-Secte
et d’autres organisations et groupes nationaux et
internationaux. Au cours de ses vingt-quatre
premières années d’existence, Info-Secte a connu
de nombreux changements. Créer initialement sous
le nom de Projet Culte en 1980. L’organisme a
pour mission d’informer les étudiants de
l’université McGill et le public sur les sectes.
Elle change de nom en 1990 et devient
Info-Secte. Au fil des ans, la compréhension du
phénomène sectaire s’est modifiée. Utilisant
initialement les termes secte et sectes
destructeurs pour décrire le sujet de leur
préoccupation, Info-Secte reconnaît aujourd’hui
que l’utilisation de ce terme peut conduire
erronément à identifier des groupes comme
dangereux alors qu’ils ne le seraient pas.
Info-Secte essaie donc mieux comprendre le
fonctionnement interne et externe des groupes,
plutôt que les reconnaître ou non comme des
sectes.
Le second
chapitre présente un résumé de la Charte
québécoise des droits et libertés et explique le
rôle de la Commission des droits de la personne
et de la jeunesse. Il permet de comprendre que
malgré la protection de la liberté de religion et
du droit d’association, les membres de groupes
doivent également respecter les lois. Chaque
individu, qu’elle soit ou non membre d’un groupe
doit respecter les valeurs démocratiques, l’ordre
public et le bien-être général.
Le troisième
chapitre est consacré à la compréhension du
fonctionnement des groupes. Ce chapitre essaie de
comprendre pourquoi les groupes sont parfois des
lieux de participation sociale, de réconfort,
d’échanges, mais également des lieux d’exclusion
et de brutalité psychologique. Ce chapitre se
veut une introduction aux connaissances générales
sur le fonctionnement des groupes et ses effets
sur l’expérience individuelle des membres. Les
auteurs définissent les normes et s’interrogent
sur l’influence du conformiste ou de la défiance
de celles-ci. Une section traite du rôle des
membres dans un groupe. Ils abordent également
les relations entre les membres et le leader et
leurs impacts sur le comportement de chacun. La
question du fonctionnement externe est également
traitée. Elle aborde la question des relations
entre les groupes, de la naissance de conflits et
de la discrimination intergroupe.
Le quatrième
chapitre présente des exemples de fonctionnements
groupaux: celui du groupe de Roch "Moïse"
Thériault, celui de l’Ordre du Temple Solaire
(OTS) ainsi que celui d’Heaven's Gate (Porte du
Paradis). Ces portraits tracent le parcours du
groupe, de sa création aux événements violents
qui ont conduit à l’agression physique ou à la
mort de certains membres. Le cinquième chapitre
porte sur les questions les plus fréquemment
posées aux représentants d’Info-Secte ainsi que
sur les réponses données.
Finalement,
six annexes complètent le texte. Ces annexes
traitent de questions fréquemment utilisées dans
l’étude du phénomène sectaire et du
fonctionnement des groupes. Les annexes abordent
la question des manipulations mentales et des
processus d’influence. Elle présente une liste de
définition du terme secte et nouveaux mouvements
religieux. Elle présente les phases théoriques de
développement d’un groupe ainsi que le processus
de socialisation. La dernière annexe présente une
analyse de différentes réactions gouvernementales
au phénomène sectaire.
Vivian, A. (2003). Les
sectes. Éditions Odile Jacob, 2003
Dans son
livre, Alain Vivian, cet ancien directeur de la
Mission interministérielle de lutte contre les
sectes (MILS), expose différents problèmes liés
aux sectes et observés en France.
Ce texte
peut être décrit comme un ouvrage intéressant
afin de comprendre l’état de la question sectaire
en France. Nous pouvons toutefois mettre un bémol
sur l’analyse que fait l’auteur des réactions
gouvernementales face aux sectes. Il analyse les
réactions gouvernementales de différents pays à
l’aide de son propre cadre de référence, sans
toutefois s’interroger sur les motivations, les
actions qui ont conduit certains gouvernements à
adopter une stratégie particulière.
Voici un
résumé des différents thèmes présentés.
Il aborde
la difficulté de définition juridique du terme
secte. Pour cet auteur, il existe plusieurs
définitions du terme secte. Pour Vivian,
certaines définitions sociologiques définissent
les mouvements sectaires uniquement comme des
formes de religiosités nouvelles. Pour l’auteur,
les définitions sociologiques ne permettent pas
de comprendre l'influence des sectes sur
l’intégrité physique et psychologique de leurs
membres.
L’auteur
souligne également le refus des représentants
religieux français de définir comparativement la
notion de secte et d‘église. L’observatoire du
comportement sectaire précise toutefois quelques
différences entre ces deux groupes:
|
Secte |
Église |
|
L’entrée dans une secte est facile
|
L’entrer dans l’Église est plus complexe,
elle n'est possible qu'à la suite d'une
longue probation. |
|
la
sortie de la secte est difficile |
la
sortie de l'église est difficile |
|
Le
gourou détient la vérité |
Étude des textes sacrée, leurs discussions
approfondies permettent une meilleure
compréhension qui ne se traduit pas en vérité
absolue |
|
La
secte a réponse à toutes les questions |
La
foi religieuse cherche les réponses |
Jean-Pierre
Morin propose la notion de viol psychique ainsi
que l’idée de créer un délit de viol psychique.
Cette notion initialement intéressante est
rejetée parce que le délit de viol psychique est
difficilement identifiable. Il serait difficile
de définir cette infraction. En fait, l’auteur
reconnaît qu’il est difficile d’identifier un
seuil nocif de prosélytisme menant au viol
psychique. Devant les difficultés de définition
d’un tel délit, cette expression a été
abandonnée.
L’auteur se
demande alors si le sectarisme est
insaisissable. L’auteur ne le croit pas. Pour
lui, le nombre important de grilles d’analyse du
comportement sectaire permet de reconnaître
l’existence du sectarisme. Il présente les
caractéristiques d'une secte telles que
présentées par la commission parlementaire sur la
question des sectes de 1999, les analyses de
Trouslard, de Monroy et de Anne Fournier. Ces
deniers reconnaissent globalement qu’une secte
peut être définie par la présence d’un gourou
autoritaire et autocratique, par la présence
d’une philosophie exclusiviste et intolérante,
par la présence d’une vision totalitaire du monde
ainsi qu’un détachement du membre avec ses
proches.
Il retient
toutefois la définition de la Mission
interministérielle de luttes contre les sectes de
(1998) comme la définition la plus complète du
terme secte :
La secte est un groupement ou une
association de structure totalitaire déclarant ou
non des objectifs religieux, dont le comportement
porte atteinte aux droits de l’Homme t à
l’équilibre social.
Dans un
autre chapitre, l’auteur aborde la question de
typologie des sectes. S’interrogeant d’abord sur
l’idée de dénombrer le nombre de sectes sur le
territoire français, il reconnaît que cette idée
n’a qu’une utilité restreinte, puisqu’il n’existe
aucun lien proportionnel entre le nombre de
sectes et la nuisance sociale causée par ces
groupes.
L’auteur
relate alors les tentatives de certains auteurs
de classifier les sectes par certaines de leur
spécialisation, par exemple sur la base de leurs
techniques de recrutement.
Il précise
alors l’effort de classification des sectes selon
leur doctrine. Par exemple l’effort pour
distinguer les sectes d'orientation nouvel âge,
néopaïenne, les mouvements sataniques… Pour
l’auteur, cette stratégie ne peut être efficace
puisqu’un même groupe peut présenter différentes
orientations doctrinales.
L’auteur
conclu alors qu’une typologie des sectes basée
sur leurs stratégies de regroupement ou sur leur
philosophie ne permet pas de comprendre le
caractère nocif de ces groupes. Il propose alors
dans le chapitre suivant de reconnaître les
comportements condamnables commis le plus
fréquemment par les sectes.
Il analyse
alors l’ensemble des infractions commises par les
sectes sur le territoire français entre 1990 et
2000. Voici les conclusions de cette analyse:
- Les
infractions contre les mineurs:
§
Les mineurs sont
les premières victimes des sectes. 161 affaires
sur 490 portaient sur des crimes commis contre
des enfants et des adolescents. Les agressions
sexuelles, le viol et l’attentat à la pudeur sont
les infractions contre les mineurs les plus
fréquemment rapportées devant les tribunaux.
§
Les mineurs sont
également victimes de privations de soins, de
privations alimentaires, d’abandon.
§
Le défaut de
scolarisation des enfants constitue une autre
offense dont sont victimes les mineurs membres
des sectes.
- Les
infractions économiques
§
Les escroqueries
sont également au nombre des infractions commises
par les sectes et portées à l’attention de la
justice.
- Les
attentats contre la personne
§
L’irrespect de la
loi informatique, la constitution illégale de
fichier, l’usurpation d’identité, le chantage, le
racket;
§
Assassinat,
homicide involontaire, violence avec armes;
§
L’atteinte à la
santé des membres par l’exercice illégal de la
médecine.
Dans le
chapitre suivant, l’auteur décrit quelques
méthodes utilisées par les sectes afin de se
servir de la justice afin d’atteindre leurs
objectifs.
Il mentionne
par exemple la stratégie de certaines sectes
transnationales de prolonger un procès afin de
créer une polémique, d’obtenir de la publicité et
de se faire connaître du grand public. Les
sectes peuvent également discréditer les acteurs
de la justice, avocat, juges … Lors du procès,
ils peuvent demander à leurs partisans de
composer la salle au procès afin d’influencer le
jury.
Les groupes
sectaires essaient également de s’engager dans
différentes institutions afin d’obtenir un
certain pouvoir. Ils utilisent également le
lobbying afin d’influencer les décisions des
instantes gouvernementales.
L’auteur
analyse la tendance des sectes de se réfugier en
Amérique. Dans son chapitre l’auteur comprend
que par leur histoire les États-Unis réagissent
favorablement aux minorités religieuses.
Toutefois, il reproche aux politiciens américains
la protection qu’ils offrent à certains groupes
sectaires transnationaux. En fait, l’auteur
reconnaît que le pouvoir politique américain a
été amené par des lobbies de certaines sectes à
enquêter sur l’état du respect des libertés
religieuses dans le monde. En 1999, des
fonctionnaires d’état américain parcourraient le
monde afin d’analyser le respect des libertés
dans le monde. Selon Vivian, le rapport sur la
base des témoignages des représentants de sectes
formula des allégations infondées contre la
France.
L’auteur
note également les relations étroites que
l’ancien président Clinton avait avec l’Église de
scientologie ainsi que le président Bush avec des
groupes fondamentalistes protestants.
L’auteur
fait également le point sur les réactions face
aux sectes en Europe et dans le monde. Après
avoir fait le bilan des actions ou de l’inaction
gouvernementale, en Belgique, en France, en
Angleterre, au sein de la communauté européenne.
Il conclut qu’outre les efforts de la France pour
modifier les lois afin qu’elles permettent de
protéger les membres de sectes contre des gourous
manipulateurs, les gouvernements sont
généralement négligents face aux sectes. Il note
le laxisme juridique de plusieurs gouvernements,
la dérobade des religions face aux courants
intégristes ainsi que les dissertations stériles
des chercheurs en sciences humaines.
Fillaire, Bernard, &
Tavernier, Janine. (2003). Les sectes.
Paris: Le Cavalier Bleu, 123 pp.
Paru dans la
collection "Idées reçues," l'ouvrage développe
une série de points de vue sur les sectes. Le
livre est divisé en court chapitre, une idée
reçue sur les sectes est présentée dans chacun
d'eux. L’information contenue dans ce livre est
appuyée par plusieurs exemples de l’histoire de.
sectes. Les auteurs ont peu recours aux écrits
scientifiques afin de démontrer leur point de
vue. Les auteurs se basent plutôt sur leur
connaissance pratique du phénomène sectaire. Dans
ce court livre, les auteurs abordent
spécifiquement les idées reçues concernant la
question des sectes destructrices. Voici un
résumé des différentes idées reçues présentées.
Le livre
débute rapidement avec une définition critique du
terme secte. Pour ces auteurs, le sens du terme
secte est piégé. Utilisé tant sur un plan
sociologique ou psychologique, ce terme n’a
aucune valeur juridique. Les auteurs espèrent
qu’un travail sera fait dans ce sens, afin de
distinguer entre dissidences religieuses et
sectes destructrices. Pour eux, peu de recherches
permettent de distinguer les groupes aux idées
"délirantes" qui respectent les droits
fondamentaux des croyants des groupes sectaires
destructeurs.
Idée
reçue 1: Une religion est une secte qui a réussi
Pour ces
auteurs, les sectes destructrices ne sont pas des
religions, mais plusieurs d’entre elles utilisent
des symboles religieux afin de faciliter leur
intégration ainsi que leur acceptation sociale.
Les sectes destructrices utilisent par exemple
certains signes, certaines croyances, de
religions connues afin de séduire le futur
adepte. Ces derniers se sentent donc
initialement familiers avec le groupe et ses
croyances, puisque le groupe utilise des symboles
qu’ils connaissent.
Pour les
auteurs, l’utilisation de symboles religieux est
également un atout dans les situations où une
secte destructrice connaît des démêlés avec la
justice. Elle peut ainsi se présenter comme une
victime de l’intolérance religieuse. L’avantage
d’utiliser une étiquette de religion est
également moral: elle donne une honorabilité et
une respectabilité qui accrochent les gens en
recherche de transcendance.
Idée
reçue 2: Les sectes ne touchent que les pays
riches
Dans la vie
quotidienne, l’étiquette de secte est rapidement
apposée aux groupes qualifiés de bizarres,
d'étranges. Pour ses auteurs, il est important de
faire preuve de prudence, il ne faut pas devenir
paranoïaque et croire que les sectes se
retrouvent partout dans la société.
Par exemple,
bien que les sectes peuvent utiliser les
médecines alternatives comme voie de croyances,
ceci ne signifie pas que l'ensemble de ces
médecins soit des gourous en puissance.
Afin d’aider
le lecteur, les auteurs citent 13 familles de
sectes, telles que décrites dans le rapport sur
les Sectes et l’argent publié par l’Assemblée
nationale française en 1999.
- Les
sectes alternatives: elles proposent une
organisation parallèle de notre société et de
nos rapports humains
- Les
sectes apocalyptiques
- Les
guérisseuses
- Les néo
païennes
- Le nouvel
âge
- Les
orientalistes des déviances du bouddhisme
- Les
pseudo-catholiques et les pseudo-protestantes
- Les
pseudo-psychanalitiques
- Les
sataniques et les lucifériennes
- Les
syncrétismes
- Les
ufologistes ou les soucoupistes
Idée
reçue 3: Les sectes sont communautaires
Dans ce
chapitre, les auteurs abordent la question du
mode de vie privilégié par les sectes. Est-ce
que les sectes vivent en communauté fermée?
Se basant
sur l’exemple de différents groupes (Témoin de
Jéhovah, la scientologie, la secte de Moon, le
Mandaron), les auteurs concluent que les sectes
ont compris qu’afin de recruter de nouveaux
membres, d’augmenter leurs profits et d’accéder
au pouvoir, elles devaient s’intégrer dans leur
milieu. Elles devaient acquérir un statut social.
Alors même si les sectes forment des communautés,
elles ne sont souvent pas complètement fermées au
monde extérieur.
Idée
reçue 4: Les gourous sont des fous?
Le mot
gourou vient du terme sanskrit GURU qui signifie
vénérable maître spirituel ou religieux. Un
maître qui n’exige de ses adeptes aucun signe de
soumission. Le gourou enseigne et espère le mieux
pour ses élèves. Il n’est pas en quête de
miracle, il aide ses élèves à s’accepter. Pour
les auteurs, les gourous de sectes contemporaines
sont loin de correspondre à cette image. Ils sont
plutôt craints, aimés, adulés et admirés. Ils
sont décrits comme des sauveurs qui sont investis
d’une mission divine.
Le gourou
n’est pas décrit comme fou, mais comme un être
paranoïaque. Il présente également un délire
d’identification à Dieu, il se prend pour Dieu.
Il désire dominer, il s’invente ainsi des
pouvoirs supra normaux. Il développe parfois un
complexe de persécution, voyant toute personne
extérieure à la secte comme un danger potentiel.
Certains ont des problèmes sexuels. Les auteurs
reconnaissent finalement que le gourou n’existe
pas sans la présence d'adeptes et les adeptes
n'existent pas sans un leader. Il existe une
relation entre le leader et l’adepte qui permet à
ses deux protagonistes de sentir grandir, de se
sentir importants.
Idée
reçue 5: Pour entrer dans une secte, il faut être
faible d’esprit
Pour les
auteurs, plusieurs croient faussement qu’on
"entre dans une secte." Pour eux, aucun individu
ne choisit de devenir membre d’une secte. Tout se
fait progressivement. Initialement, une personne
entre dans un groupe qui correspond à ses idéaux,
qui répond à certains de ses besoins, qui lui
propose un changement. Après le départ de la
secte, l’expérience initialement positive
devient aliénante pour l'ex-membre. L’ancien
adepte reconnaît alors avoir été membre d’une
secte.
Les
personnes qui sont manipulées par un groupe
sectaire ne sont pas faibles d’esprit. Pour
l’auteur, par exemple les personnes qui ont un
baccalauréat sont plus à risque de devenir membre
d’une secte, parce qu’ils sont souvent à la
recherche d’un idéal. Pour les auteurs, les
sectes ciblent plus souvent les êtres en
détresses pour devenir membre
Idée
reçue 6: Les adeptes sont plus épanouis dans la
secte qu'auparavant
L’idée
traitée dans cette section porte sur l’effet
initial que peut avoir la secte sur le membre.
Dans les premiers moments, l’adepte peut
ressentir une paix, un calme intérieur et un
grand bonheur, après son initiation. Le
sentiment de calme que ressent l’adepte peut
s’expliquer par les réponses que lui apporte le
groupe. L’adepte rencontre un groupe, un gourou
qui lui donne accès à une nouvelle façon de
comprendre sa réalité. Les réponses que donne le
groupe peuvent alors ressentir un calme qu’il
n’éprouvait pas avant son entrée dans le groupe.
Pour ces auteurs, la radieuse insensibilité des
adeptes peut devenir problématique et mener à
l’acceptation de maltraitance afin d’atteindre
l’idéal.
Idée
reçue 7: les adeptes sont des victimes
Pour les
auteurs, les adeptes sont victimes de
manipulation mentale. Dans ce contexte, le membre
peut accepter de commettre des actes criminels.
Alors qu'il n'était pas criminel auparavant, les
techniques d'influences transforment ses
convictions. Des comportements considérés, comme
répréhensible avant l'entrée dans le groupe sont
maintenant décrits par l'adepte comme
acceptables.
Idée
reçue 8: Les sectes encouragent le suicide
La secte
offre le choix à l’adepte de suivre ou mourir ou
même parfois de suivre et mourir. En fait, le
groupe commet généralement l’assassinat moral des
membres. Pour l’individu, l’ensemble des sectes
destructrices sont décrites comme dangereuse,
certaine conduisant même leur membre vers un
suicide collectif.
Idée
reçue 9: Les enfants sont les plus maltraités
Les sectes
instruisent les enfants en leur transmettant une
pensée dichotomique: le bien est dans la secte et
le mal à l’extérieur.
L’intégrité
psychologique des enfants est souvent mise en
péril dans ces groupes. Ainsi, l’enfant se
retrouve isolé, sans lien possible avec leurs
parents. Éduqué par une tierce personne, le
leader devient souvent le père des enfants du
groupe. Le droit à l’intégrité physique des
enfants est souvent bafoué dans les sectes, ainsi
ils n’ont souvent pas accès à des soins médicaux
adéquats, ils sont soumis à un régime alimentaire
pauvre. Parfois, le châtiment corporel peut être
utilisé comme mode de sanction.
Idée
reçue 10: un ancien adepte ne retrouve jamais une
vie normale
Après leur
sortie du groupe, les anciens membres vivent de
nombreuses difficultés. Ils doivent faire face à
la honte qu’ils ressentent d’avoir intégré une
secte. Ils doivent réapprendre à se faire
confiance. L’ancien adepte sort physiquement de
la secte, mais mentalement la philosophie du
groupe influence encore sa vie. La culpabilité,
l’anxiété, la peur de représailles sont
quelques-uns des sentiments éprouvés par les
adeptes à leur sortie.
Idée
reçue 11: les sectes se servent des textes
religieux pour créer leur doctrine.
Pour les
auteurs, les doctrines créées par les sectes sont
des produits de consommation qui ont pour but
premier de séduire l’adepte.
Les
doctrines incluent souvent la notion de
cataclysme ou de catastrophe. Cette notion
permet d’introduire l’idée que seuls les membres
du groupe survivront à l’apocalypse.
Parfois, les
sectes peuvent utiliser des textes sacrés. Par
une lecture fondamentaliste de ces derniers, elle
peut manipuler l’adepte à faire certains choix ou
à adopter certains comportements.
Idée
reçue 12: les sectes parlent d’amour
L’amour est
utilisé comme un outil de manipulation dans les
sectes. Pour les auteurs, la notion d’amour prend
un autre sens dans les sectes: l’amour doit être
exclusif au gourou. L’amour physique est parfois
partagé avec le leader voire avec les autres
membres du groupe. Au nom de l’amour, les
membres acceptent parfois même que les enfants
soient violés.
Idée
reçue 13: les sectes répondent aux grandes
questions de la société
Pour les
auteurs, les sectes possèdent une réponse à
toutes les questions. Elles développent des
explications à toutes les questions, peu importe
qu’elles portent sur la criminalité, la
citoyenneté, le racisme, la drogue, la
corruption, la guerre, le travail ou la famille,
les sectes possèdent les "vraies" réponses.
Idée
reçue 14: les sectes sont apolitiques
Pour les
auteurs, les sectes se décrivent souvent comme
apolitique, sans sympathie pour un parti
politique ou un autre. Pourtant nombreuses sont
celles qui ont le projet de former des
gouvernements mondiaux. Prônant la théocratie,
certaines sectes aspirent à diriger le monde
Idée
reçue 15: but premier des sectes: l’argent
Pour les
auteurs, quelques-unes des sectes aux
ramifications internationales vivant sur le
territoire français n’ont qu’un désir, celui de
devenir une puissance économique. Le pouvoir
financier des sectes est toutefois acquis au coût
de diverses infractions au code du travail ou au
code de la sécurité sociale. Les sectes ne sont
pourtant pas des organisations mafieuses.
L’argent amassé vise à promouvoir l’idéologie du
groupe, la démarche spirituelle des membres.
Idée
reçue 16: Les lois sont impuissantes contre les
sectes
Cette
proposition est fausse selon les auteurs, puisque
le pouvoir public français dispose de lois pour
réprimer les actions frauduleuses des membres:
- Article
313-4: qui sanctionne l’abus frauduleux de
l’état d’ignorance ou de situation de
faiblesses des mineurs;
- Article
225-13: le fait d’obtenir les services gratuits
d’une personne en abusant de sa vulnérabilité
ou de sa situation de dépendance;
- Article
225-14: le fait d’obtenir la soumission d’une
personne en abusant de sa vulnérabilité ou de
sa situation de dépendance.
Tavernier, Janine. (2003).
20 ans de lutte contre les sectes. Paris:
Éditions Michel Lafond, 238 pp.
Ce livre
informatif est l’œuvre d’une militante de
l’UNADFI. Après vingt ans de lutte contre les
sectes, Janine Tavernier trace un portrait des
caractéristiques souvent présentes dans un groupe
sectaire. Elle nous transmet son savoir
d’expérience auprès des anciens membres, en se
basant sur de nombreux exemples. Voici donc un
résumé des principales conclusions de l’auteure..
Pour
l’auteur, la structure hiérarchique de la secte
est rassurante pour les nouveaux membres qui ont
perdu leurs repères. Dans le but d’accéder à une
position valorisante et importante dans la
hiérarchie du groupe, l’adepte se soumet au
leader. L’adepte comprend que la moindre
déviance aura pour effet de compromettre son
cheminement dans le groupe.
L’auteur
décrit le gourou comme un illusionniste, une
personne qui n’hésite pas à utiliser différentes
techniques afin de manipuler les adeptes. Elle
relève dans ce sens l’utilisation d’hologrammes
par Jo di Mambro, afin de convaincre les membres
de l’Ordre du Temple Solaire qu’il communiquait
avec les Êtres supérieurs.
Les sectes
se définissent souvent comme des victimes de
persécution sociale. Parfois, certains groupes
croient même être surveillés par de nombreuses
instances internationales. Lorsque les membres de
la secte se reconnaissent au cœur d’un complot ou
d’une enquête, ils se sentent valorisés par ces
événements. Ainsi, ils se définissent comme
membre d’un groupe important dans l’échiquier
mondial.
Pour
l’auteur, les sectes utilisent le religieux afin
de séduire leurs membres. Il présente aux futurs
membres une nouvelle vision du monde à l’aide de
références connues. Le futur membre se sent alors
rassuré par les éléments familiers et stimulé par
les éléments nouveaux.
Pour
l’auteur, une secte doit nécessairement être
définie comme un groupe dangereux. Certaines
sectes portent atteinte à l’intégrité physique de
leurs membres en promettant la santé. Sous le
statut de guérisseur, elles endoctrinent des
membres désespérés à trouver une solution à leur
problème de santé, peu importe la maladie, les
leaders de sectes ont la solution. Dans ces
groupes, les membres doivent parfois se soumettre
à un régime alimentaire restrictif. La secte
affaiblit donc le corps afin de domestiquer
l’esprit.
Les sectes
développent souvent leur propre langage, elle
transmet aux membres un code de connaissances qui
a pour effet de créer une rupture avec la société
existante.
La secte se
présente toujours de manière à séduire le membre
potentiel. Le groupe essaie dès le début de
l’engagement de la personne dans le groupe de
l’endoctriner et de la dominer.
Dans le
discours du leader, l’argent est décrit comme un
moyen de prouver l’amour des adeptes envers le
leader. L’argent est une ressource nécessaire à
la survie du groupe, il permet de poursuivre la
transmission du message.
Pour
l’auteure, les enfants sont des membres
importants des sectes. Ils sont faciles à
manipuler, ils sont silencieux et ils assurent la
pérennité du groupe. L’éducation des enfants
dans le groupe est souvent enracinée dans des
pratiques nocives pour l’intégrité physique,
intellectuelle et psychologique des enfants. Par
exemple, la séparation systémique de l’enfant et
de ses parents, l’éducation sexuelle imposée, le
refus d’intervention médicale sont autant de
pratiques qui mettent en danger la sécurité des
enfants.
Pour
l’auteure, tout groupe totalitaire est porteur de
violence. La criminalité est fréquente dans les
sectes, puisque pour eux seule la loi de Dieu ou
du leader existe. Les infractions au Code pénal
importent peu puisqu’elles sont approuvées par
une instance supérieure.
Analyse du Fonctionnement
d’un Groupe Sectaire
Trois
groupes différents ont été le sujet d’étude de
cinq documents. Le groupe Raëlien, l’Église de
scientologie et les Témoins de Jéhovah.
L’année
2003 peut être décrite comme l’année médiatique
des Raëliens. Dès janvier de cette année, ce
groupe faisait la manchette des journaux avec
l’annonce de la naissance du premier bébé cloné.
Le fondateur du groupe fut même interviewé par
CNN, Larry King et des journalistes de la BBC.
Sans mettre de l’avant le côté sensationnalisme
du groupe, Bisaillon (2003) présente une étude
descriptive bien documentée du groupe. Il retrace
ainsi l’évolution du groupe et sa philosophie. Ce
livre est une source d’information intéressante
sur ce groupe.
Bisaillon, Martin. Enquête
sur le mouvement raélien. Montréal: Éditions
Les Intouchables.
Ce livre est
le résultat d’une enquête réalisée par Matin
Bisaillon, un journaliste québécois. L'analyse
approfondie des écrits du groupe, de documents
ministériels, d’articles de journaux ainsi que
d’entrevues permet à l'auteur de décrire en
détail l'histoire de groupe et sa philosophie.
Dans les paragraphes qui suivent, vous trouverez
donc un résumé de l’information dans ce livre.
La vie de Claude Vorilhon
avant de devenir Raël
Pour les
membres des raëliens, Claude Vorilhon est né le
25 décembre 1945. Fils de Iahvé et d’une mère
terrienne, il est le demi-frère de Jésus. Pour
l’auteur, cette version de la naissance de Claude
Vorilhon est contradictoire avec les données
factuelles. Ainsi, Claude Vorilhon est né le 30
septembre 1946 dans la ville d’Ambert en France.
Fils illégitime d’un juif alsacien, il est élevé
par sa mère, sa tante et sa grand-mère.
À l’âge de
15 ans, il quitte Ambert pour Paris. À cette
époque, il change de nom, Claude Vorilhon devient
alors Claude Celler chanteur. Il essaie alors de
percer dans le domaine de la chanson, il obtient
toutefois peu de succès. Après, le suicide de son
agent, il redevient Claude Vorilhon et se lance
dans le journalisme. À cette époque, il épouse
une jeune infirmière avec laquelle il aura deux
enfants.
Entre 1970
et 1971, il travaille dans un journal automobile
de Dijon. Se passionnant pour la course
automobile, il décide de fonder son propre
journal AutoStop. En 1973, la crise du pétrole
et l’interdiction du gouvernement français de
tenir des courses automobiles et des rallyes
obligent Vorilhon à cesser la publication de la
revue.
La révélation: la fondation
de la doctrine
Vorilhon
devient Raël le 13 décembre 1973, peu de temps
après la fermeture de la revue de sport
automobile qu’il avait mise sur pied. Il se rend
alors en Auvergne ou il rencontre des
extra-terrestres. L’un d’eux, lui révèle que les
hommes ont été créés par les Élohim dans les
laboratoires. L’un des extraterrestres confie une
mission à Vorilhon: celle de raconter aux hommes
sa rencontre avec les extra-terrestres et assurer
la transmission de leur message.
Vorilhon
raconte donc à qui veut l’entendre que les hommes
on une mission, celle de réagit au message des
Élohim. Cinq jours après cette rencontre, les
Élohim dictent un message à Vorilhon, il rédige
alors le premier livre de la philosophie
raëlienne. Ils ont confié à M. Vorilhon que les
Élohim avaient créé la terre il y a 25 000 ans.
Créant d’abord les animaux, ils ont ensuite créé
des hommes à leur image. Les différentes ethnies
correspondantes à des équipes différentes de
créateurs Élohim.
Les Élohim
expliquent à Vorilhon l’importance de la
géniogracie, c’est-à-dire la création d’un
gouvernement mondial constitué de génies qui
décideront du sort du monde entier.
Selon des
entrevues avec des amis d’enfance de Claude
Vorilhon, il aurait rédigé son premier livre sur
les Élohim dans un bistro. Il décide après
plusieurs discussions avec ces amis de rédiger
son histoire et de le faire circuler. Selon eux,
Vorilhon n’aurait pas rencontré les
extraterrestres.
Le 13 mars,
1974, Volrilhon est invité à participer à une
émission de télévision afin de discuter de son
"expérience" avec les extra-terrestres. Après son
passage, il reçoit des milliers de lettres de
personnes qui croient en son histoire. Ce
passage à la télévision marque le début du
groupe.
En 1975, il
fonde le Mouvement pour l’accueil des Élohim
créateurs de l’humanité en laboratoire (MADECH).
Le 31 juillet 1975 , il reçoit une seconde visite
des extraterrestres et il écrit un second livre.
Il déménage alors à Périgord, où il reçoit la
visite de gens qui veulent rencontrer Raël. Le 5
juillet 1975, il quitte le MADECH.
Le 7 octobre
1975, il reçoit une autre visite des Élohim, ces
derniers lui dicteront le fondement que devra
prendre l’autorité morale de Raël sur les
personnes qui décideront de le suivre.
La consolidation du groupe
Dans ce
chapitre, l’auteur décrit la visite de Raël avec
les Élohim et il présente certaines règles qui
gèrent la vie dans ce groupe.
Le 7 octobre
1975, Raël raconte avoir visité les Élohim. Au
cours de cette rencontre, il apprend qu’il aura
accès à la vie éternelle. Lors de cette visite,
il dîne avec d’autres humains extraordinaires
tels que Jésus, Moïse, Mahomet... Après le repas,
il est conduit dans une chambre où un Élohim lui
fabrique six femmes qui répondront pour la nuit à
ses moindres désirs. Lors de cette visite, son
cerveau est branché à un ordinateur, il devient
alors l’homme le plus intelligent du monde. Raël
apprend également que les personnes qui le
suivront seront accueillies au pays des Élohim.
Au cours de
ce voyage, Raël reçoit les lois qui devront
guider sa vie et celles des membres de son groupe
sur terre. Il promet un monde meilleur à ses
membres par l’établissement de la géniocratie, le
monde dirigé par des génies. Il encourage
également ses membres à faire don de leurs biens
au groupe au moment de leur mort. Pour l’auteur,
ces règles sont les premiers signes de dérives du
groupe.
L'expansion du groupe
En 1977, la
corporation canadienne du mouvement raëlien est
fondée à Montréal (Québec) ainsi que le mouvement
raëlien international à Genève.
À la même
époque, Raël crée une fondation au Liechtenstein,
celle-ci a pour mission de percevoir les droits
d’auteurs des livres rédigés par Raël ainsi que
de subvenir à ses besoins. En 2002, cette
fondation déménage à une adresse secrète pour la
plupart des membres.
En 1977,
Raël publie un livre intitulé "Géniogracie." Il
expose alors son programme politique. L’auteur
le qualifie de totalitaire.
En 1979,
Raël publie "Accueillir les extra-terrestres." Un
livre qui annonce la fin du monde par la guerre
atomique. Dans ce dernier livre, Raël se prononce
également sur l’éducation des enfants. Il
précise que la violence dans le monde disparaîtra
quand les hommes jouiront pleinement de leur
sensualité. La théorie de la sensualité vient
donc d’être créée. Dans ce contexte, les enfants
du groupe doivent être éduqués à la sensualité,
ils doivent apprendre comment obtenir et donner
du plaisir. Le livre ne spécifie toutefois pas
comme les parents doivent procéder pour éduquer
leurs enfants à la sensualité.
En 1980,
Raël publie un livre sur la "Méditation
sensuelle." Selon Raël la méditation sensuelle
permet de repousser les limites imposées par la
société.
Dans les
années 90, le groupe se lance dans un mouvement
de provocation au Québec, afin disent-ils de
séduire les adolescents. En 1994, le groupe
obtient au Québec le statut de corporation
religieuse, il devient donc l’Église Raëlienne.
En 2002,
Raël est publié pour la première fois par une
maison d’édition québécoise. Il crée également
la revue contact publiée également aux éditions
Québécor.
Clonaid
Le clonage
est à la base de la philosophie du groupe. Raël
explique d’ailleurs qu’un jour il sera possible
de transférer le cerveau d’un être humain dans
son propre clone. Ainsi, un homme de soixante ans
pourra retrouver son corps de 18 ans tout en
conservant son intelligence et son expérience.
Neuf jours
après le clonage de la brebis Dolly, Clonaid est
crée par Brigitte Boisselier. De 2000 à 2002, des
jeunes femmes sont présentées à la presse comme
de futures mères porteuses. Clonaid est
finalement financé en juin 2001 par un riche
américain. Il finance le Clonaid, afin que le
groupe clone son fil décédé. Il investit plus de
500 000 us dans ce projet. En août 2001, cet
homme se dissocie de Mme Boisselier trouvant que
cette dernière recherchait trop l’attention des
médias. Le 28 mars 2001, Claude Vorilhon et
Brigitte Boisselier rencontrent le sénat
américain afin de discuter de clonage.
Le 27
décembre 2002, Brigitte Boisselier annonce la
naissance du 1er bébé cloné. L’effet
de cette annonce propulse le groupe en première
page des journaux partout dans le monde. En deux
jours, le site Internet du groupe attire un
million et demi de visiteur. Pour Raël, Clonaid
est devenu l’outil par excellence de transmission
de son message.
La famille et les enfants
dans le Mouvement Raëlien
Dans ce
chapitre l’auteur aborde la place et le sens des
enfants et de la famille dans le mouvement
Raëlien.
Pour Claude
Vorilhon, les jeunes doivent avoir une liberté
d’agir et de penser sur le plan sexuel, politique
et spirituel dès l’âge de 14 ans. L’éveil de la
sexualité de l’enfant est important dans la
philosophie du groupe. L’éducation sensuelle
doit être à la base de l’éducation. Raël se
défend bien de valoriser le comportement
pédophile. Afin de s’éloigner de cette image, il
fonde en 2001 un site Internet qui encourage la
dénonciation des prêtres catholiques agresseurs
sexuels.
Pour Raël,
les enfants doivent être perçus aux yeux de leurs
parents comme un objet d’épanouissement
réciproque. Dans cette logique, un parent vit
avec ses enfants dans la mesure où il favorise
son épanouissement.
La géniocratie
Dans ce
chapitre l’auteur aborde le concept de
géniocratie et son utilisation par Raël.
La
géniocratie propose de réformer la constitution
des gouvernements du monde afin que seuls les
êtres géniaux dirigent le monde.
La philosophie du groupe: une
copie !
L’auteur introduit l’hypothèse selon laquelle
Raël aurait plagié son premier livre sur l’œuvre
de Jean Sendy intitulé "La lune clé de la bible"
publié chez Gallimard.
L’autre visage des raëliens
Pour
l’auteur, le but premier de l’existence du groupe
est économique. Pour l’auteur, le discours de
Raël est d’abord orienté vers la recherche de
profit. Ainsi, le groupe vend une quantité
importante de produits (livres, médaillons).
Dans les écrits du groupe, l’achat de livres ou
de produits dérivés est décrit comme un acte
d’amour envers Raël. Un geste qui permet au
leader de vivre. Afin d’augmenter les profits du
groupe, Raël déclare même dimanche jour de
diffusion, jour où les membres se rendent sur la
place publique pour vendre ses œuvres. Les jours
de diffusion ont également un autre objectif,
celui d’encourager la ferveur des membres, plus
ils sont convaincus, plus ils s’investissent dans
le groupe.
L’attention
médiatique est une autre obsession du groupe.
Ainsi dans la revue du groupe, un résumé des
interventions médiatiques est fait. Raël se dit
victime des médias, il affirme que les
journalistes sont manipulés. Pourtant, il se
sert bien des médias. Il parvient même à être
reçu à l’émission de Larry King à CNN.
L’orgueil
est un terme important dans l’organisation
raëlienne, ainsi lorsqu’un membre remet en
question le groupe, la philosophie ou Raël, il
est rapidement décrit comme orgueilleux. Un
membre trop orgueilleux pour transmettre le
message est rapidement exclu du groupe.
Les anges
Depuis le 13
décembre 1997, Raël crée l’ordre des Anges, une
organisation de femmes dévouées qui a pour
mission de servir Raël.
La paranoïa du leader
Depuis peu,
Raël croit être surveillé par les services
secrets. Il exige ainsi une soumission totale de
ses membres afin de prévenir toute forme de
fuite.
Renard, J.-B. (2003). Le
mouvement raëlien: les raisons d'un succès.
Psychologie et société. Logique sociale des
phénomènes sectaires. 3, 2. 116-131.
Le groupe
Raëliens est l’un des rares groupes
"soucoupistes" à avoir survécu au passage du
temps. L’auteur analyse le fonctionnement du
groupe afin d’identifier les facteurs qui
expliquent la pérennité du groupe.
L’auteur
identifie trois facteurs qui ont fait le succès
du groupe: la doctrine, le leader charismatique,
la créativité sociale permanente.
La doctrine
Pour
l’auteur, deux éléments particuliers de la
doctrine séduisent les membres, le créationnisme
extraterrestre et l’éthique morale du groupe.
Le
créationnisme extraterrestre défend une vision
athée de l’univers. Il explique que les hommes
ont été créés par des extraterrestres en
laboratoire. Raël rejette ainsi dans sa doctrine
l’origine animale de l’humanité. Raël interprète
même la bible en fonction de cette croyance.
Ainsi, il explique par exemple que les trompettes
de Jéricho étaient une arme ultrason.
L’éthique
morale du groupe séduit de nombreux nouveaux
membres. Le groupe prône ainsi une fraternité
libertaire. Le but de la fraternité libertaire
est de supprimer l’agressivité par
l’épanouissement de l’humanité.
Le leader charismatique
Pour
l’auteur, la personnalité charismatique de Raël
peut expliquer la pérennité du groupe. Il précise
toutefois que le charisme de Raël n’est pas inné,
mais le produit d’une construction sociale des
membres importants du groupe. Il explique que le
mythe construit est le résultat des efforts des
membres les plus importants du groupe Raëlien.
Ils ont progressivement créé un culte de Raël.
Ils ont également introduit un système complexe
de relation qui rend Raël inaccessible aux
nouveaux membres. Raël est perçu par les membres
comme un médiateur capable de résoudre les crises
sociales et personnelles vécues par les membres.
Une créativité sociale
permanente
Pour
l’auteur, les membres maintiennent leur
appartenance au groupe en raison des activités
diverses et fréquentes du groupe, des activités
de prosélytismes qui consolident le lien des
membres au groupe.
En
conclusion, l’auteur présente sans comparer avec
son analyse l’étude de Palmer (1999). Cette
dernière reconnaît cinq facteurs qui expliquent
le succès de l’Église Raëlienne :
- Le
mouvement obtient un certain succès au Québec
parce qu’il arrive à remplacer l’église
catholique dans la vie de certains membres;
- Il
rejette Dieu et l’Ancien Testament;
- Il permet
de vivre une sexualité libre de toute
contrainte;
- Le
créationnisme athée est une doctrine qui attire
de nouveaux adhérents;
- Le groupe
permet l’identification à un homme nouveau qui
incarne les valeurs post-modernes.
Palisson, Arnaud. (2003).
Grande enquête sur la scientologie: Une secte
hors la loi. Lausanne: Editions Favre SA, 263
pp.
Ce livre est
le résultat d’une étude de doctorat de droit
privé et de sciences criminelles. La thèse de
doctorat de Palisson a pour objectif de
comprendre le fonctionnement du groupe de
Lafayette Ron Hubbard, l’Église de Scientologie.
Après l'analyse de documents internes du groupe,
de leur philosophie et après l'analyse d'une
entrevue avec un ancien membre, l'auteur conclut
que l'intégration d'un nouveau membre au groupe
entraîne la commission d'activités criminelles
répréhensibles. Au nombre de ces activités,
notons l'exercice illégal de la médecine,
l'escroquerie aggravée et la séquestration.
Dès les
premières rencontres d’intégration d’un nouveau
membre un crime est commis, celui de la pratique
illégale de la médecine. Le nouveau membre nommé
"Préclair" a pour mission d’étudier et de
comprendre rapidement les écrits du fondateur Ron
Hubbard. Devant la quantité de matériel, le
membre est généralement incapable d’assimiler et
de comprendre l’information contenue dans ces
nombreuses publications. Dans cette situation, la
personne responsable de la supervision de ce
nouveau membre pose alors un diagnostic. Elle
conclut que l’incapacité du membre est le
résultat d’une accumulation importante de résidus
toxiques. Elle ordonne alors au "préclair" de
s’inscrire à un programme de purification. Par
ce geste, le superviseur a formulé un diagnostic
et prescrit un traitement sans être médecins.
Cette infraction est passible d'un an
d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende en
France.
Dans son
cheminement au sein de l’église de scientologie,
le membre doit purger son physique pour ensuite
purifier son mental. L’auteur décrit le processus
de purification mentale comme une escroquerie,
une tactique utilisée par le groupe afin de
soutirer de l’argent aux membres. La purification
mentale débute avec la passation d’un test de
personnalité. L’analyse de ce test entraîne
l’identification de troubles de personnalité.
Pour enrailler ces problèmes de personnalités,
des cours sont offerts au membre. Ces formations
lui permettront de se distinguer des mortels et
de régler leurs troubles de personnalité. Lors de
ces formations, l’élève doit acheter des livres,
des appareils qui l’appuient dans son processus
de transformation. Pour l’auteur, ces manœuvres
utilisées pour persuader la personne de suivre
différent cours sont frauduleuses. Pour
l’auteur, cette infraction est passible de sept
ans d’incarcération en France. Dans le processus
d’inscription à des cours dans l’église de
scientologie, il y a donc escroquerie parce que
les cours prescrits par le groupe ont d’abord un
but lucratif. Par exemple, l’électromètre
que doit acheter le membre n’est en fait qu’un
galvanomètre, un outil qui ne peut en aucun temps
avoir pour fonction de mesurer l’état mental
d’une personne.
Dans un
troisième temps, Pallison reconnaît que
l’intégration d’un membre dans l’organisme "Sea
Org" entraîne la commission d’infractions
diverses. Après l’étape de la purification, le
membre doit prendre part à un processus de
progression spirituelle. Lors de cette démarche,
la personne apprend qu’il est recouvert de
"Thétans," des parasites extraterrestres. Pour
éliminer la présence de ces derniers, la personne
doit traverser huit stades qui lui permettent de
s’élever au dessus des humains, des êtres
supérieurs. Au cours
de ce cheminement, le membre doit se soumettre à
une discipline extrême. À la moindre déviance aux
normes de "Sea Org" le membre est sanctionné.
L’adepte peut par exemple être enfermé contre son
gré pendant des semaines subir différents types
d’humiliations. L’auteur conclut en disant que
l’enlèvement de plus de sept jours d’une personne
et sa séquestration sont des actes passibles de
vingt ans de prison en France.
UNADFI. (2003). Qui sont vos
ancêtres? Adam ou Cro-Magnon? Lucy ou Eve? Les
Témoins de Jéhovah et la théorie de l'évolution.
La cage des sectes. Bulle n.80.
Pour les
Témoins de Jéhovah, l’homme a été créé par Dieu
il y a plus de six mille ans. Ils rejettent
radicalement la théorie de l'évolution qui
explique que le singe est l’ancêtre de l’homme.
Pour le groupe, cette explication est mensongère
et satanique.
L’UNADFI
constate que les dirigent des Témoins de Jéhovah
sont contrariés par les recherches scientifiques
qui remettent en cause une lecture strictement
littérale du récit de la Genèse et, par-là, de la
Bible dans son entier.
Afin
d’éviter que les membres du groupe soient séduits
par la théorie de l’évolution, la société
Watchtower publiée régulièrement des livres pour
dénigrer cette théorie. Ils ont publié récemment,
"La vie: Comment est-elle apparue? Évolution
ou création."
Selon
l’analyse de l’UNADFI, de nombreuses citations et
informations contenues dans le livre sont
erronées.
Le groupe
cite en autre Francis Hitching et son livre,
Le cou de la girafe. Ils le présentent comme
un chercheur connaissant qui critique la théorie
de l’évolution. Dans les faits, cet homme serait
plutôt un auteur de scénarios de TV et n'aurait
aucune formation scientifique.
Pour
l’UNADFI, il est inquiétant d’observer que les
Témoins de Jéhovah utilisent ce livre comme un
ouvrage d’enseignement destiné à persuader les
membres et les futurs membres de la véracité des
préceptes du groupe.
Encore plus
inquiétant selon l’UNADFI, les témoins de Jéhovah
utilisaient jusqu’à tout récemment ce livre afin
de recruter des adolescents, en demandant à leurs
enfants de présenter le document aux autres
élèves.
UNADFI (2003). Le grignotage
jehoviste. Bulle 79: Discerner les dérives
sectaires..
Dans cet
article, l’auteur explique comment les Témoins de
Jéhovah utilisent certaines dispositions de
l’état par exemple des exonérations financières
afin d’obtenir un statut dans la république. Pour
l’auteur, le groupe utilise ces avantages afin de
faire valoir, afin d’être reconnu comme un groupe
religieux. L’auteur reconnaît six éléments
stratégiques utilisés par le groupe:
- Présenter
une image de citoyen exemplaire, démontrant
ainsi la différence entre les principes moraux
rigides du groupe et la permissivité présente
dans la société;
- Obtenir
une exonération fiscale de tribunaux
administratifs afin de contourner les exigences
du Ministère de l’Intérieur;
- Obtenir
l’accès des membres à une assurance-santé et
une assurance de vieillesse de l’état;
- Prétendre
être reconnu par l’État;
-
S’associer avec des personnalités connues comme
des spécialistes de grandes religions;
- Trouver
du soutien auprès de gouvernement étranger,
afin que ce dernier influence le gouvernement
français.
L’auteur
présent également une liste d’infraction commise
par les Témoins de Jéhovah.
L’exploitation des mineurs
Les témoins
de Jéhovah imposent aux mineurs de nombreuses
heures de colportage, des heures d’études
doctrinales, ainsi que la fréquentation de la
salle du royaume. L’horaire chargé des jeunes
membres minimise les relations avec les non
membres. Elles les isolent de la société.
§
Le refus de
transfusion sanguine condamne certains jeunes à
une mort potentielle;
§
L’interdit
de transfusion sanguine;
§
L’interdit de
transfusion sanguine fait plusieurs victimes.
Depuis le 4
mars 2002 la loi Kouchner précise qu’une personne
peut refuser un traitement médical si elle donne
son consentement libre et éclairé aux autorités
médicales.
L’UNADFI
précise toutefois que la loi Picard-About du 12
juin 2001 définit les circonstances où un
consentement ne peut être libre et éclairé. Le
consentement n’est ni libre ni éclairé lorsque
s’exercent sur la personne des pressions graves
et répétées, qui créent un état de sujétion
psychologique ou physique. Le consentement ne
peut être éclairé lorsque la personne est
influencée à l’aide de technique à adopter un
comportement. Enfin, le consentement ne peut
être libre ou éclairé lorsque le groupe dont elle
est membre essaie de créer une sujétion
psychologique et physique.
Pour
l’UNADFI, les nombreuses pressions dont sont
victimes les témoins de Jéhovah ne permettent pas
aux médecins d’obtenir leur consentement libre et
éclairé. Les pressions peuvent être religieuses,
par le biais d’explications médicales formulées
par le groupe, par des pressions familiales, des
proches qui rappellent la menace d’être exclue.
Dans
l’article, l’auteur essaie également de démontrer
que les Témoins de Jéhovah sont un groupe
sectaire. Il note dans ce sens:
-
L’approche dogmatique prônant le refus de
transfusion sanguine;
-
L’isolement des enfants de la société
française;
- Le refus
de certaines formes de participation sociale
comme le refus d’accomplir son service
militaire ou le refus de voter;
-
L’attitude discriminatoire des membres envers
les femmes du groupe;
- La
construction des communautés en forme de micro
société où un système de justice existe et
punit les membres déviants;
Pour
l’UNADFI, le groupe des Témoins de Jéhovah est
bien une secte, malgré l’affirmation du contraire
par plusieurs scientifiques.
Groupe Sectaire et
Victimisation
Huit
articles traitent de la victimisation observable
dans les groupes sectaires. Le traitement des
membres sortant, le processus de diminution des
capacités cognitives, les risques de
victimisation dans les groupes hystériformes sont
quelques-uns des sujets traités. Trois auteurs
reformulent sous des termes différents que ceux
de persuasion coercitive l’expérience sectaire.
Ils permettent au lecteur de concevoir sous un
autre angle l’expérience sectaire
Le livre de
Nathan et Swertvaegher (2003) traite de la
question du traitement des membres sortant de
sectes ainsi que de la position des thérapeutes
dans les sociétés modernes. Après l’analyse
approfondie du récit d’expérience d’ancien
membre, ces chercheurs décrivent l’expérience
sectaire comme un processus de capture de l’âme.
Ainsi, le groupe par la promesse d’une
initiation, d’une transformation, influence le
membre à joindre leur groupe. Une fois intégré au
groupe, l’adepte engage son âme dans des
pratiques sociales qui organisent sa vie
quotidienne. Dans ses
échanges la dépendance du membre s’installe.
Allanic
(2003) propose également une conceptualisation
pour expliquer le charme exercé par la secte. Il
compare l’envoûtement à la secte à la rencontre
mythique d’Ulysse avec les Sirènes. Pour,
l’auteur, la promesse de l’omniscience, d’un
bonheur éternel proposer tant par les Sirènes
dans le Conte que par les sectes entraînent une
régression à un point tel que sous l’effet de
l’envoûtement, la personne ne reconnaît plus la
présence des autres. La personne à l’illusion que
la réalité n’existe plus. Ainsi, les problèmes
vécus avant l’engagement dans la secte
disparaissent.
Nathan, T, & Swertvaegher,
J.C. (2003). Sortir d'une secte. Paris:
Les empêcheurs de penser en rond/Seuil.
Les auteurs,
l’un professeur de psychologie à l'Université
Paris VIII et l'autre psychologue travaillent au
centre Georges Deveraux. Ils animent une équipe
de recherche thérapeutique qui a créé un
protocole de traitement pour les « sortants de
secte ». Se basant sur leurs expériences
cliniques, sur l’analyse du discours de membres
sortants, ils tentent d’expliciter l'impact de la
secte sur une personne.
Dans la
première, partie du livre intitulée « Regards
cliniques sur une expérience clinique au bénéfice
des sortants de sectes », les auteurs présentent
une série de récits d’anciens membres de groupes
sectaires. Ils formulent une série de conclusion
sur leur expérience.
Après le
départ d’une secte, le quotidien peut devenir
souffrant pour l’ancien membre. La perte de
confiance en soi peut être telle qu’un ancien
membre a de la difficulté à formuler une opinion,
un jugement, à faire un choix.
Les
croyances véhiculées par le groupe peuvent avoir
une influence sur la vie quotidienne de la
personne, et ce, même si elle reconnaît avoir été
victime de manipulation mentale, dans le groupe.
L’adhérence
à une secte se produit dans un contexte où le
groupe promet au futur membre une
transformation. Pour les auteurs, la décision de
quitter une secte est souvent liée à la
conviction que le groupe ne respectera pas ses
promesses initiales. Le membre se sent berné par
le groupe. Les anciens membres éprouvent donc
souvent de la difficulté à s’engager dans un
groupe ou un processus thérapeutique après leur
sortie parce qu’ils ont peur de faire preuve de
crédulité.
Les auteurs
reconnaissent que les personnes qu’ils
rencontrent éprouvent une grande difficulté à
s’impliquer dans un projet, à se décider. Les
membres sortants sont effrayés par leur
crédulité.
Les demandes des participants
Les membres
sortants qui participent à la recherche
sollicitent une aide thérapeutique afin de
reprendre possession de leur pensée. Ils veulent
se sentir libres, puisque souvent après leur
sortie du groupe ils se sentent manipulés, voire
poursuivis par la secte.
Les anciens
membres demandent également au thérapeute de les
aider à dénoncer publiquement les agissements du
groupe sectaire.
Les
cliniciens participants accueillent cette
demande. Ils élaborent donc une problématique
individuelle afin de trouver des solutions aux
souffrances singulières de leur client.
Conceptualisation des effets
de la vie dans une secte
Pour les
auteurs, devenir membre d’une secte a pour
conséquence d’entraîner le viol de l’âme.
Lorsque le membre s’engage dans le groupe
sectaire, le groupe lui promet une initiation,
une transformation qui ne s’actualise jamais. Le
membre est toujours en attente de celle-ci. La
secte trompe donc le membre en lui promettant
l’accès à une métamorphose. Les auteurs
décrivent donc l’engagement dans une secte comme
une capture sectaire.
La secte
peut parfois capturer sexuellement l’adepte. Le
leader se sert de l’adepte afin d’assouvir ses
fantasmes sexuels. Dans ce contexte, le
thérapeute doit aider le membre sortant à
reprendre possession de son corps.
Pour les
auteurs, les membres qui intègrent un groupe
sectaire ne sont pas des êtres psychologiquement
fragiles. Les auteurs trouvent intéressant de
penser que c’est la rencontre avec le groupe qui
fragilise le membre.
La secte
permet au membre d’entrer en relation avec une ou
plusieurs entités invisibles. La présence de ces
entités organise la vie quotidienne des membres.
Le membre partage par exemple son temps entre la
méditation, le prosélytisme, les rencontres de
groupes…
Psychothérapie et aspects
techniques
Les auteurs
ont développé une procédure thérapeutique afin de
comprendre l’histoire de vie des anciens membres
ainsi que de les aider.
Le travail des thérapeutes
Pour les
auteurs, l’expérience sectaire marque l’adepte,
il conserve d’ailleurs après sa sortie des objets
parasitaires qui l’empêchent de vivre au
quotidien. Ces parasites de l’expérience sectaire
anesthésient le membre, il éprouve de la
difficulté à fonctionner au quotidien. Les
parasites sont divers, ils peuvent être des
habitudes de vies des croyances, des craintes.
Le travail
de l’intervenant consiste donc à comprendre
l’expérience du membre et la philosophie de son
groupe d’appartenance. Il doit expliciter
l’intention cachée du mouvement et ensuite aider
l’ancien membre à se défaire des éléments de son
expérience qui bloque son intégration au monde.
Le
thérapeute doit d’abord désactiver les
traumatismes qui continuent à influencer la vie
quotidienne des anciens membres. Pour se faire,
les psychothérapeutes doivent parvenir à ce que
l’adepte partage son histoire, afin de
reconstruire un récit cohérent de son vécu. Ce
travail est douloureux, l’ancien membre doit se
souvenir de chacun des événements de son
expérience. Cette procédure permet
progressivement à la personne qui raconte son
histoire de briser l’isolement.
Dans ce
contexte, le thérapeute peut reconnaître les
techniques d’influences et les méthodes
d’assujettissement auxquelles a été soumis
l’ancien membre. Le thérapeute reconstitue donc
les techniques de capture sectaire et il
reconnaît les théories utilisées par le groupe
afin de comprendre la singularité de l’expérience
de l’ancien membre.
Enfin, au
cours de la thérapie, le thérapeute doit
accompagner le membre à reconstituer les liens
familiaux, le membre sortant se réintègre donc
dans la société
L’évaluation de la
progression de la thérapie
Afin
d’évaluer la progression de la thérapie, les
auteurs notent quelques signes qui permettent de
reconnaître la revitalisation de la personne.
Le membre
sortant progresse lorsque sa vie quotidienne
s’enrichit, lorsqu’il est moins craintif et qu’il
est capable d’affronter les difficultés de la vie
quotidienne. Le processus thérapeutique a des
effets positifs lorsque le membre sortant renoue
avec des activités de la vie quotidienne, les
sorties, les rencontres familiales. Une
amélioration peut également être notée lors que
les rêves répétitifs et les cauchemars cessent.
Dans un
dernier chapitre, les auteurs abordent la
question de la formation des psychothérapeutes en
France. Cette profession se déroule en l’absence
de contrôle extérieur. Pour ces chercheurs, il
est impératif de mettre en place une formation
complète et diversifiée, afin que ces derniers ne
deviennent pas les dévots d’une technique
thérapeutique.
Deconchy, J.-P., &
Bauduin, B. (2003).
Expliquer tout de même l'inexplicable. Appel aux
"croyances" : mise en veille et activation d'un
schéma cognitif de type "sectaire." Psychologie
et société. Logique sociale des phénomènes
sectaires. 3, 2. 23-57.
L’objectif
de cette recherche est d’aborder sous l’angle de
la psychologie sociale le fonctionnement
sectaire, particulièrement deux points de ce
dernier :
-
l’intensité du prosélytisme et des efforts de
recrutement;
-
L’étrangeté des nouvelles attitudes et des
comportements des membres en comparaison avec
les normes de la culture environnante.
Selon les
auteurs, une démarche scientifique en psychologie
sociale s’attaque au démembrement de son objet
d’étude afin de reconnaître la présence de
différents processus qui constitue le phénomène à
l’étude. Le chercheur peut alors étudier
l’implication des membres, l’autoritarisme,
l’influence sociale ou les tactiques de
séduction.
L’auteur
étudie particulièrement dans son article le
traitement de l’information apporté par un
message qui vise à persuader son récepteur que
l’impossible est arrivé. Les auteurs se demandent
comme un nouveau membre peut être séduit par le
message d’un groupe, un message qui explique que
l’impossible est possible.
Les auteurs
posent l’hypothèse que lorsque des sujets se
retrouvent dans une situation incontrôlable et
qu'ils sont confrontés à des données
inexplicables, ils utilisent des croyances
sauvages (des croyances qui ne sont pas
socialement régulées) afin d’expliquer ses
données inexplicables. Ainsi, il postule qu’une
personne à la rencontre d’une secte est
confrontée à un ensemble d’information qu’elle ne
contrôle pas, qu’elle ne comprend souvent pas.
Les auteurs croient que dans ce contexte, les
personnes en contact avec la secte utilisent des
croyances sauvages afin d’expliquer ce qu’elles
ne comprennent pas.
Les auteurs
se sont demandés comment une personne arrive sur
le plan cognitif à traiter un message qui vise à
persuader que l’impossible est arrivé. Ils se
demandent également comme la personne arrive à
prendre ce même message au sérieux.
Méthode
La séquence
des explications:
- Les
chercheurs placent les sujets dans une
situation de contrôle ou de non-contrôle
cognitif;
- Ils
donnent aux sujets l’histoire écrite de
Louise. Pour certains, l’histoire de Louise
comprend une rhétorique fantastique et pour
d’autres une rhétorique factuelle (données
objectives)
- demande
aux sujet d’expliquer malgré le caractère
inexplicable de la situation la pertinence d’un
certain nombre d’explication.
Les
explications choisies par les auteurs sont de
quatre ordres : elles renvoient soit à la
physiologie de Louise, soit aux dispositions ou
aux conduites de Louise, soit des explications
indirectes, des hypothèses sur son comportement
(parce que Louise est une femme dynamique) ; soit
encore à des croyances.
La population
178 élèves
de terminale provenant de 5 lycées parisiens
différents ont participé à la recherche. Les
jeunes étaient rencontrés dans une classe où un
expérimentateur entrait suivi de 25 jeunes de 25
ans vêtus d’un jean et d’un chandail noir.
Chacun des jeunes recevait une enveloppe. Dans un
1er cas, les 25 jeunes restaient dans
un coin de la classe dans la situation
expérimentale qui visait l’activation du schéma
cognitif sectaire les 25 jeunes homme se
plaçaient à l’arrière de chacun des étudiants.
Dans une autre situation qui visait la mise en
veille su schéma cognitif sectaire, les deux
premières rangés d’étudiants répondaient sans
être surveillées par un jeune homme tandis que
l’autre moitié de la classe devaient répondre en
étant surveillé.
Les résultats
Selon la
rhétorique utilisé dans le message, les
explications données aux sujets sont évaluées de
façon différentes. Ainsi, les explications qui ne
renvoient pas à des croyances sont toujours
évalué positivement lorsque la rhétorique est
factuelle plutôt que fantastique.
En ce qui
concerne des explications renvoyant à des
croyances , elles sont toujours évalué de façon
plus positives quand le sujet est exposé à une
rhétorique fantastique.
Pour les
chercheurs l’exposition à une rhétorique
fantastique favorise donc l’appel aux
explications relevant des croyances et elle
diminue l’appel à des explications rationnelles.
Pour les auteurs les résultats démontrent que le
recours aux croyances pour expliquer un message
inexplicable se produit dans un contexte où les
ressources cognitives des sujets sont diminuées.
La personne qui entre en contact avec le message
d’un groupe sectaire peut donc voire ses
capacités cognitives diminuées par le message
présenter par le groupe. Ainsi pour mieux
comprendre le message, il a recours à des
croyances et non à de l’information critique
Allanic, C. (2003). Aux
abords des rives sectaires. Bulle 79 : Discerner
les dérives sectaires
Se basant
sur un article de Tony Anatrella, prête et
psychanalyste, l’auteur analyse une forme de
particulière de religiosité, soit les groupes
dont la philosophie est orienté vers la
sensibilité et les émotions ressenties dans la
relation avec Dieu. Au nombre de ces groupes, les
mouvements d’inspiration nouvel âge, certaines
thérapies, des cours de développement personnel
ainsi que des médecines dites douces ou
alternatives. L’auteur définit ces groupes comme
des mouvements hystériformes.
Pour
l’auteur, dans les groupes "hystériformes" le
corps est au centre des pratiques et des
croyances. Selon leurs croyances, l’intervention
sur le corps physique peut avoir des effets sur
les corps immatériels comme le corps astral et le
corps mental.
Pour
l’auteur, les affects et les pensées peuvent
alors subir une conversion hystérique puisqu’ils
ont également leur "corps". Il explique que
l’hystérie a pour effet de transformer les
difficultés psychiques en maux physique. Le même
phénomène peut également se produire dans les
différents corps immatériels. Ils se
somatisent et se matérialisent à tel
point qu’ils deviennent visibles et presque
palpables, pour certains.
Dans ces
groupes, les relations entre les membres sont
construites autour d’un registre "maternel". Le
membres communique entre eux par le biais de
contacts physiques, par un le langage non verbal.
Dans ce contexte, l’expérience et les exposés
émouvants sont privilégiés, les exposés
rationnels n’ont pas leur place dans le groupe.
Pour
l’auteur, ce type de fonctionnement groupal
favorise parfois l’émergence de dérives. En
valorisant l’expérience et en niant la réflexion
sur celle-ci les adeptes peuvent être plus
facilement manipulés. Pour l’auteur, la nocivité
du groupe dépend de l’orientation prise par le
responsable du groupe. Lorsque le groupe favorise
l’expérience et la réflexion, le vécu du
participant peut être enrichissant, dans le cas
contraire il peut mettre en péril l’intégrité
physique et psychologique de certains membres.
Dans ces
groupes, le langage des émotions et des
sensations est considéré comme bien plus vrai
que le langage verbal. Ce langage ne permet pas
de communiquer avec une autre personne, il nie ou
exclu plutôt la présence de l’autre. Dans ce
group, la personne peut même se fermer à la
différence des autres. Dans les situations
extrême les membres peuvent même éprouver de la
difficulté à s’exprime librement.
Enfin, dans
certains de ces groupes, les adeptes peuvent même
présenter des traits voire des symptômes
hystériques comme par exemple une érotisation des
relations élève/maître ; une sublimation des
pulsions sexuelles en "Amour universel" ;
Idéalisation d’un monde imaginaire au détriment
du monde réel, Identification importante à des
personnages réels ou mythiques : le leader,
saint(e)s, personnages célèbres.
Mégalomanie Jusqu'où ?
Dans
l’éditorial de cette revue ont se questionne sur
la mégalomanie des gourous. L’auteur (inconnu)
décrit la mégalomanie comme la folie des
grandeurs, le désir de la puissance absolue sur
les hommes et sur le monde. Ce trait serait
observable chez bon nombre de gourou.
Deux cas de
leader mégalomaniaques sont présentés ceux de
Moon Sun Myung ainsi que celui de Claude Vorilhon
dit Raël. Pour l’auteur, l’organisation d’un
congrès scientifique, la création d’une
Corporation pour la construction de l'autoroute
internationale à Tokyo ou la célébration du
communisme avec Gorbatchev sont des exemples de
tendance à la mégalomanie de ce gourou.
Pour
l’auteur, le fait que Raël possède des comptes
dans les paradis fiscaux, le fait qu’il croit
être l’être le plus intelligent de l’univers et
que les membres de son groupe le nomme sa
sainteté sont d’autres signes de sa mégalomanie.
Devant ces
deux exemples, l’auteur se questionne sur la
réaction à adopter devant ses gourous. Elle ne
donne aucune réponse à son interrogation.
Le Mouvement raëlien
Le second
article de cette revue trace un portrait de ce
groupe et de son leader.
Historique :
Claude
Vorilhon dit aujourd’hui Raël est né en 1946 en
France. Journaliste sportif de profession,
publie son propre magazine jusqu’en 1973. Date à
laquelle, il rencontre pour la première fois les
Élohim. Cette rencontre lui révèle qu’il est le
demi frère de Jésus. Cette rencontre lui révèle
également qu’il est maintenant l’ambassadeur des
Élohim sur terre.
Les
Élohim sont nos créateurs, par leur savoir
scientifique ils ont découvert le secret de la
vie éternelle et du bonheur,
L’UNADFI précise que la philosophie du groupe est
organisée autour de la notion d'éternité,
d'évolution.
L’organisation du groupe selon cette description
doit être fait afin d’établir des distinction
entre les humains. Raël propose donc de faire une
hiérarchisation des individus. Les gens doté
d’une intelligence supérieur se retrouveraient au
sommet de la hiérarchie et les idiots à la base.
Les
adeptes doivent verser 10% de leur salaire au
leader. Les adeptes ne vivent pas en communauté,
ils se retrouvent par contre régulièrement pour
participer à des stages d’éveil, d’initiation à
la méditation sensuelle.
Certaines femmes ont un statut particulier dans
le groupe, elles sont nommées "les anges." Elles
acceptent de se dévouer entièrement à Raël.
L’UNADFI s’interroge dans ce texte sur la place
des enfants dans ce groupe notamment sur la
question de leur intégrité physique et
intellectuelle. Sur la base du livre d’Hayat El
Mountacir (1990) et de la lecture de publications
du mouvement raëlien, l’Unadfi se demande si la
croyance selon laquelle les parents doivent
initier les mineurs à la sensualité ne représente
pas un danger pour les enfants du groupe.
Allanic, C. (2003). Le
syndrome d'Ulysse, Bulle 78.
Dans son
texte, le psychologue clinicien, Christophe
Allanic compare la relation sectaire à l’aide de
la rencontre mythique d’Ulysse avec les sirènes.
Cette métaphore lui permet d’expliquer les
raisons pour lesquels un individu est séduit à un
point tel par un groupe qu’il perd tout sens
critique.
Le mythe :
Dans la mythologie grecque, les Sirènes avaient
la réputation d'attirer les navigateurs sur les
récifs afin de les dévorer. Ulysse élabore un
plan pour contrer l’effet dévastateur de
celle-ci. Il s’attache au bat de son bateau et se
rend à la rencontre des sirènes Elles le
complimentent, le félicite et lui promettent de
devenir omniscient. Sous le charme des sirènes,
Ulysse attaché à son bateau ne peut se s’éloigner
de leurs charmes. La marré l’éloigne finalement
de ces femmes. Un fois éloigner, le charme est
rompu et Ulysse reprend sa conscience, il
redevient maître de lui.
Pour
l’auteur, la promesse de l’omniscience des
Sirènes place Ulysse devant son fantasme
archaïque de toute-puissance. Cette promesse
entraîne une régression à un point tel que sous
l’envoûtement, la personne ne reconnaît plus la
présence des autres. Cet état a pour effet de
créer l’illusion de l’inexistence de la réalité,
les contraintes disparaissent et tout devient
possible. L’auteur reconnaît que les adeptes sont
initialement envoûtés par le groupe ou le
leader. La personne est séduite par le groupe.
Pour l’auteur, la séduction survient lors de
moment de fragilité psychologique (décès d’un
proche, divorce…). Afin de faire face à
l’épreuve la personne régresse narcissiquement.
Cette régression a pour effet que la personne
s’éloigne des ses proches et elle ne s’intéresse
qu’à elle-même. La personne revendique alors une
plus grande indépendance, la liberté de découvrir
sa mission terrestre...
À ce moment
de leur vie, l’auteur reconnaît qu’une personne
peut être sensible aux flatteries des groupes
sectaires. Dans cette rencontre le groupe
reconnaît la spécificité de la personne, elle le
valorise. À ce moment, l’adepte croit avoir
rencontré une organisation parfaite, une
organisation qui la comprend vraiment. Pour
l’auteur, la personne n’a pas conscience qu’elle
perçoit son propre idéal dans le groupe. À ce
stade, l’organisation intègre et submerge la
personne dans le projet collectif. Bien que la
secte ne répondent pas aux besoins de l’adepte,
le membre a l’impression de participer à un
projet grandiose. Ce projet renvoie la personne à
une pensée archaïque où elle est toute puissante
et en fusion avec les autres. Pour l’auteur cette
explication aide a comprendre pourquoi une
personne est envoûté par un groupe sectaire. Il
admet toutefois que cette explication ne permet
pas d’expliquer les raisons pour lesquels la
personne quitte la secte, pour qu’elles raison
l’envoûtement cesse.
Dilhaire, Catherine, (2003)
Le processus de victimisation dans la
trajectoire de vie d'anciens adeptes de groupes
sectaires. Mémoire de Maîtrise, École de
Criminologie, Université de Montréal, 158 pp.
Ce mémoire
de maîtrise est une étude exploratoire qui a pour
objectif de retracer les mécanismes de
victimisation de trois anciens adeptes de groupes
sectaires hindouistes. Bien que cette recherche
soit fait auprès de nombre restreint de membres,
elle permet de définir difficultés vécu dans
l’expérience sectaire en des termes différents,
soit ceux de situations problème.
À l’aide du
récits de vie de trois anciens membres l’auteur
explore la période de vie marquant l’affiliation
au groupe, l’expérience sectaire, la
désaffiliation et la vie après la sortie d’un
groupe sectaire.
Suite à
l’analyse des récits de vie des anciens membres
rencontrés, l’auteure conclue que le
fonctionnement des groupes, en particulier les
normes qui régissent la vie en communauté fermé
constituent un contexte favorable à l’émergence
de situations problèmes.
Les
situations problème lié à l’expérience sectaire :
l’auteure se basse sur la définition de Pires
(1995) pour définir ce concept. Ainsi elle
entend par situation problème "le fait que
pour au moins un acteur une situation donnée est
vécue ou perçue comme créant un problème ou comme
étant négative, inacceptable ou indésirable."
Dans
l’analyses du discours trois anciens membres de
sectes hindouistes, l’auteure observe que bien
que l’affiliation au groupe soit initialement
perçue comme un événement positif, la définition
de cet événement devient problématique avec le
temps. Les membres s’engagent dans un groupe,
tout en ne pouvant prévoir les conséquences de
leur implication. Le contrôle interne dans le
groupe créé toutefois de nombreuses situations
problèmes :
- Le
détachement, le renoncement aux liens familiaux
est problématique pour Rachel. Intégré à l’age
de cinq ans avec ses parents dans une secte
Hindouiste, une ancienne adepte expérimente une
série de situations problématiques, par exemple
la séparation de l’enfant avec ses parents, la
perte de bien matériel et l’isolement avec le
monde extérieure.
- Pour une
autre personne, le détachement devient
problématique puisqu’il la coupe de tout
contact avec le monde extérieur comme les
journaux, la radio ou la télévision, ce qui a
pour effet une perte progressive de repère
temporel.
- Des
situation problème émergent également liées au
cadre de vie ascétique: la promiscuité, la
répression de besoins de base dont la
sexualité, les périodes de sommeil insuffisante
et la surcharge de travail sont quelques-unes
d’entre elle.
Selon
l’auteur le style de vie contraignant des
adeptes, l’obligation de respecter de nombreuses
normes a pour effet de neutraliser ainsi que de
maintenir l’affiliation des membres au groupe.
Pour deux
participants, les normes strictes de son groupe
d’appartenance le conduit à la transgression des
interdits. Dans ce contexte de vie ascétique, la
transgression et la distanciation des normes
permettent aux membres d’évacuer leurs
frustrations et d’assurer leur affiliation au
groupe.
Le replie
sur soi et l’endurcissement sont utilisés comme
stratégie d’adaptation par deux membres de
l’échantillon afin de faire face aux situations
problèmes.
Lorsque la
vie dans le groupe est insupportable les membres
essaient de modifier leur situation. Dans se
début de processus de désaffiliation plusieurs
situation problème sont rapportées par les trois
participants. Il se produit une problématisation
de l’expérience sectaire, des situations perçues
dans le groupe comme positives sont
réinterprétées en termes d’abus.
Les membres
essaient de mettre en place tant dans le groupe
qu’avec des acteurs extérieurs des solutions afin
de régler leur situation problématique. Ils
essaient soit d’être transférée dans une autre
communauté, de négociation avec les autorités,
ils peuvent transgresser certaines normes
groupales.
Le processus
de désaffiliation est progressif pour les trois
membres rencontrés. Pour deux participantes, il
survient rapidement après l’entré dans le groupe
et pour un autre participant, il s’enclenche une
année après son intégration. Il se produit un
mouvement de va et viens d’entré et de sortie
dans le groupe. La désaffiliation et d’abord
physique et ensuite psychologique. Ainsi, la
personne quitte le groupe et avec le passage du
temps se détache de son idéologie.
Pour deux
membres, la perte de contact avec devient
problématique. En fait, pour ces deux anciens
membres, le détachement est plus pénible lors de
la désaffiliation avec le groupe que lors de la
conversion.
Lors de la
sortie, les membres éprouvent de la difficulté à
s’intégrer dans la société. De nombreux
problèmes surviennent sur les lieux de leur
travail ou encore à l’école. Les trois
participants ont tous vécu après leur départ du
groupe des périodes crises, d’angoisse, de honte
et de culpabilité.
L’auteur
conclu que ces membres ont été lésés dans leurs
droits fondamentaux.
Bobin, Alice. (2003).
Victimes de sectes: des manipulations mentales
aux soins. Mémoire de Maîtrise, l’Universitaire
de Victimologie de l’Université Réné Descartes,
Paris 5.
La
communication réussie présuppose l’existence
d’enjeux communs entre les interlocuteurs.
L’échange existe entre l’individu et la secte,
pendant la période de recrutement notamment, mais
les enjeux qui le motivent ne sont pas partagés
par les 2 parties. D’un côté le manipulateur
connaît l’enjeu de l’échange: faire adhérer, pour
y parvenir il mobilise différentes techniques et
notamment les moyens du langage. De l’autre côté
il y a le futur adepte qui ne perçoit pas la
malveillance du premier parce qu’elle n’est nulle
part étayée par des indices et qui dans sa
confiance excessive ne demande qu’à croire aux
propos qui lui sont soumis. L’abus de pouvoir, le
déni de l’altérité font ici leurs premiers pas et
le sujet commence, sans le savoir, sa
transformation en être non pensant, en objet
manipulable à souhait.
Boissard, Marianne. (2003).
L’Étau Sectaire. Mémoire de Maîtrise de
l’Universitaire de Victimologie de l’Université
Réné Descartes, Paris 5.
Depuis les
années 70 nous constatons une expansion et une
banalisation de l’ emprise des sectes sur la
société. Elles accueillent des adeptes de toutes
catégories socioprofessionnelles, leur discours
séducteur et facile d’accès attirent des
personnes confrontées à des conflits
relationnels, familiaux et professionnels. Les
nouveaux adeptes ont l’illusion de s’épanouir,
d’accéder à des connaissances réservées à une
élite, de s’élever voire de devenir des
surhommes. Les limites de la condition humaine
sont alors refoulées, le gourou leader de la
secte est investi d’un savoir et d’un pouvoir
supra humain par les adeptes qui se soumettent à
son autorité
Les Groupes Religieux et
Comportement Violent
Dans les
deux textes résumés les auteurs (2003) essaient
de comprendre les éléments qui peuvent entraîner
un groupe à recourir à la violence. Le texte de
Pelland et Casoni (2003) se veut le début d’un
conceptualisation du lien entre secte religieuses
et terrorisme, tandis que le texte de Casoni et
Brunet (2003) présentent un modèle théorique
expliquant le recours au terrorisme dans les
groupes qui s’organisent autour d’une philosophie
de survie.
Casoni, D, & Brunet, L.
(2003). Philosophie groupale et action
terrorisme. In Dianne Casoni & Louis Brunet
(Eds.), Comprendre l’acte terroriste.
Montréal: Les Presses de l’Université du Québec à
Montréal, pp.78-92.
Dans cet
article, les auteurs présentent l’idée selon
laquelle la poursuite d’un idéal commun est un
facteur déterminant dans la naissance de
comportement d’une extrême violence. Pour eux, la
force de l’attrait de l’idéal peut entraîner des
individus "ordinaires" à commettre des actes
d’une extrême violence voire même des actes
terroristes.
Dans un
article intitulé "The Relation of group
philosophy to different type of dangerous conduct
in cultic groups" et paru dans le Cultic
Studies Journal (2000), Casoni présente un
modèle de quatre philosophies groupales qui
conduit à quatre types différents de conduites
dangereuses.
L’article
traite particulièrement de la philosophie de
survie. Dans ce groupe, il y a un une opposition
et un clivage constant entre nous, les membres du
groupe et eux tous ceux qui ne fond pas partie du
groupe. La maxime du groupe devient "si vous
n’est pas avec nous, vous être contre nous." Le
monde extérieur est donc défini comme dangereux.
Les leaders et les membres de ces groupes
craignent d’être agressé par l’extérieur.
Les auteurs
présentent quelques caractéristiques de groupe
avec une philosophie de survie. Ils précisent que
ce sont ces groupes qui sont le plus susceptible
de recourir au terrorisme.
Le leader
d’un groupe organisé entre autre autour d’une
philosophie de survie est décrit comme un
demi-dieu par les membres. Il est le seul maître
dans le groupe, il prend souvent seul les
décisions importantes dans le groupe. Dans
certains cas, le contrôle du leader sur les
membres est tellement important qu’il détient un
pouvoir de vie ou de mort sur les adeptes.
Les
membres se soumettent entièrement à
l’autorité du leader, puisqu’ils se sentent
privilégier d’être associés à un si grand chef.
La parole du
leader, on interprétation de texte sacré est plus
importante dans ses groupes que la doctrine
écrite.
Les groupes
organisés autour d’une philosophie de pureté
cherchent à s’établir dans un lieu isolé. Il se
protège ainsi de ses ennemis.
Dans ces
groupes les lieutenants du leader peuvent lutter
les uns contre les autres afin d’obtenir une
position prestigieuse dans le groupe. La dévotion
des membres les plus prestigieux est souvent
remise en questions par le leader. Cette
catégorie de membre doit don fréquemment prouver
au leader leur soumission ainsi que leur
investissement dans le projet commun du groupe.
Nous pouvons
nous demander les raisons pour lesquelles une
personne maintien son affiliation à un tel
groupe?
Pour les
auteurs, le clivage nous/eux s’accompagne d’un
projection sur eux des composantes psychologique
vécues comme indésirable, ainsi le clivage et la
projection permettent aux membres de se
débarrassé des éléments indésirables et ainsi de
se sentir purifier. L’utilisation importante du
clivage et la projection dans les groupes
sectaire a pour effet de minimiser la capacité
des membre a exercer leur jugement critique,
ainsi que d’enclencher un processus
d’idéalisation.
Le processus
d’idéalisation est décrit par les auteurs comme
la tendance de ces derniers à concentrer leur
investissement libidinaux et narcissique sur un
leader, une doctrine ou un mouvement politique.
L’idéalisation s’accompagne également d’un
mouvement identificatoire qui entraîne une
gratification narcissique, la personne donc
soumis ;a un leader perçu comme grand, se définit
également par son identification à ce dernier
comme une personne plus grande, plus forte. Dans
un tel groupe, les membres entretiennent donc le
sentiment qu’ils font partie d’une communauté
d’initié. Dans cette relation entre un leader et
des adeptes, l’idée même de se séparer est
impensable.
Pour ces
auteurs la relation leader adepte, ou membre
terroristes ne s’expliquent donc pas par une
théorie de l’endoctrinement, mais plutôt par un
cheminement d’identification et d’idéalisation
progressifs. Dans ces groupes, l’idéal du groupe
devient un projet commun que les membres doivent
accomplir. La réalisation du projet commun peut
donc être exigé dans l’immédiat et ce peut
importe les conséquences. Lorsque les membres et
le leader d’un groupe considèrent essentiel la
réalisation du projet commun pour leur équilibre
narcissique, les dénouements violents deviennent
souvent inévitables.
Pelland, M-A, & Casoni, D.
(2003). Le recours au terrorisme par les sectes
religieuses. In Dianne Casoni & Louis Brunet,
Comprendre l’acte terroriste. Montréal: Les
presses de l’Université du Québec à Montréal,
pp.51-69.
L’article
aborde la question du lien existant entre
terrorisme et secte religieuse. Se basant sur
une revue des écrits tant sur le terrorisme que
sur le fonctionnement des groupes sectaire. Cet
article jette un éclairage sur le fonctionnement
interne des sectes religieuses afin d’isoler les
éléments qui peuvent conduirent les sectes à
recourir aux terrorisme.
La relation
entre le leader et l’adepte est identifiée comme
un élément clé dans le choix d’une secte
religieuse à recourir à la violence voire au
terrorisme. Dans ce contexte, la relation
leader-adepte est définie comme une relation
d’interdépendance. Le leader ressent le besoin
d’être idéalisé par les membres, d’être perçu
comme l’élu. Les membres éprouvent tant qu’à eux
le besoin de s’associer à un individu perçu comme
grandiose. La rencontre entre ces deux acteurs
comble initialement leurs besoins respectifs.
Toutefois avec le temps la dépendance réciproque
du leader et de l’adepte les conduits dans une
relation problématique. Le leader désirant
continuellement des preuves de la loyauté et de
la dévotion des membres de son groupe et l’adepte
désirant maintenir la relation accepte
continuellement de prouver leur dévotion. Dans
des cas extrêmes, les adeptes peuvent donc
utiliser la violence de prouver au leader sa
dévotion. Dans certains cas la violence est
utilisée contre les membres ou parfois contre des
ennemies du groupe. Dans ce contexte, le
terrorisme peut être décrit comme une alternative
acceptable par les membres.
L’identité
et la cohésion sociale du groupe peut également
conduire à la commission d’acte de violence voire
d’acte terroriste. Lorsqu’une personne devient
membre d’un groupe, elle se construit une
identité liée à sa participation à la vie de ce
groupe. Cette appartenance lui procure un
sentiment de valeur. Lorsque l’identité des
membres du groupe est mise en doute, lorsque le
projet commun au membre est mis en péril par une
autorité extérieure, certains membres peuvent
recourir à la violence afin de protéger
l’intégrité du groupe. L’acte terrorisme peut
être dans ces cas extrême une solution envisagée
par les membres, particulièrement lorsque le
groupe perçoit la menace externe comme
incontrôlable.
Selon
l’analyse des auteurs, la philosophie groupale
peut également être un élément clé dans
l’acceptation et l’utilisation du terrorisme par
des sectes religieuses. Un groupe qui partage
une philosophie de survie, qui critique toute
personne qui n’est pas membre du groupe, pourra
au terme d’un long processus d’affrontement
utiliser la violence afin de se débarrasser de
l’ennemie.
La vision
manichéenne du monde peut dans certains cas
favoriser l’adoption de comportements de plus en
plus ethnocentrisme voire racisme et violent
envers les non membres. Lorsque les ennemis du
groupe sont défini comme des être inférieurs
l’acte de violence peut alors être perçue comme
sans conséquence puisque l’autre n’a aucune
valeurs.
L’idée
millénarisme peut également être un facteur qui
influence les groupes à recourir au terrorisme.
L’acte d’une extrême violence devient alors le
déclenchement de l’apocalypse, l’acte qui
déclenche la catastrophe finale.
Cet article
se veut un point de départ pour une réflexion sur
les éléments internes aux sectes religieuses qui
influencent le recours à la violence.
Définir la secte
Trois
études portant sur les représentations sociales
de la secte, des religions et des parti ont été
publié au cours de cette année.
Elles
concluent que dans la société française
contemporaine, la définition de secte est
synonyme de groupe problématique qui contrevient
parfois aux droits et libertés de leurs membres.
Elles observent également la comparaison de la
notion de secte et d’église son similaire. Toute
deux étant décrites comme des organisations qui
se reconnaissent détenteur d’une vérité et dont
les membres se réunissent autour d’une figure
d’autorité. La secte contrairement à l’église
exige un haut niveau de conformité aux normes
groupales.
Rouquette, M.-L. (2003).
Éléments pour une théorie minimale des sectes.
Psychologie et société. Logique sociale des
phénomènes sectaires. Vol 3, 2. 9-22.
Cette
recherche traite de la question de la définition
attribuée au terme. Pour l’auteur, il est
réducteur de définir le terme secte uniquement en
spécifiant que ces groupes exploitent leurs
membres. La conceptualisation de la secte comme
la réunion de citoyens abusés et de leader
malveillant laisse sous silence l’aspect
dérangeant de la secte. Elle ne précise pas que
les sectes sont des groupes perçues comme
étranges, des groupes aux croyances décrites
comme inquiétante.
Pour
l’auteur, la définition du terme secte est
parallèle avec la notion de rumeurs. En fait,
les éléments utilisés pour définir ces deux
termes ne permettent pas de comprendre et
identifier les groupes qui sont des sectes ou
qu’est ce qu’une rumeur. Pour l’auteur, le fait
de décrire les composantes d’une secte
(extravagance des croyances, chef charismatique,
dépendance des membres), ne permet pas de
comprendre ce qu’est une secte.
Pour
l’auteur, définir la notion de secte implique
également que compréhension du terme croire. Dans
la perspective de l’auteur, l’action de croire
doit être comprise le fait de s’assurer avec un
groupe d’une intelligence commune du temps, peut
être du monde et s’assurer du partage à moment
fixe d’émotion. Ainsi, croire ne doit pas être
entendu comme l’action d’accepter la vérité
formulée par un leader. Sous cet angle, l’auteur
décrit la secte comme la réunion d’un petit
nombre de membre dans un contexte où le groupe se
forme dans une atmosphère de persécution, de
réaction sociale.
L’auteur
postule que la secte doit être définie sur la
base des formes de sociabilités présentent dans
le groupe, selon les modes de communication du
groupe, ainsi que par les structures de
connaissances particulières au groupe.
Pour
l’auteur, les groupes nommées sectes ont en
communs trois éléments : La persistance, la
présence de missionnaire et commissionnaire et la
section. Voici une brève explication de
celles-ci.
La
persistance: le
problème de la secte s’explique d’abord par le
fait que malgré les tentatives du monde extérieur
les membres du groupe se détachent difficilement
de cette appartenance. Malgré des prophéties non
réalisées, les membres maintiennent leur
engagement. Pour l’auteur, les membres
maintiennent leurs liens avec le groupe parce
qu’ils n’ont pas besoins que les croyances soient
démontrées pour qu’ils croient en elles. La
croyance partagée par les membres du groupe est
un vérité acquise, elle n’est pas étayée par la
raison mais pas l’émotion. Dans ce contexte, les
incohérences n’affectent pas les croyants.
Missionnaire et commissaire
chaque organisation sociale crée des rôles aux
membres que l’auteur qualifie d’outils de
gestions de l’implication des participants. Dans
une secte, il existe deux rôles particuliers, le
missionnaire et le commissaire. Le missionnaire
a pour but de donner des références aux membres,
celles-ci:
-
Permettent aux membres de s’identifier au
groupe et de distinguer les membres des non
membres;
-
Permettent la valorisation de l’enjeu, de
définir ce qui est important de ce qui est
accessoire;
- Permet de
définir les possibilités de l’action des
membres. Le missionnaire a donc pour rôle de
proposer une mission aux membres.
Le
missionnaire amène ainsi le « future membre » à
reconnaître l’importance de l’attention que lui
porte le groupe dans sa vie. Le missionnaire
doit faire en sorte que sont discours soit le
reflet de la réalité que perçoit le future
membre, il doit se reconnaître dans le discours
de l’autre. Pour l’auteur, cette stratégie est à
la base de la démocratie et de l’économie. La
secte utilisent les mêmes stratégies de
propagande que d’autres groupes, elle essaie de
dire ce que les gens pensent, ressentent.
Ainsi une
fois le rôle du missionnaire accomplie et le
membre introduit, le rôle du commissionnaire
commence: l’encadrement du membre. Le
commissionnaire veille donc à assurer
l’orthodoxie du groupe.
La
section: le terme
secte doit inclure dans sa définition la notion
de rejet. La secte par sa création essaie de se
distinguer du reste du monde. La secte est donc
un groupe contestataire. La secte se coupe pour
exister. Elle a besoin d’une opposition pour lui
donner sa consistance relationnelle. Le
missionnaire essaie de maintenir cette opposition
d’amener la confrontation, afin de donner au
commissionnaire la motivation de se sentir
concerner de maintenir l’opposition et ainsi
d’obéir aux règles afin de conserver l’aspect
différent du groupe.
Masse, L., Richardot, S., &
Stewart, I. (2003). Comparaison des
représentations de trois formes de groupement
idéologiques: La secte, la religion et le parti
politique. 3, Psychologie et société. Logique
sociale des phénomènes sectaires. 2.
58-92.
L'objectif
de cet article est de comprendre comment
s'organise et s'articule structurellement la
représentation sociale de la secte
comparativement à deux autres formes de
groupements idéologiques: la religion et le parti
politique.
Afin de
mieux comprendre le concept central de ce texte,
les représentations sociales, voici une courte
définition utilisée. Les auteurs utilisent la
définition de représentation sociale définit par
Moscovici (1961). Une présentation sociale est un
ensemble de données qui permettent d’organiser le
réel. Une représentation sociale peut être
constitué de croyances, d’informations, d’opinion
et d’attitude concernant un sujet spécifique.
Pour les
chercheurs, il est intéressent d’identifier la
représentation sociale de la secte parce que:
- La
représentation de la secte est en cours de
construction, sa définition subit depuis les
dernières décennies des transformations
constantes. Les sectes en tant que phénomène
social n’est pas nouveau, mais pour l’auteur il
est intéressant de d’étudier les acteurs qui
influencent la représentation.
- Parce que
cette notion n’est jamais utilisée par les
groupes eux-mêmes pour ce décrire, mais par les
groupes anti-secte.
Les
chercheurs s’interrogent alors sur les rapports
entre secte, religion et parti politique.
L’auteur pose dans ce sens trois questions
particulières
- Face à
l’ampleur du phénomène sectaire la secte
partage telles davantage de traits avec une
religion ou un parti politique ?
- Quand
dit-on d’une groupe religieux qu’il est une
secte ?
- Les
motifs invoqués pour qualifier un groupe
religieux ou un groupe politique de sectaire
sont-ils identiques ?
Échantillon
Sujets: 393
étudiants en sciences sociales de 1er
et de 2e cycles.
Matériel et procédure
Pour
comprendre l’articulation structurelle de
secte-religion-parti politique, les chercheurs
présentent aux étudiants des caractéristiques qui
peuvent décrire chacun de ces groupes.
Après une
recherche approfondie dans les écrits
scientifiques, des critères descriptifs ont été
sélectionnés. Ces critères concernaient le
recrutement, le financement, l’organisation et la
politique du groupe, les objectifs et les
pratiques, la libertés d’expression et d’action,
les rapports entre les membres du groupe et les
rapports aux autres groupes.
De cette
liste, les étudiants devaient sélectionner les
caractéristiques qui permettaient de décrire
chacun des groupes. Ils devaient de sélectionner,
parmi un ensemble de critères, ceux qui leur
paraissaient les plus pertinents pour définir une
secte versus une religion versus un parti
politique (questionnaire de caractérisation avec
choix par blocs). Ensuite, les étudiants devaient
évaluer chacun des critères selon leurs degrés
d'admissibilité morale.
Résultat
L'analyse
des résultats montre que la secte s'apparente
davantage à la religion qu'au parti politique.
Les sujets
décrivent plus la secte comme un groupe qui porte
atteinte aux droits et libertés des membres que
les religions.
Une religion
et un parti politique sont décrits comme sectaire
lorsqu'ils ont des aspects totalitaires.
Ils
reconnaissent que la mentalité de séparation
entre le "nous" et le "eux" est perçu comme
négative lorsqu’elle décrit une secte ou une
religion, mais positivement lorsqu’elle décrit un
parti politique.
Selon les
catégories sélectionnées pour chacun des 3
groupes, le profil de la secte se conforme
d’avantage au modèle de religion que de parti
politique.
Dans la
secte et la religion, les dirigeants sont décrit
comme possédant les réponses aux es questions
existentielle.
Ils
reconnaissent que le groupe essaient de faire
connaître leur vision du monde et de la
transmettre à de nouveaux membres potentiels.
Tant la secte que la religion, se mobilisent
autour d’une figure centrale. Chacun de ces
mouvements ont besoin de l’argent pour survivre.
Trois traits
opposent toutefois la secte et la religion:
l’exigence de la conformité au groupe est
uniquement utilisé pour définir la secte et la
proposition de l’accomplissement d’une tâche
noble et humaniste est l’apanage des religions.
La secte et
le parti politique n’ont en commun que deux trait
: la mobilisation autour d’une figure centrale et
la mobilisation autour d’une distinction ente le
nous et le eux.
La structure de
représentation de la secte :
La
représentation de la secte se structure autour de
la pratique de rassemblement, des chants, des
rituels qui renforcent les liens entre les
membres. Ensuite les élément qui permettent le
plus de définir une secte son l’autoritarisme et
la manipulation de l’adepte. La secte apparaît
donc comme un groupe clos qui gravis autour d’une
figure centrale qui détient la vérité. La secte
est perçue comme négative puis qu’elle est au
centre de plusieurs polémiques sociales.
La
représentation de la secte est aussi similaire à
des groupes dont le fondement philosophique ou
religieux est incontestable, elle se distingue
toutefois selon les étudiants par le danger
qu’elle représente pour l’intégrité physique et
psychologique des membres.
La secte est
une représentation en cours de définition
puisqu’elle apparaît moins bien structurer que la
religion ou le parti politique. Les réponses des
étudiants varient plus lorsqu’ils décrivent la
secte que lorsqu’il décrivent la religion ou le
parti politique.
De Piccoli, N., Beggio, V., &
Tartaglia, S. (2003). Nouveaux mouvements
religieux et groupes politiques: L'abstraction
linguistique dans la présentation de l'in-group
et du contexte. Psychologie et société. Logique
sociale des phénomènes sectaires.3, 2.
93-115.
Dans cet
article, l’auteur compare l'auto présentation sur
Internet de sectes et de partis politiques.
Partant des
travaux sur les représentations sociales de Farr
et Moscovici (1984), les auteurs reconnaissent
que les idéologies propre à un groupe ainsi que
leur représentations sociales constituent des
discours qui ont pour fonction cognitive de
construire et structurer la reproduction de la
réalité. Les représentations sociales permettent
de figurer le monde, de communiquer,
d’interprétation et d’orienter les comportement
des membres d’un même groupe. Elles permettent de
fonder un ordre social et de créer un sentiment
de cohésion entre les membres.
Le but de
cet article est donc d’analyser le discours de
groupe politique et de sectes afin de saisir leur
démarche de présentation et de propagation de
leur système de valeur. Les chercheurs formulent
trois questions de recherche:
- Quelle
est l’image interne que les groupes veulent
présenter lorsqu’ils s’adressent à un large
publique;
- Quelle
est le rôle de la comparaison intergroupe dans
les textes d’autoreprésentation?
- Quelles
sont les différences d’attribution et
d’inférence dans le discours des sectes lorsque
celui-ci réfère à un acteur extérieur?
Méthodologie
Huit partis
politiques (2 de gauche, 2 de centre gauche, 2 de
centre-droite, 2 de droite) et huit nouveaux
mouvements religieux qui ne font pas l’objet de
controverses et dont les documents du groupe sont
disponible sur internet composent l’échantillon
des chercheurs.
Le
Linguistic Category Model (Semin et Fiedler,
1988, Semin 1995) est utilisé afin d’analyser les
données recueillis.
Résultats
Les partis
politiques construisent des discours abstraits en
utilisant plus d’adjectif ainsi qu’en mettant
l’accent sur les caractéristiques
disproportionnelles. Les sectes ont un niveau
d’abstraction inférieure avec une plus grande
présence de verbe d’état dans leurs textes de
présentation.
Lorsqu’ils
présentent leurs valeurs les sectes utilisent des
catégories linguistiques concrète tandis que les
partis politiques utilisent plus des termes
abstraits.
Les partis
politiques se comparent à leurs adversaires. La
description de l’adversaire occupe une place
importante dans leurs discours.
La secte se
préoccupe peut de définir les autres groupes
sectaire dans leur documentation, elles décrivent
toutefois les valeurs et la philosophie du groupe
sous plusieurs angles.
Il apparaît
que les sectes accentuent le caractère concret de
leurs principes fondateurs et valorisent leur
histoire, tandis que les groupes politiques
soulignent surtout la qualité de leurs principes,
en comptant sur la présentation de leur histoire
pour montrer le caractère concret de leur action.
Bien que
plusieurs chercheurs notent l’importance dans les
sectes de la distinction entre eux et nous, les
textes disponibles sur l’interprète ne le
reflètent pas cette perspective.
Les sectes
ne décrivent pas dans leurs documents de
présentation la séparation entre le groupe et le
reste du monde. Les textes ne mettent pas
l’accent sur les différences avec l’extérieure.
Pour l’auteur, l’objectif de la secte est de
séduire le lecteur, ainsi afin d’éviter de
choquer le lecteur, elles s’abstiennent de
marquer une coupure radicale avec le monde
sociale.
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