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AFF E-Newsletter

Vol. 3, No. 2

September 2004

 

Recension des Ecrits Portant sur le Phénomène Sectaire et Thèmes Connexe au Cours de l’Année 2003

Marie-Andrée Pelland

 

Au cours de l’année 2003, 25 documents publiés traitent de questions liées au phénomène sectaire. Ces documents prennent la forme de neuf livres, neuf articles, quatre chapitres de livre et trois mémoires de maîtrise. Afin de faciliter la comparaison des documents, les écrits sont classés de façon thématique. Cinq thèmes sont abordés :

  1. Information de base sur le phénomène;
  2. Analyse du fonctionnement de sectes;
  3. Secte et victimisation;
  4. Groupes religieux et comportements violents;
  5. La représentation sociale de la notion de secte. 

Pour chacune des thèmes, une critique générale des articles est présentée. Celle-ci est suivie d’un résumé de chacun des textes.

Livres et Articles Informatifs

Deux livres recensés traitent des intérêts pour le fantastique et le paranormal des adolescents. Ces livres présentent une foule d’information descriptive sur des sujets aussi variés que la spiritualité, les sectes, le satanisme et plus encore.

Influencés par le contexte social dans lequel ces livres ont été rédigés, les auteurs transmettent deux messages différents sur l'influence du paranormal dans la vie des adolescents.

Publié en France, le livre de Biton (2003) se veut un outil d'information pour parents d'adolescents. Abordant des thèmes tels que la manipulation mentale et les effets de l’affiliation à une secte, ce livre veut conscientiser les parents aux dangers que représentent les sectes pour leurs enfants.  L'auteure décrit dans son ouvrage les processus de recrutement utilisés par les sectes; elle définit également le processus de manipulation mentale.  Le regard que porte l'auteur sur le danger que représentent les sectes correspond à la préoccupation de la société française sur ce sujet. En France, les sectes sont définies par plusieurs comme un problème social d'importance. Il faut noter que le phénomène sectaire est souvent abordé par les médias et les instances politiques. Une loi (loi About-Picard, 2001) a également été votée afin de renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales. Dans ce contexte, le livre vulgarise le fonctionnement des groupes afin d'aider les parents à reconnaître rapidement chez leur adolescent la conversion à une secte.

Le livre de Coulombe (2003) a été publié au Québec.  Dans cette société, le phénomène sectaire n’est pas défini comme un problème social d’importance. L’auteur ne définit donc pas dans son livre l’intérêt pour le fantastique comme un problème ou encore comme le signe de l'initiation à une secte.  Le but de l’auteur est d’expliquer les raisons pour lesquelles l'adolescent ressent un certain attrait pour le paranormal, pour le fantastique, le satanisme et le gothique. L’auteur conclut que le goût du risque et le besoin d’évasion motivent souvent les adolescents à s’intéresser à des groupes ou une culture fantastique.

Quatre livres à caractère informatif traitent de la question des sectes et de leur fonctionnement. Ces textes ont tous été rédigés par des employés ou des militants de centres d’information sur les sectes comme Info-Secte ou par des membres de groupes de luttes contre les sectes (UNADFI, MILS).

Trois des quatre livres (Vivian, 2003, Filliaire, 2003, Filliaire & Tavernier, 2003) publiés rapportent le savoir d’expérience de leurs auteurs dans leur lutte contre les sectes en France. Bien que leur expérience soit pertinente et qu’elles identifient, plusieurs problèmes liés au fonctionnement sectaire, l’absence de références scientifiques donne l’impression au lecteur que les sectes sont toutes des groupes homogènes. Cette généralisation permet au lecteur de conclure que les sectes sont des groupes dangereux. Ces livres ne laissent aucune place pour le doute, le questionnement, l’étude de chacun des groupes et de leurs effets.  L’on reproche souvent aux gourous d'affirmer connaître et transmettre la vraie vérité.  Il faudrait alors dans des écrits informatifs sur le phénomène sectaire présenter de l'information diversifiée afin que le lecteur trouve ses propres réponses et non pas uniquement l’amener inévitablement à conclure que toutes les sectes sont dangereuses.

Biton, Dominique (2003).  Sectes et Gourous, etc.  Albin Michel

Ce livre peut être décrit comme un outil d’information de base sur le phénomène sectaire et le fonctionnement des groupes.  L'auteur fait ressortir les éléments des sectes qui peuvent séduire les adolescents et les inciter à se joindre à un tel groupe.

L’auteur reconnaît que la période de l’adolescence est une étape complexe de la vie des adolescents.  Les jeunes désirent au cours de cette période être plus indépendants.  Ils recherchent un idéal.  Ils se questionnent sur le sens de la vie, sur le sort de l’univers.  Ces questions peuvent influencer l’adolescent à joindre une secte ou un groupe néfaste.

L’auteur se demande également pourquoi certains jeunes sont parfois intéressés par les sectes. Elle conclut que parce que certaines sectes se décrivent et se présentent à l’aide de terme ou d’activités qui plaisent aux adolescents, les sectes peuvent devenir un lieu d’appartenance pour les jeunes.  Certains groupes ajustent même leurs modes de recrutement afin de séduire les adolescents. Le groupe sectaire peut inclure dans leurs discours et leurs pratiques des activités ou des croyances valorisées par les adolescents: par exemple la sorcellerie, les sports extrêmes, l’informatique ou la musique.

L’auteur conseille aux parents d’entretenir un lien significatif avec leurs enfants, afin d’observer les changements de comportement qui peuvent être synonymes de l’engagement sectaire. L’observation chez l’adolescent d’un changement brusque dans l’alimentation, des changements soudains dans leurs activités quotidiennes, dans leur façon de voir le monde ou encore dans leur cercle d’amis peut parfois être le signe de l’intégration dans un groupe sectaire. Pour l’auteur, un moyen efficace de prévenir l’adhérence à une secte est de favoriser le développement d’une pensée critique et de l’autonomie chez l’enfant.  Dans un contexte où l’adolescent est confronté à des groupes qui lui présentent "la vérité," il sera outillé initialement à se faire une opinion critique.

Columbe, D. (1993).  Le fantastique religieux et l'adolescence: paranormal, magie satanisme, gothique. Montréal: Fides.

Ce livre traite de la question de l’attrait du fantastique par les adolescents. Il aborde la question du paranormal, de la magie, du satanisme et du gothisme. Ce livre descriptif se propose de démystifier les différentes formes de fantastiques religieux aux parents. L’auteur présente différentes définitions, donne des explications, émet des hypothèses sur le fantastique et le paranormal. Il présente également un portrait de la situation religieuse au Québec, de la situation du fantastique, la violence, le paranormal, les jeux, le symbolisme et la magie, pour finalement en arriver au satanisme.

Pour l’auteur, il est important de reconnaître que tout comme leurs parents, les jeunes sont en quête de sens et de spiritualité. Le fantastique répond pour un temps à leur quête, à leur recherche de sens. Il permet de répondre à leurs questions sur la vie. Il stimule leur imaginaire et le goût du sacré. Le fantastique et le paranormal suscitent l'intérêt principalement les adolescents pour les sensations fortes qu’elle stimule. Le contact avec le fantastique permet l’évasion du quotidien et de la réalité.

L’auteur démontre également avec plusieurs études scientifiques, l’inexistence d’une corrélation entre comportements violents et l’attrait pour le fantastique. Il précise également que l’attrait pour le paranormal ne signifie pas que les adolescents soient plus crédules que les adultes.

Une comparaison entre les adolescents du monde démontre que les jeunes Canadiens croient plus aux phénomènes paranormaux que les adolescents américains ou français.  Il avance quelques hypothèses pour expliquer ce phénomène :

  1. Le contenu des bibliothèques scolaires canadiennes est composé de plus de livres paranormaux que scientifiques;
  2. Les médias présentent souvent ce genre d’événements sensationnels;
  3. Le temps réduit consacré à l’école au développement de l’esprit critique et rationnel face aux phénomènes paranormaux est de plus en plus réduit.

Kropveld, M., & Pelland, M-A. (2003). Le phénomène des sectes : L’étude du fonctionnement des groupes. Montréal: Info-Secte, 161 pp.

Ce texte a pour but de présenter les "sectes," souvent perçues comme étant en marge de la société, comme des groupes qui sont présents dans notre vie quotidienne. Dans ce contexte, comprendre leur fonctionnement et parfois la violence qui émerge dans certains de ceux-ci appelle l’acquisition de connaissances sur le fonctionnement des groupes en général.  Ainsi à travers les cinq chapitres et les six annexes, le lecteur peut s’informer sur la place des groupes dans une société démocratique; sur le fonctionnement interne et externe des groupes ainsi que sur les problèmes interactionnels qui peuvent s’y former. Le lecteur peut également comprendre à travers trois exemples de fonctionnement de groupe les problèmes et la violence qui émergent. Le texte a pour objectif de susciter des discussions et des débats sur le phénomène.

Dans un premier chapitre, un portrait historique de l’organisme Info-Secte, de sa création à aujourd’hui est présenté. Ce texte retrace simultanément la compréhension acquise par l’organisme du phénomène sectaire, les services offerts, la clientèle ainsi que les relations entretenues entre les représentants d’Info-Secte et d’autres organisations et groupes nationaux et internationaux. Au cours de ses vingt-quatre premières années d’existence, Info-Secte a connu de nombreux changements. Créer initialement sous le nom de Projet Culte en 1980. L’organisme a pour mission d’informer les étudiants de l’université McGill et le public sur les sectes. Elle change de nom en 1990 et devient Info-Secte.  Au fil des ans, la compréhension du phénomène sectaire s’est modifiée. Utilisant initialement les termes secte et sectes destructeurs pour décrire le sujet de leur préoccupation, Info-Secte reconnaît aujourd’hui que l’utilisation de ce terme peut conduire erronément à identifier des groupes comme dangereux alors qu’ils ne le seraient pas. Info-Secte essaie donc mieux comprendre le fonctionnement interne et externe des groupes, plutôt que les reconnaître ou non comme des sectes.

Le second chapitre présente un résumé de la Charte québécoise des droits et libertés et explique le rôle de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. Il permet de comprendre que malgré la protection de la liberté de religion et du droit d’association, les membres de groupes doivent également respecter les lois. Chaque individu, qu’elle soit ou non membre d’un groupe doit respecter les valeurs démocratiques, l’ordre public et le bien-être général.

Le troisième chapitre est consacré à la compréhension du fonctionnement des groupes. Ce chapitre essaie de comprendre pourquoi les groupes sont parfois des lieux de participation sociale, de réconfort, d’échanges, mais également des lieux d’exclusion et de brutalité psychologique. Ce chapitre se veut une introduction aux connaissances générales sur le fonctionnement des groupes et ses effets sur l’expérience individuelle des membres. Les auteurs définissent les normes et s’interrogent sur l’influence du conformiste ou de la défiance de celles-ci.  Une section traite du rôle des membres dans un groupe. Ils abordent également les relations entre les membres et le leader et leurs impacts sur le comportement de chacun. La question du fonctionnement externe est également traitée. Elle aborde la question des relations entre les groupes, de la naissance de conflits et de la discrimination intergroupe.

Le quatrième chapitre présente des exemples de fonctionnements groupaux: celui du groupe de Roch "Moïse" Thériault, celui de l’Ordre du Temple Solaire (OTS) ainsi que celui d’Heaven's Gate (Porte du Paradis). Ces portraits tracent le parcours du groupe, de sa création aux événements violents qui ont conduit à l’agression physique ou à la mort de certains membres. Le cinquième chapitre porte sur les questions les plus fréquemment posées aux représentants d’Info-Secte ainsi que sur les réponses données.

Finalement, six annexes complètent le texte. Ces annexes traitent de questions fréquemment utilisées dans l’étude du phénomène sectaire et du fonctionnement des groupes. Les annexes abordent la question des manipulations mentales et des processus d’influence. Elle présente une liste de définition du terme secte et nouveaux mouvements religieux. Elle présente les phases théoriques de développement d’un groupe ainsi que le processus de socialisation. La dernière annexe présente une analyse de différentes réactions gouvernementales au phénomène sectaire.

Vivian, A. (2003). Les sectes. Éditions Odile Jacob, 2003

Dans son livre, Alain Vivian, cet ancien directeur de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), expose différents problèmes liés aux sectes et observés en France.

Ce texte peut être décrit comme un ouvrage intéressant afin de comprendre l’état de la question sectaire en France. Nous pouvons toutefois mettre un bémol sur l’analyse que fait l’auteur des réactions gouvernementales face aux sectes.  Il analyse les réactions gouvernementales de différents pays à l’aide de son propre cadre de référence, sans toutefois s’interroger sur les motivations, les actions qui ont conduit certains gouvernements à adopter une stratégie particulière.

Voici un résumé des différents thèmes présentés.

Il aborde  la difficulté de définition juridique du terme secte.  Pour cet auteur, il existe plusieurs définitions du terme secte. Pour Vivian, certaines définitions sociologiques définissent les mouvements sectaires uniquement comme des formes de religiosités nouvelles. Pour l’auteur, les définitions sociologiques ne permettent pas de comprendre l'influence des sectes sur l’intégrité physique et psychologique de leurs membres.

L’auteur souligne également le refus des représentants religieux français de définir comparativement la notion de secte et d‘église.  L’observatoire du comportement sectaire précise toutefois quelques différences entre ces deux groupes: 

Secte

Église

L’entrée dans une secte est facile

L’entrer dans l’Église est plus complexe, elle n'est possible qu'à la suite d'une longue probation.

la sortie de la secte est difficile

la sortie de l'église est difficile

Le gourou détient la vérité

Étude des textes sacrée, leurs discussions approfondies permettent une meilleure compréhension qui ne se traduit pas en vérité absolue

La secte a réponse à toutes les questions

La foi religieuse cherche les réponses

 

Jean-Pierre Morin propose la notion de viol psychique ainsi que l’idée de créer un délit de viol psychique.  Cette notion initialement intéressante est rejetée parce que le délit de viol psychique est difficilement identifiable. Il serait difficile de définir cette infraction. En fait, l’auteur reconnaît qu’il est difficile d’identifier un seuil nocif de prosélytisme menant au viol psychique.  Devant les difficultés de définition d’un tel délit, cette expression a été abandonnée.

L’auteur se demande alors si le sectarisme est insaisissable.  L’auteur ne le croit pas.  Pour lui, le nombre important de grilles d’analyse du comportement sectaire permet de reconnaître l’existence du sectarisme.  Il présente les caractéristiques d'une secte telles que présentées par la commission parlementaire sur la question des sectes de 1999, les analyses de Trouslard, de Monroy et de Anne Fournier. Ces deniers reconnaissent globalement qu’une secte peut être définie par la présence d’un gourou autoritaire et autocratique, par la présence d’une philosophie exclusiviste et intolérante, par la présence d’une vision totalitaire du monde ainsi qu’un détachement du membre avec ses proches.

Il retient toutefois la définition de la Mission interministérielle de luttes contre les sectes de (1998) comme la définition la plus complète du terme secte :

La secte est un groupement ou une association de structure totalitaire déclarant ou non des objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux droits de l’Homme t à l’équilibre social. 

Dans un autre chapitre, l’auteur aborde la question de typologie des sectes. S’interrogeant d’abord  sur l’idée de dénombrer le nombre de sectes sur le territoire français, il reconnaît que cette idée n’a qu’une utilité restreinte, puisqu’il n’existe aucun lien proportionnel entre le nombre de sectes et la nuisance sociale causée par ces groupes. 

L’auteur relate alors les tentatives de certains auteurs de classifier les sectes par certaines de leur spécialisation, par exemple sur la base de leurs techniques de recrutement.

Il précise alors l’effort de classification des sectes selon leur doctrine. Par exemple l’effort pour distinguer les sectes d'orientation nouvel âge, néopaïenne, les mouvements sataniques… Pour l’auteur, cette stratégie ne peut être efficace puisqu’un même groupe peut présenter différentes orientations doctrinales. 

L’auteur conclu alors qu’une typologie des sectes basée sur leurs stratégies de regroupement ou sur leur philosophie ne permet pas de comprendre le caractère nocif de ces groupes. Il propose alors dans le chapitre suivant de reconnaître les comportements condamnables commis le plus fréquemment par les sectes.

Il analyse alors l’ensemble des infractions commises par les sectes sur le territoire français entre 1990 et 2000.   Voici les conclusions de cette analyse:

  1. Les infractions contre les mineurs:

§         Les mineurs sont les premières victimes des sectes.  161 affaires sur 490 portaient sur des crimes commis contre des enfants et des adolescents. Les agressions sexuelles, le viol et l’attentat à la pudeur sont les infractions contre les mineurs les plus fréquemment rapportées devant les tribunaux. 

§         Les mineurs sont également victimes de privations de soins, de privations alimentaires, d’abandon.

§         Le défaut de scolarisation des enfants constitue une autre offense dont sont victimes les mineurs membres des sectes.

  1. Les infractions économiques

§         Les escroqueries sont également au nombre des infractions commises par les sectes et portées à l’attention de la justice.

  1. Les attentats contre la personne

§         L’irrespect de la loi informatique, la constitution illégale de fichier, l’usurpation d’identité, le chantage, le racket;

§         Assassinat, homicide involontaire, violence avec armes;

§         L’atteinte à la santé des membres par l’exercice illégal de la médecine.

Dans le chapitre suivant, l’auteur décrit quelques méthodes utilisées par les sectes afin de se servir de la justice afin d’atteindre leurs objectifs. 

Il mentionne par exemple la stratégie de certaines sectes transnationales de prolonger un procès afin de créer une polémique, d’obtenir de la publicité et de se faire connaître du grand public.  Les sectes peuvent également discréditer les acteurs de la justice, avocat, juges …  Lors du procès, ils peuvent demander à leurs partisans de composer la salle au procès afin d’influencer le jury.

Les groupes sectaires essaient également de s’engager dans différentes institutions afin d’obtenir un certain pouvoir.  Ils utilisent également le lobbying afin d’influencer les décisions des instantes gouvernementales.

L’auteur analyse la tendance des sectes de se réfugier en Amérique.  Dans son chapitre l’auteur comprend que par leur histoire les États-Unis réagissent favorablement aux minorités religieuses. Toutefois, il reproche aux politiciens américains la protection qu’ils offrent à certains groupes sectaires transnationaux. En fait, l’auteur reconnaît que le pouvoir politique américain a été amené par des lobbies de certaines sectes à enquêter sur l’état du respect des libertés religieuses dans le monde.  En 1999, des fonctionnaires d’état américain parcourraient le monde afin d’analyser le respect des libertés dans le monde.  Selon Vivian, le rapport sur la base des témoignages des représentants de sectes formula des allégations infondées contre la France.

L’auteur note également les relations étroites que l’ancien président Clinton avait avec l’Église de scientologie ainsi que le président Bush avec des groupes fondamentalistes protestants.

L’auteur fait également le point sur les réactions face aux sectes en Europe et dans le monde. Après avoir fait le bilan des actions ou de l’inaction gouvernementale, en Belgique, en France, en Angleterre, au sein de la communauté européenne.  Il conclut qu’outre les efforts de la France pour modifier les lois afin qu’elles permettent de protéger les membres de sectes contre des gourous manipulateurs, les gouvernements sont généralement négligents face aux sectes.  Il note le laxisme juridique de plusieurs gouvernements, la dérobade des religions face aux courants intégristes ainsi que les dissertations stériles des chercheurs en sciences humaines.

Fillaire, Bernard, & Tavernier, Janine. (2003). Les sectes. Paris: Le Cavalier Bleu, 123 pp.

Paru dans la collection "Idées reçues," l'ouvrage développe une série de points de vue sur les sectes. Le livre est divisé en court chapitre, une idée reçue sur les sectes est présentée dans chacun d'eux. L’information contenue dans ce livre est appuyée par plusieurs exemples de l’histoire de.  sectes. Les auteurs ont peu recours aux écrits scientifiques afin de démontrer leur point de vue.  Les auteurs se basent plutôt sur leur connaissance pratique du phénomène sectaire. Dans ce court livre, les auteurs abordent spécifiquement les idées reçues concernant la question des sectes destructrices.  Voici un résumé des différentes idées reçues présentées.

Le livre débute rapidement avec une définition critique du terme secte.  Pour ces auteurs, le sens du terme secte est piégé. Utilisé tant sur un plan sociologique ou psychologique, ce terme n’a aucune valeur juridique.  Les auteurs espèrent qu’un travail sera fait dans ce sens, afin de distinguer entre dissidences religieuses et sectes destructrices. Pour eux, peu de recherches permettent de distinguer les groupes aux idées "délirantes" qui respectent les droits fondamentaux des croyants des groupes sectaires destructeurs.

Idée reçue 1: Une religion est une secte qui a réussi

Pour ces auteurs, les sectes destructrices ne sont pas des religions, mais plusieurs d’entre elles utilisent des symboles religieux afin de faciliter leur intégration ainsi que leur acceptation sociale.  Les sectes destructrices utilisent par exemple certains signes, certaines croyances, de religions connues afin de séduire le futur adepte.  Ces derniers se sentent donc initialement familiers avec le groupe et ses croyances, puisque le groupe utilise des symboles qu’ils connaissent.

Pour les auteurs, l’utilisation de symboles religieux est également un atout dans les situations où une secte destructrice connaît des démêlés avec la justice. Elle peut ainsi se présenter comme une victime de l’intolérance religieuse. L’avantage d’utiliser une étiquette de religion est également moral: elle donne une honorabilité et une respectabilité qui accrochent les gens en recherche de transcendance.

Idée reçue 2: Les sectes ne touchent que les pays riches

Dans la vie quotidienne, l’étiquette de secte est rapidement apposée aux groupes qualifiés de bizarres, d'étranges. Pour ses auteurs, il est important de faire preuve de prudence, il ne faut pas devenir paranoïaque et croire que les sectes se retrouvent partout dans la société.

Par exemple, bien que les sectes peuvent utiliser les médecines alternatives comme voie de croyances, ceci ne signifie pas que l'ensemble de ces médecins soit des gourous en puissance.

Afin d’aider le lecteur, les auteurs citent 13 familles de sectes, telles que décrites dans le rapport sur les Sectes et l’argent publié par l’Assemblée nationale française en 1999.

  1. Les sectes alternatives: elles proposent une organisation parallèle de notre société et de nos rapports humains
  2. Les sectes apocalyptiques
  3. Les guérisseuses
  4. Les néo païennes
  5. Le nouvel âge
  6. Les orientalistes des déviances du bouddhisme
  7. Les pseudo-catholiques et les pseudo-protestantes
  8. Les pseudo-psychanalitiques
  9. Les sataniques et les lucifériennes
  10. Les syncrétismes
  11. Les ufologistes ou les soucoupistes

Idée reçue 3: Les sectes sont communautaires

Dans ce chapitre, les auteurs abordent la question du mode de vie privilégié par les sectes.  Est-ce que les sectes vivent en communauté fermée?

Se basant sur l’exemple de différents groupes (Témoin de Jéhovah, la scientologie, la secte de Moon, le Mandaron), les auteurs concluent que les sectes ont compris qu’afin de recruter de nouveaux membres, d’augmenter leurs profits et d’accéder au pouvoir, elles devaient s’intégrer dans leur milieu. Elles devaient acquérir un statut social. Alors même si les sectes forment des communautés, elles ne sont souvent pas complètement fermées au monde extérieur.

Idée reçue 4: Les gourous sont des fous?

Le mot gourou vient du terme sanskrit GURU qui signifie vénérable maître spirituel ou religieux. Un maître qui n’exige de ses adeptes aucun signe de soumission. Le gourou enseigne et espère le mieux pour ses élèves. Il n’est pas en quête de miracle, il aide ses élèves à s’accepter. Pour les auteurs, les gourous de sectes contemporaines sont loin de correspondre à cette image. Ils sont plutôt craints, aimés, adulés et admirés. Ils sont décrits comme des sauveurs qui sont investis d’une mission divine.

Le gourou n’est pas décrit comme fou, mais comme un être paranoïaque. Il présente également un délire d’identification à Dieu, il se prend pour Dieu. Il désire dominer, il s’invente ainsi des pouvoirs supra normaux.  Il développe parfois un complexe de persécution, voyant toute personne extérieure à la secte comme un danger potentiel. Certains ont des problèmes sexuels.  Les auteurs reconnaissent finalement que le gourou n’existe pas sans la présence d'adeptes et les adeptes n'existent pas sans un leader.  Il existe une relation entre le leader et l’adepte qui permet à ses deux protagonistes de sentir grandir, de se sentir importants.

Idée reçue 5: Pour entrer dans une secte, il faut être faible d’esprit

Pour les auteurs, plusieurs croient faussement qu’on "entre dans une secte."  Pour eux, aucun individu ne choisit de devenir membre d’une secte. Tout se fait progressivement. Initialement, une personne entre dans un groupe qui correspond à ses idéaux, qui répond à certains de ses besoins, qui lui propose un changement.  Après le départ de la secte,  l’expérience initialement positive devient aliénante pour l'ex-membre. L’ancien adepte reconnaît alors avoir été membre d’une secte.

Les personnes qui sont manipulées par un groupe sectaire ne sont pas faibles d’esprit.  Pour l’auteur, par exemple les personnes qui ont un baccalauréat sont plus à risque de devenir membre d’une secte, parce qu’ils sont souvent à la recherche d’un idéal. Pour les auteurs, les sectes ciblent plus souvent les êtres en détresses pour devenir membre

Idée reçue 6: Les adeptes sont plus épanouis dans la secte qu'auparavant

L’idée traitée dans cette section porte sur l’effet initial que peut avoir la secte sur le membre.  Dans les premiers moments, l’adepte peut ressentir une paix, un calme intérieur et un grand bonheur, après son initiation.  Le sentiment de calme que ressent l’adepte peut s’expliquer par les réponses que lui apporte le groupe. L’adepte rencontre un groupe, un gourou qui lui donne accès à une nouvelle façon de comprendre sa réalité. Les réponses que donne le groupe peuvent alors ressentir un calme qu’il n’éprouvait pas avant son entrée dans le groupe.  Pour ces auteurs, la radieuse insensibilité des adeptes peut devenir problématique et mener à l’acceptation de maltraitance afin d’atteindre l’idéal.

Idée reçue 7: les adeptes sont des victimes

Pour les auteurs, les adeptes sont victimes de manipulation mentale. Dans ce contexte, le membre peut accepter de commettre des actes criminels. Alors qu'il n'était pas criminel auparavant, les techniques d'influences transforment ses convictions.  Des comportements considérés, comme répréhensible avant l'entrée dans le groupe sont maintenant décrits par l'adepte comme acceptables.

Idée reçue 8: Les sectes encouragent le suicide

La secte offre le choix à l’adepte de suivre ou mourir ou même parfois de suivre et mourir.  En fait, le groupe commet généralement l’assassinat moral des membres.  Pour l’individu, l’ensemble des sectes destructrices sont décrites comme dangereuse, certaine conduisant même leur membre vers un suicide collectif.

Idée reçue 9: Les enfants sont les plus maltraités

Les sectes instruisent les enfants en leur transmettant une pensée dichotomique: le bien est dans la secte et le mal à l’extérieur.

L’intégrité psychologique des enfants est souvent mise en péril dans ces groupes.  Ainsi, l’enfant se retrouve isolé, sans lien possible avec leurs parents. Éduqué par une tierce personne, le leader devient souvent le père des enfants du groupe.  Le droit à l’intégrité physique des enfants est souvent bafoué dans les sectes, ainsi ils n’ont souvent pas accès à des soins médicaux adéquats, ils sont soumis à un régime alimentaire pauvre. Parfois, le châtiment corporel peut être utilisé comme mode de sanction.

Idée reçue 10: un ancien adepte ne retrouve jamais une vie normale

Après leur sortie du groupe, les anciens membres vivent de nombreuses difficultés.  Ils doivent faire face à la honte qu’ils ressentent d’avoir intégré une secte.  Ils doivent réapprendre à se faire confiance.  L’ancien adepte sort physiquement de la secte, mais mentalement la philosophie du groupe influence encore sa vie.  La culpabilité, l’anxiété, la peur de représailles sont quelques-uns des sentiments éprouvés par les adeptes à leur sortie.

Idée reçue 11: les sectes se servent des textes religieux pour créer leur doctrine.

Pour les auteurs, les doctrines créées par les sectes sont des produits de consommation qui ont pour but premier de séduire l’adepte.

Les doctrines incluent souvent la notion de cataclysme ou de catastrophe.  Cette notion permet d’introduire l’idée que seuls les membres du groupe survivront à l’apocalypse.

Parfois, les sectes peuvent utiliser des textes sacrés.  Par une lecture fondamentaliste de ces derniers, elle peut manipuler l’adepte à faire certains choix ou à adopter certains comportements.

Idée reçue 12: les sectes parlent d’amour

L’amour est utilisé comme un outil de manipulation dans les sectes. Pour les auteurs, la notion d’amour prend un autre sens dans les sectes: l’amour doit être exclusif au gourou. L’amour physique est parfois partagé avec le leader voire avec les autres membres du groupe.  Au nom de l’amour, les membres acceptent parfois même que les enfants soient violés.

Idée reçue 13: les sectes répondent aux grandes questions de la société

Pour les auteurs, les sectes possèdent une réponse à toutes les questions.  Elles développent des explications à toutes les questions, peu importe qu’elles portent sur la criminalité, la citoyenneté, le racisme, la drogue, la corruption, la guerre, le travail ou la famille, les sectes possèdent les "vraies" réponses.

Idée reçue 14: les sectes sont apolitiques

Pour les auteurs, les sectes se décrivent souvent comme apolitique, sans sympathie pour un parti politique ou un autre. Pourtant nombreuses sont celles qui ont le projet de former des gouvernements mondiaux. Prônant la théocratie, certaines sectes aspirent à diriger le monde

Idée reçue 15: but premier des sectes: l’argent

Pour les auteurs, quelques-unes des sectes aux ramifications internationales vivant sur le territoire français n’ont qu’un désir, celui de devenir une puissance économique. Le pouvoir financier des sectes est toutefois acquis au coût de diverses infractions au code du travail ou au code de la sécurité sociale.  Les sectes ne sont pourtant pas des organisations mafieuses. L’argent amassé vise à promouvoir l’idéologie du groupe, la démarche spirituelle des membres.

Idée reçue 16: Les lois sont impuissantes contre les sectes

Cette proposition est fausse selon les auteurs, puisque le pouvoir public français dispose de lois pour réprimer les actions frauduleuses des membres:

  1. Article 313-4: qui sanctionne l’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de situation de faiblesses des mineurs;
  2. Article 225-13: le fait d’obtenir les services gratuits d’une personne en abusant de sa vulnérabilité ou de sa situation de dépendance;
  3. Article 225-14: le fait d’obtenir la soumission d’une personne en abusant de sa vulnérabilité ou de sa situation de dépendance.

Tavernier, Janine. (2003). 20 ans de lutte contre les sectes. Paris: Éditions Michel Lafond, 238 pp.

Ce livre informatif est l’œuvre d’une militante de l’UNADFI.  Après vingt ans de lutte contre les sectes, Janine Tavernier trace un portrait des caractéristiques souvent présentes dans un groupe sectaire. Elle nous transmet son savoir d’expérience auprès des anciens membres, en se basant sur de nombreux exemples. Voici donc un résumé des principales conclusions de l’auteure..

Pour l’auteur, la structure hiérarchique de la secte est rassurante pour les nouveaux membres qui ont perdu leurs repères. Dans le but d’accéder à une position valorisante et importante dans la hiérarchie du groupe, l’adepte se soumet au leader.  L’adepte comprend que la moindre déviance aura pour effet de compromettre son cheminement dans le groupe.

L’auteur décrit le gourou comme un illusionniste, une personne qui n’hésite pas à utiliser différentes techniques afin de manipuler les adeptes. Elle relève dans ce sens l’utilisation d’hologrammes par Jo di Mambro, afin de convaincre les membres de l’Ordre du Temple Solaire qu’il communiquait avec les Êtres supérieurs.

Les sectes se définissent souvent comme des victimes de persécution sociale.  Parfois, certains groupes croient même être surveillés par de nombreuses instances internationales. Lorsque les membres de la secte se reconnaissent au cœur d’un complot ou d’une enquête, ils se sentent valorisés par ces événements.  Ainsi, ils se définissent comme membre d’un groupe important dans l’échiquier mondial. 

Pour l’auteur, les sectes utilisent le religieux afin de séduire leurs membres. Il présente aux futurs membres une nouvelle vision du monde à l’aide de références connues. Le futur membre se sent alors rassuré par les éléments familiers et stimulé par les éléments nouveaux.

Pour l’auteur, une secte doit nécessairement être définie comme un groupe dangereux.  Certaines sectes portent atteinte à l’intégrité physique de leurs membres en promettant la santé. Sous le statut de guérisseur, elles endoctrinent des membres désespérés à trouver une solution à leur problème de santé, peu importe la maladie, les leaders de sectes ont la solution.  Dans ces groupes, les membres doivent parfois se soumettre à un régime alimentaire restrictif.  La secte affaiblit donc le corps afin de domestiquer l’esprit.

Les sectes développent souvent leur propre langage, elle transmet aux membres un code de connaissances qui a pour effet de créer une rupture avec la société existante.

La secte se présente toujours de manière à séduire le membre potentiel.  Le groupe essaie dès le début de l’engagement de la personne dans le groupe de l’endoctriner et de la dominer.

Dans le discours du leader, l’argent est décrit comme un moyen de prouver l’amour des adeptes envers le leader. L’argent est une ressource nécessaire à la survie du groupe, il permet de poursuivre la transmission du message.

Pour l’auteure, les enfants sont des membres importants des sectes.  Ils sont faciles à manipuler, ils sont silencieux et ils assurent la pérennité du groupe.  L’éducation des enfants dans le groupe est souvent enracinée dans des pratiques nocives pour l’intégrité physique, intellectuelle et psychologique des enfants. Par exemple, la séparation systémique de l’enfant et de ses parents, l’éducation sexuelle imposée, le refus d’intervention médicale sont autant de pratiques qui mettent en danger la sécurité des enfants.

Pour l’auteure, tout groupe totalitaire est porteur de violence. La criminalité est fréquente dans les sectes, puisque pour eux seule la loi de Dieu ou du leader existe.  Les infractions au Code pénal importent peu puisqu’elles sont approuvées par une instance supérieure.

Analyse du Fonctionnement d’un Groupe Sectaire

Trois groupes différents ont été le sujet d’étude de cinq documents.  Le groupe Raëlien, l’Église de scientologie et les Témoins de Jéhovah.

L’année 2003 peut être décrite comme l’année médiatique des Raëliens.  Dès janvier de cette année, ce groupe faisait la manchette des journaux avec l’annonce de la naissance du premier bébé cloné. Le fondateur du groupe fut même interviewé par CNN, Larry King et des journalistes de la BBC. Sans mettre de l’avant le côté sensationnalisme du groupe, Bisaillon (2003) présente une étude descriptive bien documentée du groupe. Il retrace ainsi l’évolution du groupe et sa philosophie. Ce livre est une source d’information intéressante sur ce groupe.

Bisaillon, Martin. Enquête sur le mouvement raélien. Montréal: Éditions Les Intouchables.

Ce livre est le résultat d’une enquête réalisée par Matin Bisaillon, un journaliste québécois. L'analyse approfondie des écrits du groupe, de documents ministériels, d’articles de journaux ainsi que d’entrevues permet à l'auteur de décrire en détail l'histoire de groupe et sa philosophie.  Dans les paragraphes qui suivent, vous trouverez donc un résumé de l’information dans ce livre.

La vie de Claude Vorilhon avant de devenir Raël

Pour les membres des raëliens, Claude Vorilhon est né le 25 décembre 1945.  Fils de Iahvé et d’une mère terrienne, il est le demi-frère de Jésus.  Pour l’auteur, cette version de la naissance de Claude Vorilhon est contradictoire avec les données factuelles. Ainsi, Claude Vorilhon est né le 30 septembre 1946 dans la ville d’Ambert en France.  Fils illégitime d’un juif alsacien, il est élevé par sa mère, sa tante et sa grand-mère.

À l’âge de 15 ans, il quitte Ambert pour Paris. À cette époque, il change de nom, Claude Vorilhon devient alors Claude Celler chanteur. Il essaie alors de percer dans le domaine de la chanson, il obtient toutefois peu de succès. Après, le suicide de son agent, il redevient Claude Vorilhon et se lance dans le journalisme. À cette époque, il épouse une jeune infirmière avec laquelle il aura deux enfants. 

Entre 1970 et 1971, il travaille dans un journal automobile de Dijon.  Se passionnant pour la course automobile, il décide de fonder son propre journal AutoStop.  En 1973, la crise du pétrole et l’interdiction du gouvernement français de tenir des courses automobiles et des rallyes obligent Vorilhon à cesser la publication de la revue.

La révélation: la fondation de la doctrine

Vorilhon devient Raël le 13 décembre 1973, peu de temps après la fermeture de la revue de sport automobile qu’il avait mise sur pied.  Il se rend alors en Auvergne ou il rencontre des extra-terrestres. L’un d’eux, lui révèle que les hommes ont été créés par les Élohim dans les laboratoires. L’un des extraterrestres confie une mission à Vorilhon: celle de raconter aux hommes sa rencontre avec les extra-terrestres et assurer la transmission de leur message. 

Vorilhon raconte donc à qui veut l’entendre que les hommes on une mission, celle de réagit au message des Élohim. Cinq jours après cette rencontre, les Élohim dictent un message à Vorilhon, il rédige alors le premier livre de la philosophie raëlienne. Ils ont confié à M. Vorilhon que les Élohim avaient créé la terre il y a 25 000 ans. Créant d’abord les animaux, ils ont ensuite créé des hommes à leur image. Les différentes ethnies correspondantes à des équipes différentes de créateurs Élohim.

Les Élohim expliquent à Vorilhon l’importance de la géniogracie, c’est-à-dire la création d’un gouvernement mondial constitué de génies qui décideront du sort du monde entier.

Selon des entrevues avec des amis d’enfance de Claude Vorilhon, il aurait rédigé son premier livre sur les Élohim dans un bistro. Il décide après plusieurs discussions avec ces amis de rédiger son histoire et de le faire circuler. Selon eux, Vorilhon n’aurait pas rencontré les extraterrestres.

Le 13 mars, 1974, Volrilhon est invité à participer à une émission de télévision afin de discuter de son "expérience" avec les extra-terrestres. Après son passage, il reçoit des milliers de lettres de personnes qui croient en son histoire.  Ce passage à la télévision marque le début du groupe.

En 1975, il fonde le Mouvement pour l’accueil des Élohim créateurs de l’humanité en laboratoire (MADECH).  Le 31 juillet 1975 , il reçoit une seconde visite des extraterrestres et il écrit un second livre. Il déménage alors à Périgord, où il reçoit la visite de gens qui veulent rencontrer Raël.  Le 5 juillet 1975, il quitte le MADECH. 

Le 7 octobre 1975, il reçoit une autre visite des Élohim, ces derniers lui dicteront le fondement que devra prendre l’autorité morale de Raël sur les personnes qui décideront de le suivre.

La consolidation du groupe

Dans ce chapitre, l’auteur décrit la visite de Raël avec les Élohim et il présente certaines règles qui gèrent la vie dans ce groupe.

Le 7 octobre 1975, Raël raconte avoir visité les Élohim.  Au cours de cette rencontre, il apprend qu’il aura accès à la vie éternelle. Lors de cette visite, il dîne avec d’autres humains extraordinaires tels que Jésus, Moïse, Mahomet... Après le repas, il est conduit dans une chambre où un Élohim lui fabrique six femmes qui répondront pour la nuit à ses moindres désirs.  Lors de cette visite, son cerveau est branché à un ordinateur, il devient alors l’homme le plus intelligent du monde.  Raël apprend également que les personnes qui le suivront seront accueillies au pays des Élohim.

Au cours de ce voyage, Raël reçoit les lois qui devront guider sa vie et celles des membres de son groupe sur terre. Il promet un monde meilleur à ses membres par l’établissement de la géniocratie, le monde dirigé par des génies. Il encourage également ses membres à faire don de leurs biens au groupe au moment de leur mort. Pour l’auteur, ces règles sont les premiers signes de dérives du groupe.

L'expansion du groupe

En 1977, la corporation canadienne du mouvement raëlien est fondée à Montréal (Québec) ainsi que le mouvement raëlien international à Genève.

À la même époque, Raël crée une fondation au Liechtenstein, celle-ci a pour mission de percevoir les droits d’auteurs des livres rédigés par Raël ainsi que de subvenir à ses besoins. En 2002, cette fondation déménage à une adresse secrète pour la plupart des membres.

En 1977, Raël publie un livre intitulé "Géniogracie."  Il expose alors son programme politique.  L’auteur le qualifie de totalitaire.

En 1979, Raël publie "Accueillir les extra-terrestres." Un livre qui annonce la fin du monde par la guerre atomique. Dans ce dernier livre, Raël se prononce également sur l’éducation des enfants.  Il précise que la violence dans le monde disparaîtra quand les hommes jouiront pleinement de leur sensualité.  La théorie de la sensualité vient donc d’être créée.  Dans ce contexte, les enfants du groupe doivent être éduqués à la sensualité, ils doivent apprendre comment obtenir et donner du plaisir. Le livre ne spécifie toutefois pas comme les parents doivent procéder pour éduquer leurs enfants à la sensualité.

En 1980, Raël publie un livre sur la "Méditation sensuelle." Selon Raël la méditation sensuelle permet de repousser les limites imposées par la société.

Dans les années 90, le groupe se lance dans un mouvement de provocation au Québec, afin disent-ils de séduire les adolescents. En 1994, le groupe obtient au Québec le statut de corporation religieuse, il devient donc l’Église Raëlienne.

En 2002, Raël est publié pour la première fois par une maison d’édition québécoise.  Il crée également la revue contact publiée également aux éditions Québécor.

Clonaid

Le clonage est à la base de la philosophie du groupe. Raël explique d’ailleurs qu’un jour il sera possible de transférer le cerveau d’un être humain dans son propre clone. Ainsi, un homme de soixante ans pourra retrouver son corps de 18 ans tout en conservant son intelligence et son expérience. 

Neuf jours après le clonage de la brebis Dolly, Clonaid est crée par Brigitte Boisselier. De 2000 à 2002, des jeunes femmes sont présentées à la presse comme de futures mères porteuses.  Clonaid est finalement financé en juin 2001 par un riche américain. Il finance le Clonaid, afin que le groupe clone son fil décédé.  Il investit plus de 500 000 us dans ce projet.  En août 2001, cet homme se dissocie de Mme Boisselier trouvant que cette dernière recherchait trop l’attention des médias. Le 28 mars 2001, Claude Vorilhon et Brigitte Boisselier rencontrent le sénat américain afin de discuter de clonage.

Le 27 décembre 2002, Brigitte Boisselier annonce la naissance du 1er bébé cloné. L’effet de cette annonce propulse le groupe en première page des journaux partout dans le monde.  En deux jours, le site Internet du groupe attire un million et demi de visiteur.  Pour Raël, Clonaid est devenu l’outil par excellence de transmission de son message.

La famille et les enfants dans le Mouvement Raëlien

Dans ce chapitre l’auteur aborde la place et le sens des enfants et de la famille dans le mouvement Raëlien.

Pour Claude Vorilhon, les jeunes doivent avoir une liberté d’agir et de penser sur le plan sexuel, politique et spirituel dès l’âge de 14 ans. L’éveil de la sexualité de l’enfant est important dans la philosophie du groupe.  L’éducation sensuelle doit être à la base de l’éducation. Raël se défend bien de valoriser le comportement pédophile. Afin de s’éloigner de cette image, il fonde en 2001 un site Internet qui encourage la dénonciation des prêtres catholiques agresseurs sexuels.

Pour Raël, les enfants doivent être perçus aux yeux de leurs parents comme un objet d’épanouissement réciproque.  Dans cette logique, un parent vit avec ses enfants dans la mesure où il favorise son épanouissement.

La géniocratie

Dans ce chapitre l’auteur aborde le concept de géniocratie et son utilisation par Raël.

La géniocratie propose de réformer la constitution des gouvernements du monde afin que seuls les êtres géniaux dirigent le monde.

La philosophie du groupe: une copie !

L’auteur introduit l’hypothèse selon laquelle Raël aurait plagié son premier livre sur l’œuvre de Jean Sendy intitulé "La lune clé de la bible" publié chez Gallimard.

L’autre visage des raëliens

Pour l’auteur, le but premier de l’existence du groupe est économique. Pour l’auteur, le discours de Raël est d’abord orienté vers la recherche de profit.  Ainsi, le groupe vend une quantité importante de produits (livres, médaillons).  Dans les écrits du groupe, l’achat de livres ou de produits dérivés est décrit comme un acte d’amour envers Raël.  Un geste qui permet au leader de vivre.  Afin d’augmenter les profits du groupe, Raël déclare même dimanche jour de diffusion, jour où les membres se rendent sur la place publique pour vendre ses œuvres. Les jours de diffusion ont également un autre objectif, celui d’encourager la ferveur des membres, plus ils sont convaincus, plus ils s’investissent dans le groupe.

L’attention médiatique est une autre obsession du groupe. Ainsi dans la revue du groupe, un résumé des interventions médiatiques est fait.  Raël se dit victime des médias, il affirme que les journalistes sont manipulés.  Pourtant, il se sert bien des médias. Il parvient même à être reçu à l’émission de Larry King à CNN. 

L’orgueil est un terme important dans l’organisation raëlienne, ainsi lorsqu’un membre remet en question le groupe, la philosophie ou Raël, il est rapidement décrit comme orgueilleux.  Un membre trop orgueilleux pour transmettre le message est rapidement exclu du groupe.

Les anges

Depuis le 13 décembre 1997, Raël crée l’ordre des Anges, une organisation de femmes dévouées qui a pour mission de servir Raël.

La paranoïa du leader

Depuis peu, Raël croit être surveillé par les services secrets.  Il exige ainsi une soumission totale de ses membres afin de prévenir toute forme de fuite.

Renard, J.-B. (2003). Le mouvement raëlien: les raisons d'un succès. Psychologie et société. Logique sociale des phénomènes sectaires. 3, 2. 116-131.

Le groupe Raëliens est l’un des rares groupes "soucoupistes" à avoir survécu au passage du temps. L’auteur analyse le fonctionnement du groupe afin d’identifier les facteurs qui expliquent la pérennité du groupe.

L’auteur identifie trois facteurs qui ont fait le succès du groupe: la doctrine, le leader charismatique, la créativité sociale permanente.

La doctrine

Pour l’auteur, deux éléments particuliers de la doctrine séduisent les membres, le créationnisme extraterrestre et l’éthique morale du groupe.

Le créationnisme extraterrestre défend une vision athée de l’univers.  Il explique que les hommes ont été créés par des extraterrestres en laboratoire.  Raël rejette ainsi dans sa doctrine l’origine animale de l’humanité.  Raël interprète même la bible en fonction de cette croyance. Ainsi, il explique par exemple que les trompettes de Jéricho étaient une arme ultrason.

L’éthique morale du groupe séduit de nombreux nouveaux membres.  Le groupe prône ainsi une fraternité libertaire. Le but de la fraternité libertaire est de supprimer l’agressivité par l’épanouissement de l’humanité.

Le leader charismatique

Pour l’auteur, la personnalité charismatique de Raël peut expliquer la pérennité du groupe. Il précise toutefois que le charisme de Raël n’est pas inné, mais le produit d’une construction sociale des membres importants du groupe. Il explique que le mythe construit est le résultat des efforts des membres les plus importants du groupe Raëlien. Ils ont progressivement créé un culte de Raël. Ils ont également introduit un système complexe de relation qui rend Raël inaccessible aux nouveaux membres. Raël est perçu par les membres comme un médiateur capable de résoudre les crises sociales et personnelles vécues par les membres.

Une créativité sociale permanente

Pour l’auteur, les membres maintiennent leur appartenance au groupe en raison des activités diverses et fréquentes du groupe, des activités de prosélytismes qui consolident le lien des membres au groupe.

En conclusion, l’auteur présente sans comparer avec son analyse l’étude de Palmer (1999).  Cette dernière reconnaît cinq facteurs qui expliquent le succès de l’Église Raëlienne :

  1. Le mouvement obtient un certain succès au Québec parce qu’il arrive à remplacer l’église catholique dans la vie de certains membres;
  2. Il rejette Dieu et l’Ancien Testament;
  3. Il permet de vivre une sexualité libre de toute contrainte;
  4. Le créationnisme athée est une doctrine qui attire de nouveaux adhérents;
  5. Le groupe permet l’identification à un homme nouveau qui incarne les valeurs post-modernes.

Palisson, Arnaud. (2003). Grande enquête sur la scientologie: Une secte hors la loi. Lausanne: Editions Favre SA, 263 pp.

Ce livre est le résultat d’une étude de doctorat de droit privé et de sciences criminelles.  La thèse de doctorat de Palisson a pour objectif de comprendre le fonctionnement du groupe de Lafayette Ron Hubbard, l’Église de Scientologie. Après l'analyse de documents internes du groupe, de leur philosophie et après l'analyse d'une entrevue avec un ancien membre, l'auteur conclut que l'intégration d'un nouveau membre au groupe entraîne la commission d'activités criminelles répréhensibles. Au nombre de ces activités, notons l'exercice illégal de la médecine, l'escroquerie aggravée et la séquestration.

Dès les premières rencontres d’intégration d’un nouveau membre un crime est commis, celui de la pratique illégale de la médecine. Le nouveau membre nommé "Préclair" a pour mission d’étudier et de comprendre rapidement les écrits du fondateur Ron Hubbard. Devant la quantité de matériel, le membre est généralement incapable d’assimiler et de comprendre l’information contenue dans ces nombreuses publications. Dans cette situation, la personne responsable de la supervision de ce nouveau membre pose alors un diagnostic. Elle conclut que l’incapacité du membre est le résultat d’une accumulation importante de résidus toxiques. Elle ordonne alors au "préclair" de s’inscrire à un programme de purification.  Par ce geste, le superviseur a formulé un diagnostic et prescrit un traitement sans être médecins.  Cette infraction est passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende en France.

Dans son cheminement au sein de l’église de scientologie, le membre doit purger son physique pour ensuite purifier son mental. L’auteur décrit le processus de purification mentale comme une escroquerie, une tactique utilisée par le groupe afin de soutirer de l’argent aux membres. La purification mentale débute avec la passation d’un test de personnalité. L’analyse de ce test entraîne l’identification de troubles de personnalité. Pour enrailler ces problèmes de personnalités, des cours sont offerts au membre. Ces formations lui permettront de se distinguer des mortels et de régler leurs troubles de personnalité. Lors de ces formations, l’élève doit acheter des livres, des appareils qui l’appuient dans son processus de transformation.   Pour l’auteur, ces manœuvres utilisées pour persuader la personne de suivre différent cours sont frauduleuses.  Pour l’auteur, cette infraction est passible de sept ans d’incarcération en France. Dans le processus d’inscription à des cours dans l’église de scientologie, il y a donc escroquerie parce que les cours prescrits par le groupe ont d’abord un but lucratif.  Par exemple, l’électromètre que doit acheter le membre n’est en fait qu’un galvanomètre, un outil qui ne peut en aucun temps avoir pour fonction de mesurer l’état mental d’une personne.

Dans un troisième temps, Pallison reconnaît que l’intégration d’un membre dans l’organisme "Sea Org" entraîne la commission d’infractions diverses.  Après l’étape de la purification, le membre doit prendre part à un processus de progression spirituelle. Lors de cette démarche, la personne apprend qu’il est recouvert de "Thétans," des parasites extraterrestres.  Pour éliminer la présence de ces derniers, la personne doit traverser huit stades qui lui permettent de s’élever au dessus des humains, des êtres supérieurs. Au cours de ce cheminement, le membre doit se soumettre à une discipline extrême. À la moindre déviance aux normes de "Sea Org" le membre est sanctionné. L’adepte peut par exemple être enfermé contre son gré pendant des semaines subir différents types d’humiliations. L’auteur conclut en disant que l’enlèvement de plus de sept jours d’une personne et sa séquestration sont des actes passibles de vingt ans de prison en France.

UNADFI. (2003). Qui sont vos ancêtres? Adam ou Cro-Magnon? Lucy ou Eve? Les Témoins de Jéhovah et la théorie de l'évolution. La cage des sectes. Bulle n.80.

Pour les Témoins de Jéhovah, l’homme a été créé par Dieu il y a plus de six mille ans.  Ils rejettent radicalement la théorie de l'évolution qui explique que le singe est l’ancêtre de l’homme.  Pour le groupe, cette explication est mensongère et satanique.

L’UNADFI constate que les dirigent des Témoins de Jéhovah sont contrariés par les recherches scientifiques qui remettent en cause une lecture strictement littérale du récit de la Genèse et, par-là, de la Bible dans son entier.

Afin d’éviter que les membres du groupe soient séduits par la théorie de l’évolution, la société Watchtower publiée régulièrement des livres pour dénigrer cette théorie. Ils ont publié récemment, "La vie: Comment est-elle apparue? Évolution ou création."

Selon l’analyse de l’UNADFI, de nombreuses citations et informations contenues dans le livre sont erronées.

Le groupe cite en autre Francis Hitching et son livre, Le cou de la girafe. Ils le présentent comme un chercheur connaissant qui critique la théorie de l’évolution.  Dans les faits, cet homme serait plutôt un auteur de scénarios de TV et n'aurait aucune formation scientifique.

Pour l’UNADFI, il est inquiétant d’observer que les Témoins de Jéhovah utilisent ce livre comme un ouvrage d’enseignement destiné à persuader les membres et les futurs membres de la véracité des préceptes du groupe.

Encore plus inquiétant selon l’UNADFI, les témoins de Jéhovah utilisaient jusqu’à tout récemment ce livre afin de recruter des adolescents, en demandant à leurs enfants de présenter le document aux autres élèves.

UNADFI (2003). Le grignotage jehoviste. Bulle 79: Discerner les dérives sectaires..

Dans cet article, l’auteur explique comment les Témoins de Jéhovah utilisent certaines dispositions de l’état par exemple des exonérations financières afin d’obtenir un statut dans la république. Pour l’auteur, le groupe utilise ces avantages afin de faire valoir, afin d’être reconnu comme un groupe religieux. L’auteur reconnaît six éléments stratégiques utilisés par le groupe:

  1. Présenter une image de citoyen exemplaire, démontrant ainsi la différence entre les principes moraux rigides du groupe et la permissivité présente dans la société;
  2. Obtenir une exonération fiscale de tribunaux administratifs afin de contourner les exigences du Ministère de l’Intérieur;
  3. Obtenir l’accès des membres à une assurance-santé et une assurance de vieillesse de l’état;
  4. Prétendre être reconnu par l’État;
  5. S’associer avec des personnalités connues comme des spécialistes de grandes religions;
  6. Trouver du soutien auprès de gouvernement étranger, afin que ce dernier influence le gouvernement français.

L’auteur présent également une liste d’infraction commise par les Témoins de Jéhovah.

L’exploitation des mineurs

Les témoins de Jéhovah imposent aux mineurs de nombreuses heures de colportage, des heures d’études doctrinales, ainsi que la fréquentation de la salle du royaume. L’horaire chargé des jeunes membres minimise les relations avec les non membres.  Elles les isolent de la société.

§         Le refus de transfusion sanguine condamne certains jeunes à une mort potentielle;

§         L’interdit de transfusion sanguine;

§         L’interdit de transfusion sanguine fait plusieurs victimes.

Depuis le 4 mars 2002 la loi Kouchner précise qu’une personne peut refuser un traitement médical si elle donne son consentement libre et éclairé aux autorités médicales.

L’UNADFI précise toutefois que la loi Picard-About du 12 juin 2001 définit les circonstances où un consentement ne peut être libre et éclairé.  Le consentement n’est ni libre ni éclairé lorsque s’exercent sur la personne des pressions graves et répétées, qui créent un état de sujétion psychologique ou physique.  Le consentement ne peut être éclairé lorsque la personne est influencée à l’aide de technique à adopter un comportement.  Enfin, le consentement ne peut être libre ou éclairé lorsque le groupe dont elle est membre essaie de créer une sujétion psychologique et physique.

Pour l’UNADFI, les nombreuses pressions dont sont victimes les témoins de Jéhovah ne permettent pas aux médecins d’obtenir leur consentement libre et éclairé.  Les pressions peuvent être religieuses, par le biais d’explications médicales formulées par le groupe, par des pressions familiales, des proches qui rappellent la menace d’être exclue.

Dans l’article, l’auteur essaie également de démontrer que les Témoins de Jéhovah sont un groupe sectaire.  Il note dans ce sens:

  1. L’approche dogmatique prônant le refus de transfusion sanguine;
  2. L’isolement des enfants de la société française;
  3. Le refus de certaines formes de participation sociale comme le refus d’accomplir son service militaire ou le refus de voter;
  4. L’attitude discriminatoire des membres envers les femmes du groupe;
  5. La construction des communautés en forme de micro société où un système de justice existe et punit les membres déviants;

Pour l’UNADFI, le groupe des Témoins de Jéhovah est bien une secte, malgré l’affirmation du contraire par plusieurs scientifiques. 

Groupe Sectaire et Victimisation

Huit articles traitent de la victimisation observable dans les groupes sectaires. Le traitement des membres sortant, le processus de diminution des capacités cognitives, les risques de victimisation dans les groupes hystériformes sont quelques-uns des sujets traités. Trois auteurs reformulent sous des termes différents que ceux de persuasion coercitive l’expérience sectaire. Ils permettent au lecteur de concevoir sous un autre angle l’expérience sectaire

Le livre de Nathan et Swertvaegher (2003) traite de la question du traitement des membres sortant de sectes ainsi que de la position des thérapeutes dans les sociétés modernes. Après l’analyse approfondie du récit d’expérience d’ancien membre, ces chercheurs décrivent l’expérience sectaire comme un processus de capture de l’âme. Ainsi, le groupe par la promesse d’une initiation, d’une transformation, influence le membre à joindre leur groupe. Une fois intégré au groupe, l’adepte engage son âme dans des pratiques sociales qui organisent sa vie quotidienne. Dans ses échanges la dépendance du membre s’installe.

Allanic (2003) propose également une conceptualisation pour expliquer le charme exercé par la secte.  Il compare l’envoûtement à la secte à la rencontre mythique d’Ulysse avec les Sirènes.  Pour, l’auteur, la promesse de l’omniscience, d’un bonheur éternel proposer tant par les Sirènes dans le Conte que par les sectes entraînent une régression à un point tel que sous l’effet de l’envoûtement, la personne ne reconnaît plus la présence des autres. La personne à l’illusion que la réalité n’existe plus. Ainsi, les problèmes vécus avant l’engagement dans la secte disparaissent.

Nathan, T, & Swertvaegher, J.C. (2003). Sortir d'une secte. Paris: Les empêcheurs de penser en rond/Seuil.

Les auteurs, l’un professeur de psychologie à l'Université Paris VIII et l'autre psychologue travaillent au centre Georges Deveraux. Ils animent une équipe de recherche thérapeutique qui a créé un protocole de traitement pour les « sortants de secte ».  Se basant sur leurs expériences cliniques, sur l’analyse du discours de membres sortants, ils tentent d’expliciter l'impact de la secte sur une personne.

Dans la première, partie du livre intitulée « Regards cliniques sur une expérience clinique au bénéfice des sortants de sectes », les auteurs présentent une série de récits d’anciens membres de groupes sectaires.  Ils formulent une série de conclusion sur leur expérience.

Après le départ d’une secte, le quotidien peut devenir souffrant pour l’ancien membre.  La perte de confiance en soi peut être telle qu’un ancien membre a de la difficulté à formuler une opinion, un jugement, à faire un choix. 

Les croyances véhiculées par le groupe peuvent avoir une influence sur la vie quotidienne de la personne, et ce, même si elle reconnaît avoir été victime de manipulation mentale, dans le groupe.

L’adhérence à une secte se produit dans un contexte où le groupe promet au futur membre une transformation.  Pour les auteurs, la décision de quitter une secte est souvent liée à la conviction que le groupe ne respectera pas ses promesses initiales.  Le membre se sent berné par le groupe.  Les anciens membres éprouvent donc souvent de la difficulté à s’engager dans un groupe ou un processus thérapeutique après leur sortie parce qu’ils ont peur de faire preuve de crédulité.

Les auteurs reconnaissent que les personnes qu’ils rencontrent éprouvent une grande difficulté à s’impliquer dans un projet, à se décider. Les membres sortants sont effrayés par leur crédulité.

Les demandes des participants

Les membres sortants qui participent à la recherche sollicitent une aide thérapeutique afin de reprendre possession de leur pensée. Ils veulent se sentir libres, puisque souvent après leur sortie du groupe ils se sentent manipulés, voire poursuivis par la secte. 

Les anciens membres demandent également au thérapeute de les aider à dénoncer publiquement les agissements du groupe sectaire.

Les cliniciens participants accueillent cette demande. Ils élaborent donc une problématique individuelle afin de trouver des solutions aux souffrances singulières de leur client. 

Conceptualisation des effets de la vie dans une secte

Pour les auteurs, devenir membre d’une secte a pour conséquence d’entraîner le viol de l’âme.  Lorsque le membre s’engage dans le groupe sectaire, le groupe lui promet une initiation, une transformation qui ne s’actualise jamais. Le membre est toujours en attente de celle-ci.  La secte trompe donc le membre en lui promettant l’accès à une métamorphose.  Les auteurs décrivent donc l’engagement dans une secte comme une capture sectaire.

La secte peut parfois capturer sexuellement l’adepte. Le leader se sert de l’adepte afin d’assouvir ses fantasmes sexuels.  Dans ce contexte, le thérapeute doit aider le membre sortant à reprendre possession de son corps.

Pour les auteurs, les membres qui intègrent un groupe sectaire ne sont pas des êtres psychologiquement fragiles. Les auteurs trouvent intéressant de penser que c’est la rencontre avec le groupe qui fragilise le membre.

La secte permet au membre d’entrer en relation avec une ou plusieurs entités invisibles.  La présence de ces entités organise la vie quotidienne des membres. Le membre partage par exemple son temps entre la méditation, le prosélytisme, les rencontres de groupes…

Psychothérapie et aspects techniques

Les auteurs ont développé une procédure thérapeutique afin de comprendre l’histoire de vie des anciens membres ainsi que de les aider.

Le travail des thérapeutes

Pour les auteurs, l’expérience sectaire marque l’adepte, il conserve d’ailleurs après sa sortie des objets parasitaires qui l’empêchent de vivre au quotidien. Ces parasites de l’expérience sectaire anesthésient le membre, il éprouve de la difficulté à fonctionner au quotidien. Les parasites sont divers, ils peuvent être des habitudes de vies des croyances, des craintes.

Le travail de l’intervenant consiste donc à comprendre l’expérience du membre et la philosophie de son groupe d’appartenance.  Il doit expliciter l’intention cachée du mouvement et ensuite aider l’ancien membre à se défaire des éléments de son expérience qui bloque son intégration au monde.

Le thérapeute doit d’abord désactiver les traumatismes qui continuent à influencer la vie quotidienne des anciens membres. Pour se faire, les psychothérapeutes doivent parvenir à ce que l’adepte partage son histoire, afin de reconstruire un récit cohérent de son vécu. Ce travail est douloureux, l’ancien membre doit se souvenir de chacun des événements de son expérience. Cette procédure permet progressivement à la personne qui raconte son histoire de briser l’isolement.

Dans ce contexte, le thérapeute peut reconnaître les techniques d’influences et les méthodes d’assujettissement auxquelles a été soumis l’ancien membre. Le thérapeute reconstitue donc les techniques de capture sectaire et il reconnaît les théories utilisées par le groupe afin de comprendre la singularité de l’expérience de l’ancien membre.

Enfin, au cours de la thérapie, le thérapeute doit accompagner le membre à reconstituer les liens familiaux, le membre sortant se réintègre donc dans la société

L’évaluation de la progression de la thérapie

Afin d’évaluer la progression de la thérapie, les auteurs notent quelques signes qui permettent de reconnaître la revitalisation de la personne.

Le membre sortant progresse lorsque sa vie quotidienne s’enrichit, lorsqu’il est moins craintif et qu’il est capable d’affronter les difficultés de la vie quotidienne. Le processus thérapeutique a des effets positifs lorsque le membre sortant renoue avec des activités de la vie quotidienne, les sorties, les rencontres familiales.  Une amélioration peut également être notée lors que les rêves répétitifs et les cauchemars cessent.

Dans un dernier chapitre, les auteurs abordent la question de la formation des psychothérapeutes en France.  Cette profession se déroule en l’absence de contrôle extérieur. Pour ces chercheurs, il est impératif de mettre en place une formation complète et diversifiée, afin que ces derniers ne deviennent pas les dévots d’une technique thérapeutique. 

Deconchy, J.-P., & Bauduin, B. (2003). Expliquer tout de même l'inexplicable. Appel aux "croyances" : mise en veille et activation d'un schéma cognitif de type "sectaire." Psychologie et société. Logique sociale des phénomènes sectaires. 3, 2. 23-57.

L’objectif de cette recherche est d’aborder sous l’angle de la psychologie sociale le fonctionnement sectaire, particulièrement deux points de ce dernier :

  1. l’intensité du prosélytisme et des efforts de recrutement;
  2. L’étrangeté des nouvelles attitudes et des comportements des membres en comparaison avec les normes de la culture environnante.

Selon les auteurs, une démarche scientifique en psychologie sociale s’attaque au démembrement de son objet d’étude afin de reconnaître la présence de différents processus qui constitue le phénomène à l’étude. Le chercheur peut alors étudier l’implication des membres, l’autoritarisme, l’influence sociale ou les tactiques de séduction.

L’auteur étudie particulièrement dans son article le traitement de l’information apporté par un message qui vise à persuader son récepteur que l’impossible est arrivé. Les auteurs se demandent comme un nouveau membre peut être séduit par le message d’un groupe, un message qui explique que l’impossible est possible.

Les auteurs posent l’hypothèse que lorsque des sujets se retrouvent dans une situation incontrôlable et qu'ils sont confrontés à des données inexplicables, ils utilisent des croyances sauvages (des croyances qui ne sont pas socialement régulées) afin d’expliquer ses données inexplicables. Ainsi, il postule qu’une personne à la rencontre d’une secte est confrontée à un ensemble d’information qu’elle ne contrôle pas, qu’elle ne comprend souvent pas.  Les auteurs croient que dans ce contexte, les personnes en contact avec la secte utilisent des croyances sauvages afin d’expliquer ce qu’elles ne comprennent pas.

Les auteurs se sont demandés comment une personne arrive sur le plan cognitif à traiter un message qui vise à persuader que l’impossible est arrivé.  Ils se demandent également comme la personne arrive à prendre ce même message au sérieux.

Méthode

La séquence des explications:

  1. Les chercheurs placent les sujets dans une situation de contrôle ou de non-contrôle cognitif;
  2. Ils donnent aux sujets l’histoire écrite de Louise.  Pour certains, l’histoire de Louise comprend une rhétorique fantastique et pour d’autres une rhétorique factuelle (données objectives)
  3. demande aux sujet d’expliquer malgré le caractère inexplicable de la situation la pertinence d’un certain nombre d’explication.

Les explications choisies par les auteurs sont de quatre ordres : elles renvoient soit à la physiologie de Louise, soit aux dispositions ou aux conduites de Louise, soit des explications indirectes, des hypothèses sur son comportement (parce que Louise est une femme dynamique) ; soit encore à des croyances.

La population

178 élèves de terminale provenant de 5 lycées parisiens différents ont participé à la recherche.  Les jeunes étaient rencontrés dans une classe où un expérimentateur entrait suivi de 25 jeunes de 25 ans vêtus d’un jean et d’un chandail noir.  Chacun des jeunes recevait une enveloppe. Dans un 1er cas, les 25 jeunes restaient dans un coin de la classe dans la situation expérimentale qui visait l’activation du schéma cognitif sectaire les 25 jeunes homme se plaçaient à l’arrière de chacun des étudiants. Dans une autre situation qui visait la mise en veille su schéma cognitif sectaire, les deux premières rangés d’étudiants répondaient sans être surveillées par un jeune homme tandis que l’autre moitié de la classe devaient répondre en étant surveillé. 

Les résultats

Selon la rhétorique utilisé dans le message, les explications données aux sujets sont évaluées de façon différentes. Ainsi, les explications qui ne renvoient pas à des croyances sont toujours évalué positivement lorsque la rhétorique est factuelle plutôt que fantastique. 

En ce qui concerne des explications renvoyant à des croyances , elles sont toujours évalué de façon plus positives quand le sujet est exposé à une rhétorique fantastique. 

Pour les chercheurs l’exposition à une rhétorique fantastique favorise donc l’appel aux explications relevant des croyances et elle diminue l’appel à des explications rationnelles.  Pour les auteurs les résultats démontrent que le recours aux croyances pour expliquer un message inexplicable se produit dans un contexte où les ressources cognitives des sujets sont diminuées.  La personne qui entre en contact avec le message d’un groupe sectaire peut donc voire ses capacités cognitives diminuées par le message présenter par le groupe. Ainsi pour mieux comprendre le message, il a recours à des croyances et non à de l’information critique

Allanic, C. (2003). Aux abords des rives sectaires. Bulle 79 : Discerner les dérives sectaires

Se basant sur un article de Tony Anatrella, prête et psychanalyste, l’auteur analyse une forme de particulière de religiosité, soit les groupes dont la philosophie est orienté vers la sensibilité et les émotions ressenties dans la relation avec Dieu. Au nombre de ces groupes, les mouvements d’inspiration nouvel âge, certaines thérapies, des cours de développement personnel ainsi que des médecines dites douces ou alternatives. L’auteur définit ces groupes comme des mouvements hystériformes.

Pour l’auteur, dans les groupes "hystériformes" le corps est au centre des pratiques et des croyances. Selon leurs croyances, l’intervention sur le corps physique peut avoir des effets sur les corps immatériels comme le corps astral et le corps mental.

Pour l’auteur, les affects et les pensées peuvent alors subir une conversion hystérique puisqu’ils ont également leur "corps". Il explique que l’hystérie a pour effet de transformer les difficultés psychiques en maux physique.  Le même phénomène peut également se produire dans les différents corps immatériels. Ils se somatisent et se matérialisent à tel point qu’ils deviennent visibles et presque palpables, pour certains. 

Dans ces groupes, les relations entre les membres sont construites autour d’un registre "maternel". Le membres communique entre eux par le biais de contacts physiques, par un le langage non verbal. Dans ce contexte, l’expérience et les exposés émouvants sont privilégiés, les exposés rationnels n’ont pas leur place dans le groupe.

Pour l’auteur, ce type de fonctionnement groupal favorise parfois l’émergence de dérives. En valorisant l’expérience et en niant la réflexion sur celle-ci les adeptes peuvent être plus facilement manipulés. Pour l’auteur, la nocivité du groupe dépend de l’orientation prise par le responsable du groupe. Lorsque le groupe favorise l’expérience et la réflexion, le vécu du participant peut être enrichissant, dans le cas contraire il peut mettre en péril l’intégrité physique et psychologique de certains membres.

Dans ces groupes, le langage des émotions et des sensations est considéré comme bien plus vrai que le langage verbal. Ce langage ne permet pas de communiquer avec une autre personne, il nie ou exclu plutôt la présence de l’autre.  Dans ce group, la personne peut même se fermer à la différence des autres.  Dans les situations extrême les membres peuvent même éprouver de la difficulté à s’exprime librement. 

Enfin, dans certains de ces groupes, les adeptes peuvent même présenter des traits voire des symptômes hystériques comme par exemple une érotisation des relations élève/maître ; une sublimation des pulsions sexuelles en "Amour universel" ; Idéalisation d’un monde imaginaire au détriment du monde réel, Identification importante à des personnages réels ou mythiques : le leader, saint(e)s, personnages célèbres.

UNADFI (2003). Mégalomanie Jusqu'où?. La mégalomanie des gourou. Bulle, n. 77. http://www.unadfi.com/bulles/bulles77/bulles77.htm.

Mégalomanie Jusqu'où ?

Dans l’éditorial de cette revue ont se questionne sur la mégalomanie des gourous.  L’auteur (inconnu) décrit la mégalomanie comme la folie des grandeurs, le désir de la puissance absolue sur les hommes et sur le monde. Ce trait serait observable chez bon nombre de gourou.

Deux cas de leader mégalomaniaques sont présentés ceux de Moon Sun Myung ainsi que celui de Claude Vorilhon dit Raël. Pour l’auteur, l’organisation d’un congrès scientifique, la création d’une Corporation pour la construction de l'autoroute internationale à Tokyo ou la célébration du communisme avec Gorbatchev sont des exemples de tendance à la mégalomanie de ce gourou.

Pour l’auteur, le fait que Raël possède des comptes dans les paradis fiscaux, le fait qu’il croit être l’être le plus intelligent de l’univers et que les membres de son groupe le nomme sa sainteté sont d’autres signes de sa mégalomanie.

Devant ces deux exemples, l’auteur se questionne sur la réaction à adopter devant ses gourous. Elle ne donne aucune réponse à son interrogation.

Le Mouvement raëlien

Le second article de cette revue trace un portrait de ce groupe et de son leader.

Historique : Claude Vorilhon dit aujourd’hui Raël est né en 1946 en France.  Journaliste sportif de profession, publie son propre magazine jusqu’en 1973.  Date à laquelle, il rencontre pour la première fois les Élohim. Cette rencontre lui révèle qu’il est le demi frère de Jésus.  Cette rencontre lui révèle également qu’il est maintenant l’ambassadeur des Élohim sur terre.

Les Élohim sont nos créateurs, par leur savoir scientifique ils ont découvert le secret de la vie éternelle et du bonheur,

L’UNADFI précise que la philosophie du groupe est organisée autour de la notion d'éternité, d'évolution.

L’organisation du groupe selon cette description doit être fait afin d’établir des distinction entre les humains. Raël propose donc de faire une hiérarchisation des individus. Les gens doté d’une intelligence supérieur se retrouveraient au sommet de la hiérarchie et les idiots à la base. 

Les adeptes doivent verser 10% de leur salaire au leader. Les adeptes ne vivent pas en communauté, ils se retrouvent par contre régulièrement pour participer à des stages d’éveil, d’initiation à la méditation sensuelle.

Certaines femmes ont un statut particulier dans le groupe, elles sont nommées "les anges."  Elles acceptent de se dévouer entièrement à Raël.

L’UNADFI s’interroge dans ce texte sur la place des enfants dans ce groupe notamment sur la question de leur intégrité  physique et intellectuelle.  Sur la base du livre d’Hayat El Mountacir (1990) et de la lecture de publications du mouvement raëlien, l’Unadfi se demande si la croyance selon laquelle les parents doivent initier les mineurs à la sensualité ne représente pas un danger pour les enfants du groupe.

Allanic, C. (2003). Le syndrome d'Ulysse, Bulle 78.

Dans son texte, le psychologue clinicien, Christophe Allanic compare la relation sectaire à l’aide de la rencontre mythique d’Ulysse avec les sirènes. Cette métaphore lui permet d’expliquer les raisons pour lesquels un individu est séduit à un point tel par un groupe qu’il perd tout sens critique. 

Le mythe : Dans la mythologie grecque, les Sirènes avaient la réputation d'attirer les navigateurs sur les récifs afin de les dévorer. Ulysse élabore un plan pour contrer l’effet dévastateur de celle-ci. Il s’attache au bat de son bateau et se rend à la rencontre des sirènes  Elles le complimentent, le félicite et lui promettent de devenir omniscient. Sous le charme des sirènes, Ulysse attaché à son bateau ne peut se s’éloigner de leurs charmes. La marré l’éloigne finalement de ces femmes.  Un fois éloigner, le charme est rompu et Ulysse reprend sa conscience, il redevient maître de lui.

Pour l’auteur, la promesse de l’omniscience des Sirènes place Ulysse devant son fantasme archaïque de toute-puissance.  Cette promesse entraîne une régression à un point tel que sous l’envoûtement, la personne ne reconnaît plus la présence des autres. Cet état a pour effet de créer l’illusion de l’inexistence de la réalité, les contraintes disparaissent et tout devient possible. L’auteur reconnaît que les adeptes sont initialement envoûtés par le groupe ou le leader.  La personne est séduite par le groupe. Pour l’auteur, la séduction survient lors de moment de fragilité psychologique (décès d’un proche, divorce…).  Afin de faire face à l’épreuve la personne régresse narcissiquement.  Cette régression a pour effet que la personne s’éloigne des ses proches et elle ne s’intéresse qu’à elle-même. La personne revendique alors une plus grande indépendance, la liberté de découvrir sa mission terrestre...

À ce moment de leur vie, l’auteur reconnaît qu’une personne peut être sensible aux flatteries des groupes sectaires. Dans cette rencontre le groupe reconnaît la spécificité de la personne, elle le valorise. À ce moment, l’adepte croit avoir rencontré une organisation parfaite, une organisation qui la comprend vraiment.  Pour l’auteur, la personne n’a pas conscience qu’elle perçoit son propre idéal dans le groupe. À ce stade, l’organisation intègre et submerge la personne dans le projet collectif.  Bien que la secte ne répondent pas aux besoins de l’adepte, le membre a l’impression de participer à un projet grandiose. Ce projet renvoie la personne à une pensée archaïque où elle est toute puissante et en fusion avec les autres. Pour l’auteur cette explication aide a comprendre pourquoi une personne est envoûté par un groupe sectaire.  Il admet toutefois que cette explication ne permet pas d’expliquer les raisons pour lesquels la personne quitte la secte, pour qu’elles raison l’envoûtement cesse.

Dilhaire, Catherine, (2003) Le processus de victimisation dans la trajectoire de vie d'anciens adeptes de groupes sectaires. Mémoire de Maîtrise, École de Criminologie, Université de Montréal, 158 pp.

Ce mémoire de maîtrise est une étude exploratoire qui a pour objectif de retracer les mécanismes de victimisation de trois anciens adeptes de groupes sectaires hindouistes. Bien que cette recherche soit fait auprès de nombre restreint de membres, elle permet de définir difficultés vécu dans l’expérience sectaire en des termes différents, soit ceux de situations problème.

À l’aide du récits de vie de trois anciens membres l’auteur explore la période de vie marquant l’affiliation au groupe, l’expérience sectaire, la désaffiliation et la vie après la sortie d’un groupe sectaire.

Suite à l’analyse des récits de vie des anciens membres rencontrés, l’auteure conclue que le fonctionnement des groupes, en particulier les normes qui régissent la vie en communauté fermé constituent un contexte favorable à l’émergence de situations problèmes.

Les situations problème lié à l’expérience sectaire : l’auteure se basse sur la définition de Pires (1995) pour définir ce concept.  Ainsi elle entend par situation problème "le fait que pour au moins un acteur une situation donnée est vécue ou perçue comme créant un problème ou comme étant négative, inacceptable ou indésirable."

Dans l’analyses du discours trois anciens membres de sectes hindouistes, l’auteure observe que bien que l’affiliation au groupe soit initialement perçue comme un événement positif, la définition de cet événement devient problématique avec le temps. Les membres s’engagent dans un groupe, tout en ne pouvant prévoir les conséquences de leur implication. Le contrôle interne dans le groupe créé toutefois de nombreuses situations problèmes :

  1. Le détachement, le renoncement aux liens familiaux est problématique pour Rachel. Intégré à l’age de cinq ans avec ses parents dans une secte Hindouiste, une ancienne adepte expérimente une série de situations problématiques, par exemple la séparation de l’enfant avec ses parents, la perte de bien matériel et l’isolement avec le monde extérieure.
  2. Pour une autre personne, le détachement devient problématique puisqu’il la coupe de tout contact avec le monde extérieur comme les journaux, la radio ou la télévision, ce qui a pour effet une perte progressive de repère temporel.
  3. Des situation problème émergent également liées au cadre de vie ascétique: la promiscuité, la répression de besoins de base dont la sexualité, les périodes de sommeil insuffisante et la surcharge de travail sont quelques-unes d’entre elle.

Selon l’auteur le style de vie contraignant des adeptes, l’obligation de respecter de nombreuses normes a pour effet de neutraliser ainsi que de maintenir l’affiliation des membres au groupe.

Pour deux participants, les normes strictes de son groupe d’appartenance le conduit à la transgression des interdits.  Dans ce contexte de vie ascétique, la transgression et la distanciation des normes permettent aux membres d’évacuer leurs frustrations et d’assurer leur affiliation au groupe.

Le replie sur soi et l’endurcissement sont utilisés comme stratégie d’adaptation par deux membres de l’échantillon afin de faire face aux situations problèmes.

Lorsque la vie dans le groupe est insupportable les membres essaient de modifier leur situation.  Dans se début de processus de désaffiliation plusieurs situation problème sont rapportées par les trois participants. Il se produit une problématisation de l’expérience sectaire, des situations perçues dans le groupe comme positives sont réinterprétées en termes d’abus.

Les membres essaient de mettre en place tant dans le groupe qu’avec des acteurs extérieurs des solutions afin de régler leur situation problématique. Ils essaient soit d’être transférée dans une autre communauté, de négociation avec les autorités, ils peuvent transgresser certaines normes groupales.

Le processus de désaffiliation est progressif pour les trois membres rencontrés. Pour deux participantes, il survient rapidement après l’entré dans le groupe et pour un autre participant, il s’enclenche une année après son intégration.  Il se produit un mouvement de va et viens d’entré et de sortie dans le groupe.  La désaffiliation et d’abord physique et ensuite psychologique.  Ainsi, la personne quitte le groupe et avec le passage du temps se détache de son idéologie.

Pour deux membres, la perte de contact avec devient problématique. En fait, pour ces deux anciens membres, le détachement est plus pénible lors de la désaffiliation avec le groupe que lors de la conversion. 

Lors de la sortie, les membres éprouvent de la difficulté à s’intégrer dans la société.  De nombreux problèmes surviennent sur les lieux de leur travail ou encore à l’école. Les trois participants ont tous vécu après leur départ du groupe des périodes crises, d’angoisse, de honte et de culpabilité.

L’auteur conclu que ces membres ont été lésés dans leurs droits fondamentaux.

Bobin, Alice. (2003). Victimes de sectes: des manipulations mentales aux soins.  Mémoire de Maîtrise, l’Universitaire de Victimologie de l’Université Réné Descartes, Paris 5.

La communication réussie présuppose l’existence d’enjeux communs entre les interlocuteurs. L’échange existe entre l’individu et la secte, pendant la période de recrutement notamment, mais les enjeux qui le motivent ne sont pas partagés par les 2 parties. D’un côté le manipulateur connaît l’enjeu de l’échange: faire adhérer, pour y parvenir il mobilise différentes techniques et notamment les moyens du langage. De l’autre côté il y a le futur adepte qui ne perçoit pas la malveillance du premier parce qu’elle n’est nulle part étayée par des indices et qui dans sa confiance excessive ne demande qu’à croire aux propos qui lui sont soumis. L’abus de pouvoir, le déni de l’altérité font ici leurs premiers pas et le sujet commence, sans le savoir, sa transformation en être non pensant, en objet manipulable à souhait.

Boissard, Marianne. (2003). L’Étau Sectaire. Mémoire de Maîtrise de l’Universitaire de Victimologie de l’Université Réné Descartes, Paris 5.

Depuis les années 70 nous constatons une expansion et une banalisation de l’ emprise des sectes sur la société. Elles accueillent des adeptes de toutes catégories socioprofessionnelles, leur discours séducteur et facile d’accès attirent des personnes confrontées à des conflits relationnels, familiaux et professionnels.  Les nouveaux adeptes ont l’illusion de s’épanouir, d’accéder à des connaissances réservées à une élite, de s’élever voire de devenir des surhommes. Les limites de la condition humaine sont alors refoulées, le gourou leader de la secte est investi d’un savoir et d’un pouvoir supra humain par les adeptes qui se soumettent à son autorité

Les Groupes Religieux et Comportement Violent

Dans les deux textes résumés les auteurs (2003) essaient de comprendre les éléments qui peuvent entraîner un groupe à recourir à la violence.  Le texte de Pelland et Casoni (2003) se veut le début d’un conceptualisation du lien entre secte religieuses et terrorisme, tandis que le texte de Casoni et Brunet (2003) présentent un modèle théorique expliquant le recours au terrorisme dans les groupes qui s’organisent autour d’une philosophie de survie.

Casoni, D, & Brunet, L. (2003). Philosophie groupale et action terrorisme.  In Dianne Casoni & Louis Brunet (Eds.), Comprendre l’acte terroriste. Montréal: Les Presses de l’Université du Québec à Montréal, pp.78-92.

Dans cet article, les auteurs présentent l’idée selon laquelle la poursuite d’un idéal commun est un facteur déterminant dans la naissance de comportement d’une extrême violence. Pour eux, la force de l’attrait de l’idéal peut entraîner des individus "ordinaires" à commettre des actes d’une extrême violence voire même des actes terroristes.

Dans un article intitulé "The Relation of group philosophy to different type of dangerous conduct in cultic groups" et paru dans le Cultic Studies Journal (2000), Casoni présente un modèle de quatre philosophies groupales qui conduit à quatre types différents de conduites dangereuses.

L’article traite particulièrement de la philosophie de survie. Dans ce groupe, il y a un une opposition et un clivage constant entre nous, les membres du groupe et eux tous ceux qui ne fond pas partie du groupe. La maxime du groupe devient "si vous n’est pas avec nous, vous être contre nous." Le monde extérieur est donc défini comme dangereux. Les leaders et les membres de ces groupes craignent d’être agressé par l’extérieur.

Les auteurs présentent quelques caractéristiques de groupe avec une philosophie de survie. Ils précisent que ce sont ces groupes qui sont le plus susceptible de recourir au terrorisme.

Le leader d’un groupe organisé entre autre autour d’une philosophie de survie est décrit comme un demi-dieu par les membres.  Il est le seul maître dans le groupe, il prend souvent seul les décisions importantes dans le groupe.  Dans certains cas, le contrôle du leader sur les membres est tellement important qu’il détient un pouvoir de vie ou de mort sur les adeptes.

Les membres se soumettent entièrement à l’autorité du leader, puisqu’ils se sentent privilégier d’être associés à un si grand chef.

La parole du leader, on interprétation de texte sacré est plus importante dans ses groupes que la doctrine écrite.

Les groupes organisés autour d’une philosophie de pureté cherchent à s’établir dans un lieu isolé.  Il se protège ainsi de ses ennemis.

Dans ces groupes les lieutenants du leader peuvent lutter les uns contre les autres afin d’obtenir une position prestigieuse dans le groupe. La dévotion des membres les plus prestigieux est souvent remise en questions par le leader. Cette catégorie de membre doit don fréquemment prouver au leader leur soumission ainsi que leur investissement dans le projet commun du groupe.

Nous pouvons nous demander les raisons pour lesquelles une personne maintien son affiliation à un tel groupe?

Pour les auteurs, le clivage nous/eux s’accompagne d’un projection sur eux des composantes psychologique vécues comme indésirable, ainsi le clivage et la projection permettent aux membres de se débarrassé des éléments indésirables et ainsi de se sentir purifier.  L’utilisation importante du clivage et la projection dans les groupes sectaire a pour effet de minimiser la capacité des membre a exercer leur jugement critique, ainsi que d’enclencher un processus d’idéalisation.

Le processus d’idéalisation est décrit par les auteurs comme la tendance de ces derniers à concentrer leur investissement libidinaux et narcissique sur un leader, une doctrine ou un mouvement politique.  L’idéalisation s’accompagne également d’un mouvement identificatoire qui entraîne une gratification narcissique, la personne donc soumis ;a un leader perçu comme grand, se définit également par son identification à ce dernier comme une personne plus grande, plus forte.  Dans un tel groupe, les membres entretiennent donc le sentiment qu’ils font partie d’une communauté d’initié. Dans cette relation entre un leader et des adeptes, l’idée même de se séparer est impensable.

Pour ces auteurs la relation leader adepte, ou membre terroristes ne s’expliquent donc pas par une théorie de l’endoctrinement, mais plutôt par un cheminement d’identification et d’idéalisation progressifs. Dans ces groupes, l’idéal du groupe devient un projet commun que les membres doivent accomplir. La réalisation du projet commun peut donc être exigé dans l’immédiat et ce peut importe les conséquences. Lorsque les membres et le leader d’un groupe considèrent essentiel la réalisation du projet commun pour leur équilibre narcissique, les dénouements violents deviennent souvent inévitables.

Pelland, M-A, & Casoni, D. (2003). Le recours au terrorisme par les sectes religieuses.  In Dianne Casoni & Louis Brunet, Comprendre l’acte terroriste. Montréal: Les presses de l’Université du Québec à Montréal, pp.51-69.

L’article aborde la question du lien existant entre terrorisme et secte religieuse.  Se basant sur une revue des écrits tant sur le terrorisme que sur le fonctionnement des groupes sectaire. Cet article jette un éclairage sur le fonctionnement interne des sectes religieuses afin d’isoler les éléments qui peuvent conduirent les sectes à recourir aux terrorisme.

La relation entre le leader et l’adepte est identifiée comme un élément clé dans le choix d’une secte religieuse à recourir à la violence voire au terrorisme. Dans ce contexte, la relation leader-adepte est définie comme une relation d’interdépendance. Le leader ressent le besoin d’être idéalisé par les membres, d’être perçu comme l’élu. Les membres éprouvent tant qu’à eux le besoin de s’associer à un individu perçu comme grandiose. La rencontre entre ces deux acteurs comble initialement leurs besoins respectifs.  Toutefois avec le temps la dépendance réciproque du leader et de l’adepte les conduits dans une relation problématique.  Le leader désirant continuellement des preuves de la loyauté et de la dévotion des membres de son groupe et l’adepte désirant maintenir la relation accepte continuellement de prouver leur dévotion. Dans des cas extrêmes, les adeptes peuvent donc utiliser la violence de prouver au leader sa dévotion. Dans certains cas la violence est utilisée contre les membres ou parfois contre des ennemies du groupe.  Dans ce contexte, le terrorisme peut être décrit comme une alternative acceptable par les membres.

L’identité et la cohésion sociale du groupe peut également conduire à la commission d’acte de violence voire d’acte terroriste.  Lorsqu’une personne devient membre d’un groupe, elle se construit une identité liée à sa participation à la vie de ce groupe.  Cette appartenance lui procure un sentiment de valeur. Lorsque l’identité des membres du groupe est mise en doute, lorsque le projet commun au membre est mis en péril par une autorité extérieure, certains membres peuvent recourir à la violence afin de protéger l’intégrité du groupe. L’acte terrorisme peut être dans ces cas extrême une solution envisagée par les membres, particulièrement lorsque le groupe perçoit la menace externe comme incontrôlable.

Selon l’analyse des auteurs, la philosophie groupale peut également être un élément clé dans l’acceptation et l’utilisation du terrorisme par des sectes religieuses.  Un groupe qui partage une philosophie de survie, qui critique toute personne qui n’est pas membre du groupe, pourra au terme d’un long processus d’affrontement utiliser la violence afin de se débarrasser de l’ennemie.

La vision manichéenne du monde peut dans certains cas favoriser l’adoption de comportements de plus en plus ethnocentrisme voire racisme et violent envers les non membres.  Lorsque les ennemis du groupe sont défini comme des être inférieurs l’acte de violence peut alors être perçue comme sans conséquence puisque l’autre n’a aucune valeurs.

L’idée millénarisme peut également être un facteur qui influence les groupes à recourir au terrorisme. L’acte d’une extrême violence devient alors le déclenchement de l’apocalypse, l’acte qui déclenche la catastrophe finale. 

Cet article se veut un point de départ pour une réflexion sur les éléments internes aux sectes religieuses qui influencent le recours à la violence.

Définir la secte

Trois études portant sur les représentations sociales de la secte, des religions et des parti ont été publié au cours de cette année.

Elles concluent que dans la société française contemporaine, la définition de secte est synonyme de groupe problématique qui contrevient parfois aux droits et libertés de leurs membres.  Elles observent également la comparaison de la notion de secte et d’église son similaire. Toute deux étant décrites comme des organisations qui se reconnaissent détenteur d’une vérité et dont les membres se réunissent autour d’une figure d’autorité.  La secte contrairement à l’église exige un haut niveau de conformité aux normes groupales.

Rouquette, M.-L. (2003). Éléments pour une théorie minimale des sectes. Psychologie et société. Logique sociale des phénomènes sectaires. Vol 3, 2. 9-22.

Cette recherche traite de la question de la définition attribuée au terme. Pour l’auteur, il est réducteur de définir le terme secte uniquement en spécifiant que ces groupes exploitent leurs membres. La conceptualisation de la secte comme la réunion de citoyens abusés et de leader malveillant laisse sous silence l’aspect dérangeant de la secte. Elle ne précise pas que les sectes sont des groupes perçues comme étranges, des groupes aux croyances décrites comme inquiétante.

Pour l’auteur, la définition du terme secte est parallèle avec la notion de rumeurs.  En fait, les éléments utilisés pour définir ces deux termes ne permettent pas de comprendre et identifier les groupes qui sont des sectes ou qu’est ce qu’une rumeur. Pour l’auteur, le fait de décrire les composantes d’une secte (extravagance des croyances, chef charismatique, dépendance des membres), ne permet pas de comprendre ce qu’est une secte.

Pour l’auteur, définir la notion de secte implique également que compréhension du terme croire. Dans la perspective de l’auteur, l’action de croire doit être comprise le fait de s’assurer avec un groupe d’une intelligence commune du temps, peut être du monde et s’assurer du partage à moment fixe d’émotion. Ainsi, croire ne doit pas être entendu comme l’action d’accepter la vérité formulée par un leader. Sous cet angle, l’auteur décrit la secte comme la réunion d’un petit nombre de membre dans un contexte où le groupe se forme dans une atmosphère de persécution, de réaction sociale.

L’auteur postule que la secte doit être définie sur la base des formes de sociabilités présentent dans le groupe, selon les modes de communication du groupe, ainsi que par les structures de connaissances particulières au groupe. 

Pour l’auteur, les groupes nommées sectes ont en communs trois éléments : La persistance, la présence de missionnaire et commissionnaire et la section.  Voici une brève explication de celles-ci.

La persistance: le problème de la secte s’explique d’abord par le fait que malgré les tentatives du monde extérieur les membres du groupe se détachent difficilement de cette appartenance. Malgré des prophéties non réalisées, les membres maintiennent leur engagement. Pour l’auteur, les membres maintiennent leurs liens avec le groupe parce qu’ils n’ont pas besoins que les croyances soient démontrées pour qu’ils croient en elles. La croyance partagée par les membres du groupe est un vérité acquise, elle n’est pas étayée par la raison mais pas l’émotion. Dans ce contexte, les incohérences n’affectent pas les croyants.

Missionnaire et commissaire chaque organisation sociale crée des rôles aux membres que l’auteur qualifie d’outils de gestions de l’implication des participants.  Dans une secte, il existe deux rôles particuliers, le missionnaire et le commissaire.  Le missionnaire a pour but de donner des références aux membres, celles-ci:

  1. Permettent aux membres de s’identifier au groupe et de distinguer les membres des non membres;
  2. Permettent la valorisation de l’enjeu, de définir ce qui est important de ce qui est accessoire;
  3. Permet de définir les possibilités de l’action des membres.  Le missionnaire a donc pour rôle de proposer une mission aux membres.

Le missionnaire amène ainsi le « future membre »  à reconnaître l’importance de l’attention que lui porte le groupe dans sa vie.  Le missionnaire doit faire en sorte que sont discours soit le reflet de la réalité que perçoit le future membre, il doit se reconnaître dans le discours de l’autre.  Pour l’auteur, cette stratégie est à la base de la démocratie et de l’économie.  La secte utilisent les mêmes stratégies de propagande que d’autres groupes, elle essaie de dire ce que les gens pensent, ressentent.

Ainsi une fois le rôle du missionnaire accomplie et le membre introduit, le rôle du commissionnaire commence: l’encadrement du membre. Le commissionnaire veille donc à assurer l’orthodoxie du groupe.

La section: le terme secte doit inclure dans sa définition la notion de rejet. La secte par sa création essaie de se distinguer du reste du monde. La secte est donc un groupe contestataire.  La secte se coupe pour exister.  Elle a besoin d’une opposition pour lui donner sa consistance relationnelle. Le missionnaire essaie de maintenir cette opposition d’amener la confrontation, afin de donner au commissionnaire la motivation de se sentir concerner de maintenir l’opposition et ainsi d’obéir aux règles afin de conserver l’aspect différent du groupe.

Masse, L., Richardot, S., & Stewart, I. (2003). Comparaison des représentations de trois formes de groupement idéologiques: La secte, la religion et le parti politique. 3, Psychologie et société. Logique sociale des phénomènes sectaires. 2. 58-92.

L'objectif de cet article est de comprendre comment s'organise et s'articule structurellement la représentation sociale de la secte comparativement à deux autres formes de groupements idéologiques: la religion et le parti politique.

Afin de mieux comprendre le concept central de ce texte, les représentations sociales, voici une courte définition utilisée.  Les auteurs utilisent la définition de représentation sociale définit par Moscovici (1961). Une présentation sociale est un ensemble de données qui permettent d’organiser le réel. Une représentation sociale peut être constitué de croyances, d’informations, d’opinion et d’attitude concernant un sujet spécifique.

Pour les chercheurs, il est intéressent d’identifier la représentation sociale de la secte parce que:

  1. La représentation de la secte est en cours de construction, sa définition subit depuis les dernières décennies des transformations constantes.  Les sectes en tant que phénomène social n’est pas nouveau, mais pour l’auteur il est intéressant de d’étudier les acteurs qui influencent la représentation.
  2. Parce que cette notion n’est jamais utilisée par les groupes eux-mêmes pour ce décrire, mais par les groupes anti-secte.

Les chercheurs s’interrogent alors sur les rapports entre secte, religion et parti politique. L’auteur pose dans ce sens trois questions particulières

  1. Face à l’ampleur du phénomène sectaire la secte partage telles davantage de traits avec une religion ou un parti politique ?
  2. Quand dit-on d’une groupe religieux qu’il est une secte ?
  3. Les motifs invoqués pour qualifier un groupe religieux ou un groupe politique de sectaire sont-ils identiques ?

Échantillon

Sujets: 393 étudiants en sciences sociales de 1er et de 2e cycles.

Matériel et procédure

Pour comprendre l’articulation structurelle de secte-religion-parti politique, les chercheurs présentent aux étudiants des caractéristiques qui peuvent décrire chacun de ces groupes.

Après une recherche approfondie dans les écrits scientifiques, des critères descriptifs ont été sélectionnés. Ces critères concernaient le recrutement, le financement, l’organisation et la politique du groupe, les objectifs et les pratiques, la libertés d’expression et d’action, les rapports entre les membres du groupe et les rapports aux autres groupes.

De cette liste, les étudiants devaient sélectionner les caractéristiques qui permettaient de décrire chacun des groupes. Ils devaient de sélectionner, parmi un ensemble de critères, ceux qui leur paraissaient les plus pertinents pour définir une secte versus une religion versus un parti politique (questionnaire de caractérisation avec choix par blocs). Ensuite, les étudiants devaient évaluer chacun des critères selon leurs degrés d'admissibilité morale.

Résultat

L'analyse des résultats montre que la secte s'apparente davantage à la religion qu'au parti politique.

Les sujets décrivent plus la secte comme un groupe qui porte atteinte aux droits et libertés des membres que les religions.

Une religion et un parti politique sont décrits comme sectaire lorsqu'ils ont des aspects totalitaires.

Ils reconnaissent que la mentalité de séparation entre le "nous" et le "eux" est perçu comme négative lorsqu’elle décrit une secte ou une religion, mais positivement lorsqu’elle décrit un parti politique.

Selon les catégories sélectionnées pour chacun des 3 groupes, le profil de la secte se conforme d’avantage au modèle de religion que de parti politique.

Dans la secte et la religion, les dirigeants sont décrit comme possédant les réponses aux es questions existentielle.

Ils reconnaissent que le groupe essaient de faire connaître leur vision du monde et de la transmettre à de nouveaux membres potentiels. Tant la secte que la religion, se mobilisent autour d’une figure centrale. Chacun de ces mouvements ont besoin de l’argent pour survivre.

Trois traits opposent toutefois la secte et la religion: l’exigence de la conformité au groupe est uniquement utilisé pour définir la secte et la proposition de l’accomplissement d’une tâche noble et humaniste est l’apanage des religions.

La secte et le parti politique n’ont en commun que deux trait : la mobilisation autour d’une figure centrale et la mobilisation autour d’une distinction ente le nous et le eux.

La structure de représentation de la secte :

La représentation de la secte se structure autour de la pratique de rassemblement, des chants, des rituels qui renforcent les liens entre les membres. Ensuite les élément qui permettent le plus de définir une secte son l’autoritarisme et la manipulation de l’adepte. La secte apparaît donc comme un groupe clos qui gravis autour d’une figure centrale qui détient la vérité.  La secte est perçue comme négative puis qu’elle est au centre de plusieurs polémiques sociales.

La représentation de la secte est aussi similaire à des groupes dont le fondement philosophique ou religieux est incontestable, elle se distingue toutefois selon les étudiants par le danger qu’elle représente pour l’intégrité physique et psychologique des membres.

La secte est une représentation en cours de définition puisqu’elle apparaît moins bien structurer que la religion ou le parti politique. Les réponses des étudiants varient plus lorsqu’ils décrivent la secte que lorsqu’il décrivent la religion ou le parti politique.

De Piccoli, N., Beggio, V., & Tartaglia, S. (2003). Nouveaux mouvements religieux et groupes politiques: L'abstraction linguistique dans la présentation de l'in-group et du contexte. Psychologie et société. Logique sociale des phénomènes sectaires.3, 2. 93-115.

Dans cet article, l’auteur compare l'auto présentation sur Internet de sectes et de partis politiques.

Partant des travaux sur les représentations sociales de Farr et Moscovici (1984), les auteurs reconnaissent que les idéologies propre à un groupe ainsi que leur représentations sociales constituent des discours qui ont pour fonction cognitive de construire et structurer la reproduction de la réalité. Les représentations sociales permettent de figurer le monde, de communiquer, d’interprétation et d’orienter les comportement des membres d’un même groupe. Elles permettent de fonder un ordre social et de créer un sentiment de cohésion entre les membres.

Le but de cet article est donc d’analyser le discours de groupe politique et de sectes afin de saisir leur démarche de présentation et de propagation de leur système de valeur.  Les chercheurs formulent trois questions de recherche:

  1. Quelle est l’image interne que les groupes veulent présenter lorsqu’ils s’adressent à un large publique;
  2. Quelle est le rôle de la comparaison intergroupe dans les textes d’autoreprésentation?
  3. Quelles sont les différences d’attribution et d’inférence dans le discours des sectes lorsque celui-ci réfère à un acteur extérieur?

Méthodologie

Huit partis politiques (2 de gauche, 2 de centre gauche, 2 de centre-droite, 2 de droite) et huit nouveaux mouvements religieux qui ne font pas l’objet de controverses et dont les documents du groupe sont disponible sur internet composent l’échantillon des chercheurs. 

Le Linguistic Category Model (Semin et Fiedler, 1988, Semin 1995) est utilisé afin d’analyser les données recueillis.

Résultats

Les partis politiques construisent des discours abstraits en utilisant plus d’adjectif ainsi qu’en mettant l’accent sur les caractéristiques disproportionnelles.  Les sectes ont un niveau d’abstraction inférieure avec une plus grande présence de verbe d’état dans leurs textes de présentation.

Lorsqu’ils présentent leurs valeurs les sectes utilisent des catégories linguistiques concrète tandis que les partis politiques utilisent plus des termes abstraits.

Les partis politiques se comparent à leurs adversaires. La description de l’adversaire occupe une place importante dans leurs discours.

La secte se préoccupe peut de définir les autres groupes sectaire dans leur documentation, elles décrivent toutefois les valeurs et la philosophie du groupe sous plusieurs angles.

Il apparaît que les sectes accentuent le caractère concret de leurs principes fondateurs et valorisent leur histoire, tandis que les groupes politiques soulignent surtout la qualité de leurs principes, en comptant sur la présentation de leur histoire pour montrer le caractère concret de leur action.

Bien que plusieurs chercheurs notent l’importance dans les sectes de la distinction entre eux et nous, les textes disponibles sur l’interprète ne le reflètent pas cette perspective.

Les sectes ne décrivent pas dans leurs documents de présentation la séparation entre le groupe et le reste du monde. Les textes ne mettent pas l’accent sur les différences avec l’extérieure.  Pour l’auteur, l’objectif de la secte est de séduire le lecteur, ainsi afin d’éviter de choquer le lecteur, elles s’abstiennent de marquer une coupure radicale avec le monde sociale.

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Resources

Benjamin, Elliot, Ph.D.: "On Conversations with God"
Bussell, Harold: "Checks on Power and Authority in the New Testament"
Hassan, Steven: "The Strategic Interaction Approach"
Kropveld, Michael: "Preventive Education: A North American Perspective"
Langone, Michael, Ph.D.: "Cultic Studies Bibliography 2003"
Pelland, Marie-Andree: "French Publications on Cultic Phenomena and Related Subjects: English Summary"
Pelland, Marie-Andree: "Recension des Ecrits Portant sur le Phénomène Sectaire et Thèmes Connexe au Cours de l’Année 2003"

 

 

 

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AIS: "Grupos de Manipulacion Psicologica en Cataluna"
Almendros, Carmen: "Book of Abstracts - Madrid 2005 Conferenced"
Alonso, Ferran: "Legal Regulations and Police Responsibilities with Regard to Totalitarian Groups"
Benjamin, Elliot, Ph.D.: "On Avatar" - AFF E-Newsletter
Benjamin, Elliot, Ph.D.: "On Conversations with God"
Bussell, Harold: "Checks on Power and Authority in the New Testament"
Dole, Arthur A., Ph.D. "How We Rescued Our Daughter"
Furnari, Leona: "Born or Raised in Closed, High-Demand Groups or Cults: Developmental Issues"
Garden, Mary: "The Potential for Abuse in the Guru-Disciple Relationship"
Griffo, Maureen: "How Could Anyone Join a Cult"
Hassan, Steven: "The Strategic Interaction Approach"
Huber, J.: "I Found Freedom"
Kropveld, Michael: "Preventive Education: A North American Perspective"
Langone, Michael D., Ph.D.: "Academic Disputes and Dialogue Collection: Preface"
Langone, Michael D., Ph.D.: "Letter to a Former Member of a Meditation Group"
Langone, Michael D., Ph.D.: "Psychological Abuse: Theoretical and Measurement Issues"
Langone, Michael D., Ph.D.: "The Comet and Its Tail"
Langone, Michael, Ph.D.: "Cultic Studies Bibliography 2003"
Neufeld, K. Gordon: "The Grammatical Fiction: Totalism, Solipsism, and the Dispensing of Existence in Modern Literature"
Pelland, Marie-Andree: "French Publications on Cultic Phenomena and Related Subjects: English Summary"
Pelland, Marie-Andree: "Recension des Ecrits Portant sur le Phénomène Sectaire et Thèmes Connexe au Cours de l’Année 2003"
Tourish, Dennis, Ph.D.: "Cultic Dimensions of the London 7/21/ Bombings"
Vere, J. Peter: "Sifting the Wheat from the Tares: 20 Signs of Trouble in a New Religious Group"

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